Forces naii>ales : Espagne
Cette distribution fut légèrement modifiée et même développée par la suite, tant à Saint-Pétersbourg qu*à Vienne (Commission permanente) et qu*à Budapest.
On décida en outre que tous les volumes seraient publiés en français, qu'on se servirait du système métrique, que les monnaies seraient converties en francs, que les chiffres remonteraient à Tannée 1853 et descendraient jusqu'à nos jours; que « tout collaborateur veuille bien, sur demande.
Taire les communications nécessaires à ses collègues; » « qu*on se mette tout de suite à l'œuvre, afin de pouvoir offrir au prochain congrès une série de ces publications de statistique internationale et comparée; > que chaque collaboratear publie son volume aux frais de son service; enfin que le format soit identique au bulletin de statistique belge. (Presque personne n*a songé à Timportance du format, aussi la règle n'a-t-elle pas été respectée.)
Aucun volume n'avait été présenté au congrès de Saint- Pétersbourg, mais on avait constaté que plusieurs travaux étaient en train. C'est M. Engel qui ouvrit la discussion en s'exprimant ainsi : « Nous avons adopté un congrès de statistique de La Haye une proposition relative à la publication d'une statistique internationale et comparée de l'Europe et des États-Unis. Pour exécuter la résolution du congrès, on devait grouper les faits d'après les tableaux qu'il avait arrêtés. Mais qu'est-il arrivé? Quelques collaborateurs se sont substitués au congrès. Ils ont fait des formulaires comme ils l'ont jugé bon. A mon avis, on n'arrivera pas ainsi à un travail parfait, comme j avais proposé de le faire (?]. II faut dresser la statistique comparée d'après les publications basées sur les résolutions du congrès. » H y eut une discussion un peu confuse qui, pratiquement, semble avoir abouti à cette décision : chacun fera comme il voudra. Du moins est-ce l'opinion exprimée dans la commission permanente siégeant à Vienne en 1873 (p. 15 de l'édition allemande des procès- verbaux). Ajoutons qu'à Saint-Pétersbourg, on décida d'entreprendre aussi une statistique internationale des grandes villes, et les bureaux municipaux de Berlin et de Budapest furent chargés de ce travail. A Vienne, on ajouta la statislique internationale de l'émi-
gration, qui fut acceptée par Hambourg ; en même temps les chemins de fer passèrent à TÂutriche; les assurances sur la vie aux États-Unis ; les assurances agricoles à la Roumanie; les assurances des transports à Hambourg; la statistique militaire à TAutriche.
Quatre années se passèrent entre le congrès de Sainte Pétersbourg et celui de Budapest; elles ne furent pas perdues, car on put présenter, au congrès de 1876, les volumes suivants :
Statistique de la justice civile et commerciale, par M.Yvernès (France);
Statistique de la viticulture, par M. Kéleti (Hongrie);
Statistique de la population, par MM. Berg et Sidenbladh (Suède) ;
Statistique des caisses d'épargne, par M. Bodio ((talie) ;
Statistique des grandes villes, par M. Korôsi, de Budapest (Hongrie).
Un peu plus tard (1877) parut :
Statistique de Tagriculture, par MM. Deloche et Loua (France).
Nous devons aussi mentionner les programmes suivants : Instruction publique, M. Ficker (Autriche); Finances, M. de Riecke (Wurtemberg) ; Propriété bâtie, M. G. Hayr (Bavière); Navigation maritime, M. Kiaer (Norvège).
Nous nous abstenons de porter un jugement sur ces volumes, que le lecteur peut se procurer'; ce sont des ouvrages faits par des savants distingués, par des hommes spéciaux et de beaucoup de mérite. Il est probablement difficile, chaque volume pris isolément, de Taire mieux, sur-
I Paris, librairie Quillaumiu.
tout avec les éléments dont on disposait : nous aurions cependant voulu voir plus d*unité dans le travail. Ce n*est pas, encore une fois, la faute des auteurs, c'est celle du manque de direction. A Vienne (1873), M. Berg dut insister pour qu'on voulût bien examiner son volume. 11 n*y avait, selon nous, qu*une bonne manière de faire cette statistique internationale : c*étaitde charger un statisticien éprouvé de centraliser le travail. On lui aurait adjoint, au plus, quatre statisticiens distingués, auxquels il aurait soumis son plan [c'était à lui à le faire, en s'aidant des travaux du congrès). Ce plan aurait été discuté entre les cinq, au besoin à la majorité des voix, et ce plan, une fois arrèté,aurait fait loi. Les délégués officiels de chaque pays en auraient reçu copie, peut- être sous forme de cadres imprimés; chaque pays aurait rempli ses cadres, en faisant des relevés spéciaux, s'il Tavait fallu ; chaque pays aurait résumé ses relevés, et ce travail préparatoire aurait pu être achevé dans l'espace de deux ans. Ces résumés auraient été envoyés au rédacteur de la statistique internationale, qui, en une année, avec deux aides, aurait fait une série de « tableaux généraux comparables, » et une introduction ou un texte qui leur aurait servi de lien et au besoin de commentaire. Nous sommes sûrs que Quetelet Tentendait ainsi, et nous nous étonnons que M. Engel, qui aime la centralisation des travaux (voy. le congrès de Berlin et plus loin notre chapitre Recensement), ne l'ait pas compris de sou côté. Nous devinons sa réponse. On n'aurait pas obtenu le concours de tous les bureaux. Cela est vrai, mais la réplique est aisée : ou on n'aurait rien commencé,ou, ce qui aurait mieux valu, on se serait contenté de travailler avec les bureaux disposés à donner leur concours. Les volumes faits diaprés le sys-
tème de décentralisatioD qui a été suivi, ne renrernient pas noo plus tous les pays. Si on voulait en arriver à laisser chacun suivre son propre plan, on n*avait pas besoin de congrès, et encore moins de commission permanente. Nous ne comprenons pas non plus qa'on ait pu dire aux rédacteurs d*une statistique : Contentez-vous de recueillir ce qui est imprimé; nous, au contraire, nous aurions dit : Faites tous vos efforts, remuez ciel et terre pour faire combler les lacunes.
Mais revenons à la commission permanente. Elle a été fondée à Saint-Pétersbourg, et quoique l'institution des congrès semble morte (le dernier président a donné sa démission), nous allons faire connaître sa destination en reproduisant textuellement, sans y rien changer, le vote du congrès de Saint-Pétersbourg. (C. R., t. II, p. 420.)
i"* Il est créé une commission permanente du congrès international de statistique.
2® Cette commission se compose des membres chargés de préparer le plan d'une statistique internationale» Les pays qui ne figurent pas dans la répartition du travail de la statistique internationale ont le droit de nommer leurs délégués à la commission permanente ' .
3** Le président delà commission est, de plein droit, d'un congrès à l'autre, l'organisateur de la dernière session (en d'autres termes, l'organisateur du congrès reste président de la commission).
4» Le président nomme son secrétaire.
* 11 aurait été plus court de dire : Font partie de la commission, tous les délégués oûicieis; mais la seconde partie de Tarticle 2 n*a cto ajoutée qu'après coup, par voie d'amendement; c*était très sage, car plusieurs pays n*ont pas fourni leur contingent.
5* La commission permanente se réunit au moins une fois entre deux sessions générales du congrès. 6* Elle a pour mission :
a. De demander des renseignements sur la mise à exécution des décisions et des vœux du congrès dans les divers pays, et sur les difficultés que présente la réalisation de ces décisions et de ces vœux ; d'examiner si ces difficultés ne motivent pas une révision des décisions adoptées.
b. De poursuivre l'assimilation des publications statistiques dans les différents pays, en tant qu'il est nécessaire pour la formation de la statistique internationale.
e. D^appeler Tattention de la commission organisatrice sur les questions à débattre à la session suivante, et de collaborer au programme de cette session.
d. D'efTectuer des enquêtes internationales pour présenter à la commission organisatrice de la session générale suivante des rapports sur Tétat, dans tous les pays, des branches de statistique auxquelles se rapportent les questions proposées ; toute présentation de rapport à l'assemblée générale du congrès, sur une question quelconque, devra être précédée d*une enquête internationale.
e. D'exécuter les travaux internationaux collectifs dans le genre de celui qui a été entrepris au congrès de La Haye et de résoudre les questions qui se rapportent à l'exécution de ces travaux et d'en arrêter les programmes.
f. De présenter au congrès la rédaction définitive des décisions proposées.
La commission permanente a profité de VExposition universelle de Vienne pour se réunir dans rette capitale en 1873, et elle s'est réunie en 1874 à Stockholm. Enfin, le congrès de Budapest, en 1876, a été précédé d'une séance
de la commission et une réunion a été tenue à Paris en 1878. Une autre, qui devait avoir lieu à Rome, a avorté, parce que certains gouvernements n'ont pas voulu y prendre part. Si la commission permanente avait réellement exécuté son programme, nous n'aurions eu aucune objection contre rétablissement de ce rouage; mais elle n*a pas revisé les décisions de l'assemblée générale du congrès. A quoi bon les reviser? Se serait-on tenu pour lié par les résolutions de la commisison permanente? Aucunement, puisqu'on ne se réunit pas pour négocier, mais pour discuter. Le plaisant est que, dans ces discussions, on était d'une rigidité méticuleuse pour les questions de pure forme, comme si ravenir de la science dépendait de telle ou telle observance parlementaire. La commission permanente a provoqué la rédaction d'une série de mémoires, souvent remarquables, insérés dans un gros volume publié à Saint-Pétersbourg, en 1876, par les soins de M. de Sémenoff, le président du comité central de statistique ; et eu égard à cette bonne œuvre, il sera beaucoup pardonné à la commission permanente. Nous en regrettons néanmoins la création. Il ne remédia pas au mal, puisqu'il ne contribua pas à faire adopter les décisions du congrès : d'une part, parce qu'il ne les a pas pu reviser ; et de l'autre, parce que, les eûtelles révisées, que les décisions n'en auraient pas trouvé plus d'application. On ne veut pas se lier, disons-le, on ne peut pas se lier, parce que les services publics pour lesquels on stipule, ne sont pas toujours représentés dans les délibérations. La commission est simplement un congrès réduit en nombre et en prestige, c'est l'extrait du congrès; mais on l'aurait préféré au congrès général, parce qu'il.... coûte moins; mais depuis qu'il n'y a plus de congrès général, on
a fini par trouver que la commission permanente n*a plus de raison d'être.
Les frais ont peut-être été Técueil qui a fait chavirer cette grande et utile institution statistique. Depuis une série de congrès, le luxe des réceptions est allé en augmentant : la magnificence de la Russie n*a pas pu être dépassée. La Hongrie a fait de grands efforts pour l'égaler : la réception a élé splendide mais n*a pas pu éclipser celle de 1872; les autres pays n'osaient plus se mettre sur les rangs, le superlatif a été tenté, que reste-t-il à faire? Il reste, et nous l'avons déjà proposé, à revenir à la simplicité scientifique. Aussi voudrions-nous voir la Suisse recommencer une nouvelle série. Le congrès se retremperait dans le sein de cette démocratie, et les pays relativement petits : la Bavière, — le Danemark ou le Portugal, — pour nommer des points extrêmes, pourraient recevoir à leur tour le congrès de statistique ^
C'étaitune des conditions de succès. lien est une seconde : c'est qu'on ne forme que trois ou quatre sections, et que l'on n'offre à chacune qu'une seule et unique question à discuter pendant deux ou trois jours de suite. Et pour cette question, il serait indispensable de préparer une notice mettant en présence la manière d'opérer de chacun des États invités à participer à la discussion. Ces différents modes seraient étudiés comparativement, et l'on emprunterait à chacun ce qu'il a de bon, et, selon le conseil de l'Évangile, on examinera tout, et Von gardera, de chacun, u qu'il y a de meilkur. L'avenir est à l'éclectisme.
* La Suisse était disposée à oavrir un congrès privé; mais après les congrès officiels, il n'y avait plus qu*à tirer Téchelle.