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X. Procès, 5 groupes : 571 procès par 100,000 habitants

XI. Aisance, mesurée par l'impôt direct moyen par département, 5 groupes : départements dans lesquels l.i

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moyenne est de plas de 100 francs; de 69 à 100 ; de 35 à 69; de 18 à 35; de moins de 18.

Xll. Professions, 5 groupes : plus de 70 cultivateurs, de 60 à 70; 50 à 60; 40 à 50 ; motos de 40 sur 100 habitants.

On voit que nous avons recherché avec soin le groupement naturel, puisque les sommes rondes forment l'exception. Aussi ne comprenons-nous nullement la critique faite par M. Ficker, page 53 des annexes au Programme de Saint- Pétersbourg : Indem die Gruppen-Bildung von Bloch gdnzlich beiSeitegesetztist. (H. Biock a complètement omis la formation dégroupes.) La preuve fournie est singulière, la voici : on a publié, à Vienne, une carte de la densité de la population française par département, et, ayant formé 12 groupes, ces 12 groupes différaient des 5 groupes de H. Block. On admettra d'emblée que 12 n'est pas 5, mais il n'y a pas de nombre sacramentel pour les groupes; nous demandons seulement : 1^ si l'on peut produire 12 nuances de la même couleur, et 2^ si Tœil peut embrasser d'un seul coup et facilement distinguer 12 nuances. Mais voyons un peu si M. Ficker lui-même n'a pas fait du groupement artificiel. Carte III, ethnographie, nous lisons : Nombre des Allemands: plusdelp.lOO, — plusdeSp.lOO, — delOp.lOO,— de 20 p. 100, — de 50 p. 100, — de 80 p* 100, — de 90 p. 100, — de 99 p. 100. Ces chiffres paraissent passablement ronds. On trouve à peu près les mêmes divisions aux cartes IV et toutes les suivantes, sauf une, celle des Israélites, qui est divisée en trois groupes (pourquoi pas en 10 ou 12), lesquels groupes sont : plus de 2 p. 100, -^ plus de 9 p. 100, — plus de 10 p. 100. Ces chiffres peuvent, ce nous semble, également passer pour ronds. Le lecteur appréciera la valeur du reproche que nous a fait M. Ficker; nous ue reti-

droDS pas reproche pour reproche, car, au fond, si nous avons relevé cette curieuse critique, ce n'était pas tant pour y répondre que pour varier un peu la forme de notre exposé. Le lecteur sait maintenant comment il faut grouper les divisions administratives.

Ces mots forment une transition naturelle pour arrivera la méthode proposée par M. G. Mayr sous le nom de gèographique. Voici en quoi elle consiste :

M. Mayr est d'avis que les divisions administratives sont des coupures plus ou moins arbitraires, qu*elles peuvent être commodes pour les affaires ordinaires de Tadministration, mais qu'ellesneséparentpaslespopulationspar groupes naturels. On va voir que M. Mayr a plus que M. Ficker le droit de parler de groupes naturels. Une province ou un département se compose quelquefois de parties hétérogènes, quelques-unes de ces parties trouvent leur complément similaire dans un territoire appartenant à la province voisine. M. Mayr voudrait donc que pour la cartographie on ftt abstraction des grandes divisions administratives, qu*on décom* posât le pays en petits territoires, par exemple en cantons ; qu*onétudiàtchaquecanton comme uneunité,etqu'on réunit ensuite ces petits territoires en groupes homogènes géogra^ phiques (juxtaposés], sans égard à la division administrative du pays. Par exemple, ici, on formerait un groupe des cantons où la moyenne des naissances est de m; à côté seraient les cantons où la moyenne est n; pour avoir m ou n, on n'aurait eu à prendre la moyenne que sur de légères différences, tandis qu'en prenant la moyenne par département Tampli^ tude des écarts est souvent bien grande. La « méthode géographique » de M. Mayr a été recommandée avec raison à Saint-Pétersbourg : l'auteur a su en tirer un excellent parti,

elle est indispensable pour certaines études scientifiques, mais elle ne supprime pas l'utilité des cartes par divisious administratives. Cesdivisionsexistent; ellesconstituentdes unités politiques, civiles, etc., et il est bien souvent nécessaire de posséder une image, un aperçu d'ensemble dans lequel toutes les conditions, toutes les circonstances, tous les faits locaux se trouvent fondus et confondus.

B. Nous n'avons parlé jusqu'à présent que de la cartographie par excellence, celle qui ne représente en général qu'une seule donnée parcarte au moyen des diverses nuances d'une même couleur (rarement de deux). Hais nous connaissons aussi des cartes où les divers groupes — les degrés d'intensité — étaient représentés non par les nuances (claires, foncées) de la même couleur, mais par des couleurs entièrement différentes, par exemple les départements ayant 2 naissances par mariage étaient teints en bleu, ceux à 2 ^ N en jaune, ceux à 3 N en rouge, etc. Nous considérons ce procédé comme irrationnel, il ne mérite pas qu'on s'y arrête. Il ne s'agit que de degrés , et ces degrés doivent être figurés par des nuances d'une même couleur. La diversité des couleurs n'est applicable qu'aux cartes destinées à rapprocher des choses différentes. Ces cartes peuvent rendre des services, mais il y a un écueil à éviter avec soin , celui de les surcharger de détails. Si l'on multiplie les détails, on n'a plus une carte graphique, c'est-à-dire une image dont on saisit tous les traits d'un coup d'œil , mais une carte géographique qu'il faut étudier comme un livre, pour ainsi dire, page par page. Nous ne pouvons indiquer à priori le nombre de renseignements qu'on peut mettre sur une carte sans nuire à la clarté, chacun le sentira par soi-même; nous ne pouvons donner qu'une règle : si la légende est longue, si

VOUS êtes obligé de la consulter à chaque instant pour savoir ce que signifient le rouge, le bleu, le jaune, la ligne droite, la ligne brisée, les signes conventionnels, dites hardiment. Ce n'est pas là une carte graphique^ mai une combinaison hybride de plusieurs systèmes, un travail qui n'atteint pas son but.

G. Nous devons mentionner séparément encore deux ou trois cas. D*abord les cartes à 2 ou 3 couleurs consacrées à un seul objet : l'une des couleurs indique les pays ou provinces qui dépassent, l'autre celles qui restent au-dessus de la moyenne; s*il y a une troisième couleur, elle indique les contrées auxquelles s'applique la moyenne. Les deux couleurs extrêmes sont quelquefois divisées en plusieurs nuances. Nous n'aimons pas ces cartes bi ou tricolores qui ne sont pas dans l'esprit de la méthode ; on peut les admettre dans les cas où Ton veut montrer une forte opposition entre le maximum et le minimum, mais c'est un moyen un peu grossier, qui fait oublier que le haut et le bas de la même échelle ne sont pas deux objets distincts.

Les bandes , système Minard et Belpaire , indiquent très bien par leur largeur l'importance du trafic d'un chemin de fer, d'un cours d'eau; on pourrait aussi s'en servir pour distinguer certaines marchandises importantes, l'importation et l'exportation, etc. Il nous semble qu'on n'a pas encore tiré de ces bandes tout le parti possible.

Nous attribuons moins d'importance à la grandeur des ronds qui représentent les villes plus ou moins populeuses, industrieuses, etc.

Quant au diagramme à trois dimensions, dont nous avons vu plusieurs essais, notamment ceux de H. Berg, à Stockholm et de M. Perozza, à Rome (ce dernier a même très bien

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exécuté le sien en plâtre), se sont d'ingénieux tours de force, que nous, les amateurs et connaisseurs, devons admirer et combler d'éloges... , mais non imiter, si nous sommes des gens pratiques. Les tableaux sont plus simples, plus clairs et plus sûrs. Ajoutons que certains auteurs qui sont plus mathématiciens que statisticiens , ont pris goût aux diagrammes à trois dimensions, mais nous ne croyons pas que leurs efforts obtiennent dans la statistique autre chose qu'un succès d'estime.

§ 3. — l'utilité RESTREINTE DES PROCÉDÉS GRAPHIQUES.

Nous pensons que c*est un peu flatter les représentations graphiques que de les élever au rang d'une méthode ; il serait plus juste de n'en faire qu'un procédé auxiliaire, dont l'utilité est incontestable dans certaines limites. On s'est un peu engoué , ce nous semble, dans ces derniers temps, des diagrammes et des cartogrammes, dont nous sommes loin de médire, puisque nous en avons joint à plusieurs de nos ouvrages; mais nous neles avons jamais considérés que comme des illu8traiio7is. Ce sont des images qui permettent de mieux comprendre la description, d'en avoir une idée plus nette, une impression plus vive, mais qui ne la remplacent pas complètement. Malgré tout ce qu'on a pu faire de vraiment remarquable, les représentations graphiques n'atteignent peut-être jamais la précision des tableaux de chiffres '.

Aussi les auteurs leur ont été longtemps défavorables. On a

* Quelquefois des ordonnées avancent par miUiers; en pareil cas, on peut indiquer les chiffres ronds, 2,000, 5,000, 10,000, etc., mais non, par exemple, 9,853. Les subdivisions entre les milliers ne peuvent être qu'évaluées grosso modo.

VU plus haut, p. 402, Topinion de Peuchet. Vers 1840, M. Dufau écrit (p. 151 de son Traité] : « Enfin, on doit s*abstenir désormais de faire emploi des procédés graphiques, qui ont pu être utiles dans le principe pour rendre plus accessibles à tous certaines notions , et propager le goût de Tétude de la statistique, mais qui ne sauraient plus se concilier avec les méthodes rigoureuses par lesquelles , en relevant au rang de science positive, on peut espérer d*ârriver un jour à des vérités si fécondes pour la civilisation tout entière. » (Voy. aussi p. 141 du même volume.) M. Knies (DU Statistik, etc., 1850, p. 114) est d*avis qu*en dehors de son emploi comme « moyen pédagogique, » la méthode graphique n*est que bedeutungslose Spielereien (des jeux sans importance). M. Jonak, dans sa théorie (1856) , p. 196, s'exprime à peu près de la même manière. Nous pourrions encore multiplier les citations, mais nous n'eu voyons pas la nécessité; car, au fond, les congrès qui recommandent la méthode graphique, ne se font pas illusion sur leur utilité restreinte, comme nous pourrions le montrer, si Tespace nous permettait d'entrer dans de nombreux détails (voy. surtout Vienne, la Haye, Saint-Pétersbourg, et, à Budapest, les trois rapports sur l'exposition graphique)^; ces détails n'auraientdu reste qu'un médiocre intérêt. Partout le diagramme et le cartogramme ne sont considérés que comme des accessoires, et tout au plus comme des auxiliaires, mais jamais comme la chose principale.

* Même M. Gheysson, qui a beaucoup cultivé le diagramme dans son rapport à la commission permaoente do statistique, 8*dzprimc ainsi : a Dans tous les cas, une règle générale qui domine de haut cette matière, c'est qu'il faut tout sacrifier à la clarté. Vouloir trop charger un diagramme, c'est lo rendre compliqué ou obscur; cest perdre tout le fruit de la méthode graphique, n — C'est tout à fait notre manière de voir.

Par cette raison, il ne saurait être beaucoup question de rendre Iqs diagrammes comparables. Certains principes généraux s'imposent à tous, mais les détails d'exécution dépendent : i"" du format de la publication; i^ de la nature des renseignements présentés ; 3^ du nombre de renseignements qu'on veut présenter à la fois; 4® du goût du rédacteur. Et pourquoi défendrions-nous au goût du rédacteur de s'exercer? Parce qu'un auteur estimé aura employé des carrés ou des triangles, tout le monde sera-t-il condamnéà suivre le même procédé ?

Pour le cartogramme , nous demandons la plus grande simplicité, et peu ou point de signes conventionnels. La cartographie étant destinée à illustrer la statistique, il faut que ses produits soient intelligibles presque sans explication. Les signes conventionnels ne sont applicables qu'aux cartes géographiques, parce que celles-ci on doit les remplir, peutêtre surcharger, — de renseignements, il faut être aussi complet que possible; car, encore une fois, on les étudie, elles font partie de l'enseignement habituel des écoles, et dans ces cas, les cartes ne sont pas un simple accessoire, mais un instrument indispensable de la géographie.

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