MOUVEMENT DE LA POPULATION
Au fond, toutes les parties du mouvement de la population : naissances et décès, mariages et naissances, décès et mariages, se tiennent; mais, pour la clarté de Texposition, il est nécessaire de grouper les matières selon leur analogie. Toutefois, il sera parfois nécessaire d'emprunter, par anticipation, des données à un groupe qui n*a pas encore été présenté au lecteur, et, après avoir quelque peu hésité, nous commençons par les mariages.
A. ~ Les martages.
Le mariage est la première condition de la reproduction de Tespèce, et même de l'accroissement de la population. La fréquence des mariages, dans les pays où la loi ne leur oppose aucune restriction , est en même temps l'un des iiulires de la prospérité d'une nation, car on en voit dimi-
STATISTIQUR DK LA POPULATION. 439
nucr le nombre à des époques de calamité, cherté, guerre ou autres, et il augmente avec une nouvelle vigueur lorsque la crise est passée. La manière habituelle de mesurer la fréquence des mariages, c*est de les comparer au chiffre de la population. Nous allons donc, comme le nombre absolu n'a ici aucun intérêt, nous borner à reproduire le tableau qui suit, emprunté presque en entier à M. BodioS après avoir vérifié, — pour acquit de conscience, — quelques colonnes :
Nombre de mariagei par £,000 habitant i. Aogletwn Empire
France.
Italie.
el Galles.
ÉCOSM.
Irlande.
alIfRiand.
ProMe.
BaTière
ift65
iO.3
ni
Hoy.ann. 7.7 7.8 8.1 7.1 4.8 8.4 8.6 8.4
* Directeur général de la statistique italienne. Le volume auquel nous emprunions ce tableau (sauf une colonne) est intitulé : Populagione : movimenlo dello ttato civile, anno 1865-83 (Roma, 1884). Nous ferons encore quelques autres emprunts à cet excellent travail. Nous ajouterons que les personnes qui ne sont pas en situation de se procurer les publications des bureaux de statistique trouveront, dans le volume précité, puis dans le volume de la Statistique internationale publié par le bureau de statistique de Suède, une ample moisson à faire.
440 LIVRE IV. — PARTIE APPLIQUÉE OU DÉMOGRAPHIE. Nombre de mariages par iflOO habUanlt (saite).
ADiriehe
P«yi.
IteBP.
AoqAu.
eisleil.
Uoogrie.
Suisse.
Bolgiqoe.
fiai.
Suède.
NofTérr.
mark.
iO.3
Moy. ann. 8.5 10.3 7.4 7.2 8.0 6.5 6.9 7.8
Nous venons de voir que, sur 1,000 habitants, il y a en Europe, selon les pays, moins de 5 et plus de 10 mariages, et que, dans la même contrée, leur nombre tantôt s*accroit, tantôt diminue. Étant donnée cette loi naturelle qui pousse rbomme et la femme à se marier, la diminution du nombre des mariages ou leur augmentation doivent être attribuées à des causes extérieures, favorables ou défavorables. Ainsi, la guerre, la cberté, des crises industrielles, réduisent, tandis que l'abondance, la prospérité, multiplient les unions. Voyez, par exemple, Tannée 1866 : l'effet de la guerre est sensible en Italie, en Autriche-Hongrie et en Prusse; puis 1870, pour la France et la Prusse. 11 en est de même de la cherté et des crises; aussi construit-on souvent des tableaux présentaDt le nombre des mariages en regard du prix du blé et du cours de la rente. Le statisticien sagace et Téconomiste trouveront encore d*autres combinaisons, mais il serait
difficile de constater les influences d'ordre moral provenant des opinions^ des croyances, et de sentiments divers. Qui peut peser les impodérables?
Le tableau que nous venons de donner compare les mariages à Tensemble de la population; à Texemple de Moheau M. Bertillon a pensé que, le nombre proportionnel des adultes n'étant pas le même dans tous les pays , il convenait de se comparer les mariages qu*auK habitants âgés de plus de quinze ans , c'est-à-dire à la population de Tâge où le mariage est possible. Nous empruntons quelques colonnes à son tableau.
Fraoco
Périodaa obianréaa.
Conplaa aatalants par 1,000 babUanii
Nombra daa
marlagas
par