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CHAPITRE m

DE l'ÉLOCUTION.

De VÉlocution en général.

1. Qu'entend-on par élocution?— a. Quelle est rimportance de l'tflocutlon ?—.■;. Quel est le mérite de l'éiocution? —4. Que faut-il faire pour réussir dans celte partie de l'art oratoire ?

1 . L'ÉLOCUTION est la partie de la rhétorique qui contient des préceptes sur la manière d'exprimer les pensées par la parole.

2. L'éiocution, dit Crévier, est à l'éloquence ce que le coloris est à la peinture. L'imagination du peintre invente d'abord les principaux traits du tableau; son jugement met ensuite chaque partie à sa place ; mais le coloris lui est nécessaire pour animer tout l'ouvrage, donner aux objets de l'éclat, et rendre l'expression parfaite. De même , en éloquence , le fond du discours est dans les choses et dans les pensées; l'ordre et la distribution en forment le dessin et le contour; mais l'éiocution achève l'ouvrage de l'invention et de la disposition , et lui communique l'âme et la vie, la grâce et la force.

3. (On voit que) l'éiocution constitue le principal mérite du discours. C'est elle qui donne aux pensées tout leur éclat, aux sentiments toute leur force, aux mouvements toute leur énergie ; c'est par elle que l'orateur charme, c'est

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par elle qu'il séduit, qu'il enlève , qu'il entraîne. Quel est eu effet, s'écrie Cicéron, celui qui commande le respect, l'admiration, Tétonnement, qui provoque les acclamations et l'enthousiasme, et que l'on regarde presque comme un dieu parmi les hommes ' ? C'est celui qui sait parer son discours des grâces de l'éloquence, en lui donnant la clarté, la- richesse, l'harmonie , l'éclat , la magnificence, etc. , qui lui conviennent.

4. (Sans revenir sur ce que nous avons développé longuement dans le volume du Style et de laComposition, p. 5 1 et s. , nous nous contenterons ici de dire que) , pour réussir dans cette partie de l'art oratoire , il faut d'abord bien penser et bien sentir , puis écrire comme Ton pense et comme l'on sent; il ne faut ni prodiguer les images et les figures, ni les placer sans discernement; elles doivent naître du fond du sujet, prendre leur source dans le cœur- même de l'orateur, dans les passions qui l'animent, dans les sentiments dont il est pénétré; il faut surtout bannir ces pensées stériles qui ne disent rien pour l'instruction de l'auditeur , et ne jamais perdi-e de vue cette réflexion de Cicéron:

Quùm omnis ex re atque verbis constet oratio , neque verba sedem habere possunt, si rem substraxeris , neque res lumen , si rerba semo veris {Dr OraL, 1. m, 3).

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