‹ Traité théorique et pratique de statistiqueChapitre 63 sur 84 · ladlvldaa da ploa da i, IBaof · texte numérisé non relu

ladlvldaa da ploa da i, IBaof

Nombra dai pana

Agéaa da plni da 1

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Hommaa. Faataaa.

lanaa • anf,

iqU, an ;

iMiaa.

népartomentdeUSeine.

Angleterre et Galles

Bariëre

DaDomark

Italie

Belgiqae

Pays-Bas

Prusse

Norrége

Saxe royale

Suéde

Autriche

Hongrie

Le lecteur comparera les moyennes des deux tableaux précédents ; nous continuerons à lui offrir de nouvelles données. Il importe, en effet, de distinguer les mariés selon leur état civil. Voici les chiffres pour quelques pays :

442 LIVRE IV. — PARTIE APPLIQUÉE OU DÉÎlOGRAPHIK.

Npmbre, >ar 100 n«rlic««, dei anlott nlr«

Éiiti. Périodes.

France 1856-65

IUlie 1865-75

Angleterre et Galles . . . 1865-74

PraMel 1867-75

Bavière 1865-75

ADtriche 1865-75

Pari-Bass..*. 1865-75

Soède 1865-75

Belgique 1851-60

Espagne 1858-6S

Soisie 1856-60

Gtrfions

Garfon*

Veufi

Veaft

et fliirs.

et TcuTes.

«t Bllts.

Ot Teaves.

Quand on étudie les tableaux qui précèdent, on est obligé de convenir qu'on ne se marie pas moins en France qu'ailleurs; ceux qui prétendent le contraire sont complètement dans l'erreur, et, en réalité, la proportion des mariés n*est nulle part aussi grande qu'en France. On rencontre sans doute de nombreux célibataires, mais ils peuvent avoir d'excellentes raisons pour ne pas se marier. (Voy . notre Statistique de la France^ t. I, p. 32, en note.) Du reste, en fûtil autrement, que le législateur n'y pourrait rien ; la nature a des stimulants bien autrement efficaces que lui, et là où ces stimulants n'agissent pas, l'expérience de tous les siècles l'a démontré, le législateur sera impuissant à multiplier les mariages. La seule chose à faire, — et cela dépend plutôt des mœurs que des lois, — c'est de donner aux enfants une meilleure éducation', afin que la proportion des ménages heureux soit plus grande. Du reste, on verra ailleurs que ce

* A ajouter, pour compléter la centaine, 0.87 pour les divorcés qui se remarient.

^ Id., pour la même raison, 0.33.

3 Nous ne parlons pas <le Tinstruction, mais de l'éducation. Nous iisi.stons sur la difTérence.

qui importe leptus, ce n'est pas le nombre des unions, mais le nombre des enfants par ménage'.

Pour expliquer les causes des inégalités qu'on constatera sur ce tableau, il faudrait entrer dans plus de détails que rimportance des résultats à obtenir ne saurait le comporter. Nous ferons seulement remarquer qu'il ne s'agit pas ici de nombres comparés avec l'ensemble de la population : 84i97 (Suède) n'est donc pas ici nécessairement supérieur à 78.96 (Prusse; ou 75.65 (Autriche); le nombre proportionnel des célibataires se mariant est grand en Suède , parce que les mariages sont tardifs , et par conséquent les deuxièmes noces plus rares. On voit qu'il devient important d'établir l'âge des mariés. Il y a différentes manières d'indiquer cet âge. L'une consiste à prendre la moyenne de l'ensemble des unions et de dire : en France, les hommes se marient à 30.1 ans, les femmes à 25.8; en Angleterre, à 37.5 et 25.S^ ans; en Belgique et dans les Pays-Bas, à 31.4 et 38.4; en Danemark, à 31.2 et 27.9; en Italie, à 30.6 et 25.5; en Suède, à 38 anset28.2ans.Maisplus une moyenne embrassede choses différentes, moins elle est instructive. Il faut donc grouper les mariages par classes d'âges en donnant soit séparément l'âge de chaque sexe, soit la combinaison de l'âge d'un époux avec celui de l'autre. Voici un tableau indiquant séparément l'âge de l'homme et l'âge de la femme sur 100 mariés ou mariées de tout âge :

* D'après Siissmilch, Gœttliche Ordoun^ (Berlin, 1765, 1, p. 206), la France avait la réputatiou de la fécondité dans le mariage. L'auteur citeTite Live qui, parlant des Oaulois, dit : quod Oallia fit fertUis^ frugum hominumque.

Affe au moment du mariage. (Le chiffre iDdiqoe la proporUoD sor 400 an jour da mariage.)

An-deuoQS SO 90 40 M Au-ém.

Période da à à à à d«

obterré*. Mtot. SO. 40. M. 00. 00 us.

.«„, ,. S Hommes, Î.M 60.3i SK.78 6.53 Î.94 i.S France 1874-75 j

lUIie..: 487Î-75 \

Protse 4874.75 |

Femmes. 49.01 59.54 44. 7S 4.01 4.80

Hommes. 4.00 62.63 25.89 6.74 9.59 4.48

Femmes. 46.86 66.40 4S.54 3.28 0.96 0.26

Hommes. 4.49 65.73 23.35 6.47 2.55 0.74

Femmes. 44.98 67.68 45.34 4.05 0 86 0.43

5 Hommes. 0.44 54.32 32.59 44.64 4.37

^*'**'* *®^^*^'' î Femmes. 4^ 63^07 22.96 8.99 0.31

( Hommes. 60.57 24.58 8.77 4.25 4.63

Aulriehedsl... 4870-75 jp^^^^^ 47.42 56.80 48.26 6.08 "^uT^

( Hommes. 2.20i 55.53 28.73 8.88 3.57 4.09

^^y^^^ *^^**'^ f Femmes. 9.55* 60.46 24.76 6.20 4.74 0.29

Soisoe 4873-75 |

Hommes. 2.27 55.36 27.68 9.45 3.78 1.46

Femmes. 44.27 60.77 20.04 6.35 4J7 0.23

r HoDimes. 0.06 56.82 30.54 8.43 ~4.45

^"**** *®^*"^' I Femmes. 4.79 63.96 23.67 6.42 4.46

( Hommes. 3.64 73.04 44.42 5.42 2.62 4.19

^«'•*«'" *^^*-^* < Femmes. 45.45 67.52 44.44 4.42 1.47 0.33

On a pu voir que la division par âges n'est pas la même dans les différents pays; il est fort regrettable que les congrès de statistique n'aient pas réglé ce point, si facile à régler. C'est une des questions sur lesquelles les chefs de statistique auraient pu prononcer souverainement, car il ne s'agit pas du mariage, mais de la combinaison des colonnes dans les tableaux.

Si maintenant nous comparons l'âge d*un époux à celui de Tautre, nous trouvons que dans les mariages où Tépoui a moins de 30 ans, il est généralement plus jeune que sa femme; entre 20 et 25, il est tantôt plus jeune, tanlôt plus âgé ; — en France, il ne dépasse Tâge de sa femme que d'une fraction d'année; à partir de 25 ans, la supériorité de Tâge

* Au-dessous de 21 ans. — On trouvera dans les ouvrages cités page 439 (en note) de nombreux tableaux sur cette matière.

est du côté de l'époux, et cette supériorité va croissant : si elle est de 3 à 5 ans (selon les pays), en moyenne de 30 à 35 ans, elle est de 7 à 9 ans entre 40 et 50 ans, et de 11 à 15 ans au delà de Tâge de 50 ans. D'un autre côté, Tàge diffère selon Tétat civil. Ainsi, en France, d'après les calculs de H. Bertillon, en moyenne, un célibataire épouse des filles de 28.6 ans et des veuves de 34.6; un veuf des filles de 40.4 ans ou des veuves de 47.5 ; les filles épousent des céli* bataires de 24.3 ans et des veufs de 30.9; des veuves se marient avec des célibataires de 34.5 ou des veufs de 41.5 ans. M. Bodio a fait pour Tltalie le rapprochement qui suit, s'appliquant à la période de sept ans, 1865-71.

Agt no7ra de ■■ — — .^i-^^ Différence

l'épooi. Ilèpoaee. de t'tge de i'époni

llirfecee entre AsDéee. Mois. ADotee. mêle. Anntee. bois.

Garçons ek filles 28 3 93 iO en + 4 5

Garçons et Teares 33 i 34 6 .15

VeafsetfiUes 40 i 28 7 + U 6

VenftetTeoTes 48 2 40 11 4. 7 3

Moyenne générale. 30 7 25 5 5 2

Ces chifiTres varient naturellement un peu selon les années ou les périodes; ils n'indiquent d'ailleurs qu'un résumé, les tableaux principaux devant, en effet, comparer les divers âges des époux aux divers âges des épouses. Nous passons maintenant à un autre ordre d'idées, mais qui n'est pas cependant sans rapport avec le précédent.

Nous voulons parler de la fécondité des mariages; il est, en effet, évident que la fécondité est en rapport avec l'âge. Il y a plusieurs manières de mesurer la fécondité; la plus usuelle est de comparer, pour une série d'années, le nombre des mariages au nombre des naissances. Lorsque le chiffre des mariages est stationnaire et qu on tient compte

des secondes noces , la moyenne des enfants par mariage donne une assez bonne moyenne. Mais en fait, le nombre des mariages s'accroît; néanmoins, on prend volontiers le nombre moyen d'enfants légitimes par mariage, parce qu'il est commode, on Ta sous la main, et il est suffisamment approximatif. La Statistique de la France^ publiée en 1872 [p. xx], range les différents pays dans l'ordre suivant, quant à la fécondité ainsi calculée :

yombre moyen d'enfants par mariage.

Irlande

Italie

Grèce

Rassie

Espagne 4.5S

Hongrie 4.31

Saède 4.30

Nonrége 4.89

PayB-Ba* 4.U

Pmsse 4.11

Angleterre 3.95

Warlemberg... 4.51 * Belgique 3.93

Antriehe 3 9i

Saxe 3.85

Danemark 3.73

Barière 3.29

France 3.07

Le document officiel ne nous dit pas à quelles années ces chiffres se rapportent, ce qui n'est pas sans importance, car les moyennes diffèrent d'une période à l'autre'. M. Berlillon, en calculant les chiffres de la période 1861-65, a trouvé l'ordre que voici :

RaBsie 4.68

Espagne....... 4.51

Italie 4.35

Norvège 4.29

Saède 4.33

Worlemberg... 4.35

Prusse 4.14

Ecosse 4.12

Pays-Bas 4.08

Autriche 4.01

Belgique 3.96

Angleterre 3.91

Saxe 3.85

Danemark 3.75

Bavière 3.41

France 3.08

Les modifications qui se présentent dans le même pays, d'une période à une autre, sont même assez importantesi comme le montre, pour la France, le tableau qui suit s

* Les chiffires admettent tant de combinaisons qa*il est dilUcile d comparer deux tableaux quand on ne connaît pas exactement les éléméats sur lesquels les auteurs ont traTaillé*

Nombre des naittances par maviaçe.

1800 15 3.93 mi.46 3. Si 1861-65 3.08

On a essayé d'une autre manière d*établir la fécondité. La SlaiisHque officielle, en comparant le nombre des enfants légitimes aux femmes mariées de 15 à 45 ans (constaté par le dénombrement], trouva qu'il y avait eu, dans la période 1851-1856, annuellement, 20.75 enfants par 100 femmes mariées, et, dans la période 1861-1866, 20.66, soit 1 sur 5 femmes. Moheau, dans les Recherches sur la population (Paris, 1778), p. 129, avait déjà indiquée peu près le même chiffre. M. Bertillon présente un tableau analogue, dont voici les résultats principaux : France, 20.67 enfants par 100 femmes âgées de 15 à 45 ans; ville de Paris, 14.56, Angleterre, 30.2; Pays-Bas, 34.2; Danemark, 32.15. Si Ton s'arrête à Tâge de 40 ans , la moyenne est comme suit : France, 26.1; Paris, 17.75; Angleterre, 39.4; Danemark, 41.4; Prusse, 42.25 ; Belgique, 44.2; Pays-Bas, 44.2.

Ce serait là une durée du mariage de 25 ans ; mais, selon H. "Wappaeus, la durée moyenne du mariage est, en France, de 26.4 ans; en Suède, de 25.0; Norvège, 24.0; Belgique, 23.9; Danemark, 23.3; Bavière, 23.2; Saxe, 22.8. M.^appaeus a pris le nombre des femmes mariées constaté par les dénombrements, divisé par la moyenne annuelle des mariages, en rectifiant le quotient par le coefficient de la vie moyenne.

Il est regrettable que les statistiques n*aient encore fait aucun effort sérieux pour établir le nombre proportionnel des femmes stériles ; car enfin, plus leur nombre est grand,

plus la moyenne des naissances par mariage s'élève. Nous avons pu réunir quelques chiffres très incomplets, et, silon peut ajouter foi à leur dire, le nombre des femmes stériles serait de 1 sur 5, et la proportion n'aurait pas augmenté depuis le siècle dernier.

Donnons maintenant un autre renseignement dont on comprendra Tintérèt : c'est le nombre des mariages par mois. Le tableau suivant est calculé à raison de 12,000 mariages, soit 1,000 par mois; on voit d'un coup d*œil quel mois reste au-dessous de 1,000 et quel mois dépasse cette moyenne.

Afariageê, par moU, en France.

Janvier 1,278 JnilleL 9(i

FëTrier «>41 Août 7îi

Mart 516 Septembre 895

ATiil 1,095 Octobre 1,008

Mai 968 NoTembre i,J/5

Jain 1,161 Déeembro 559

On le voit, le plus grand nombre des mariages se font en février et en novembre ; il en est de même en Autricbe et en Italie. En Belgique et dans les Pays-Bas, les mois préférés sont mai et, en deuxième ligne, avril; en Suède, c'est décembre et puis novembre; en Norvège, juin et novembre; en Prusse', septembre et novembre. Les mois le moins favorisés sont : en France, en Belgique, en Italie, dans les Pays-Bas, mars et décembre; au lieu de décembre, c'est le mois d*août en Italie; en Autriche, les mois les plus faibles sont août et décembre; en Suède, janvier et août; en Norvège, février et août.

* Le Jahrhuch de Prusse, 4« année, F, p. 90, colonne des Ehachliess\Angen, doit renfermer quelque transposition de chiffres.

11 nous reste, pour terminer cette partie du chapitre, à toucher quelques raots des mariages consanguins. Nous ne citerons aucun chiffre, puisque l'espace ne nous permet pas d'entrer dans des détails : nous nous bornons à résumer le résultat de nos études sur ce point. Personne n'a encore pu prouver les mauvais effets de la consanguinité. Les quelques chiffres qu*on a cités ont été généralement réunis par des hommes prévenus, comme le docteur Boudin, et ils se rapportaient à un nombre d'observations si petit qu'ils ne pouvaient rien prou ver. Tout le système repose sur cette croyance mystique : que les cousins mariés ensemble ne transmettent à leurs enfants que leurs défauts et non leurs qualités '. Dans les expériences faites sur les animaux, ce sont précisément les unions consanguines qui fournissent les plus beaux produits; les éleveurs anglais ont même une expression spéciale pour ce genre de sélection : in and in. Nous ne savons dans quelle mesure ces expériences prouvent pour les hommes, mais il en est d'autres que M. Bertillon cite {Diction, encyc. des se. méd.j V" Mariage) et desquelles il résulte qu'il n'y a aucune raison pour dédaigner leur enseignement. (Voy. aussi dans /. ofthe stat. Society de Londres, t. XXXVIII, 1875, un article de M. George Darwin, et surtout l'ouvrage de M. La Perre de Roo : La Consanguinité et les effets de V hérédité, Paris , Germer Baillière, 1881 .) Faisons encore remarquer que certains statisticiens comprennent les mariages entre beauxfrères et belles-sœurs parmi les mariages consanguins ; c'est sans doute une simple inadvertance de leur part.

< Lorsque le mari et la femme ont, par hasard, le môme défaut, ils le transmettent, agrandi, à leurs enfants, qu'ils soient ou non cousins, mais ils transmettent aussi leurs qualités amplifiées.

450 LIVRB IV. — PARTIE APPLIQUÉE 00 DéMOGRAPHIE.

B. — Lm nalsstBMi.

Pour ne pas trop multiplier les chiffres, nous ne donnerons pas les nombres absolus des naissances; on les trouvera au besoin dans notre Statistique de la France, ou dans nos Annuaires, ou dans une récente publication de M. Bodio (Movimento, etc., Roma, 1880); nous nous bornerons à offrir les nombres proportionnels, desquels il sera d'ailleurs plus facile de tirer des déductions. Nous ne parlons ici que des enfants nés vivants. (Naissances par 100 habitants.'

iBite-

Ai- lel- Njï-

mii. Frm*. lulte. lerre. iwue. lriaB4«. fnw. Ti*re. Irieta. Hicrie. Uthi*. rt». h». S^

1875 2.60 3.79 3.55 3.56 2.61 4.03 4.16 3.94 » 3.19 3.K 3.63 UO im 2.62 3.90 3.64 3.56 2.67 4.00 4.2i 4.00 4.51 3.28 3.32 3.68 3.W

1883 2.48 3.69 » 3^1363^3^3^J«:^f:?^J J^ îiT Fës liT 3.47 2.64 3.88 3.95 3.84 4.30 3.02 3.15 3.59 3.(8

Ajoutons les pays omis dans la précédente édition.

Norvège, sur 100 habitants, naissances, année par année, depuis 1865 jusqu'à 1883 : 3.17 - 3.18 - 2.99 - 2.99 -- 2.85—2.90 — 2.92 — 2.97 — 2.98 — 3.06 — 3.10 — 3.16 3.16-3.09— 3.18— 3.06-3.05-3.11 — 3.08, moyenne

générale 3.08.

Danemark, à partir de 1865 jusqu'en 1882 : 3.14 ^ 3.22

— 3.09 — 3.19 — 3.26 — 3.23 — 3.17 — 3.20 — 3.18 — 3.23 — 3.24, moyenne générale 3.13.

Empire allemand, à partir de 1872 jusqu'à 1882 : 3.95 — 3.96 — 4.01 — 4.06 — 4 08 — 4.01 — 3.89 — 3.89 — 3.76

— 3.71 3.73, moyenne 3.90.

Les chiffres ci-dessus ne sont pas sans rapport avec la fécondité; mais ce terme serait ici mal employé, il faut le réserver pour caractériser le résultat des mariages. On peut abuser de tout, et, à nos yeux, c*est un abus de parler gravement, dans une statistique officielle, de la fécondité des non-mariées, ou de calculer les « chances » d'une jeune fille d'avoir un enfant. Contentons-nous d'appeler, avec M. Guillard, et tous ceux qui l'ont suivi : natalité^ le rapport entre les naissances et la population, et constatons 1^ que la natalité varie dans le même pays d'une année à l'autre, mais que ces variations restent dans des limites assez étroites ; 2"* que chaque pays a son propre taux, la natalité de l'un pouvant se maintenir constamment de 30 à 40 p. 100 audessus de celle de l'autre. Aux années 1865 à 1883, c'est la Hongrie qui a la fatalité la plus élevée : 4 30 enfants par 100 habitants ; et c'est en France, que la proportion est la plus basse, 2.54. Il convient de faire remarquer que le nombre des mariages est plus grand en Hongrie, mais le nombre des enfants par mariage est à peu près le même qu*en France.

Si l'on étudie les naissances par grandes séries d'années, on trouve que la moyenne (la natalité) a une tendance à baisser. On en trouvera la preuve au tableau qui précède.

La sagacité du lecteur pourra s'exercer à rechercher les

causes physiques, morales, économiques et sociales de ce phénomène à peu près général : il pourra comparer la nativité au prix du blé, au cours de la rente, à la mortalité; il pourra marquer la date des guerres, des révolutions, des épidémies et autres calamités; il pourra aussi signaler les événements ou les symptômes favorables : accroissement des dépôts dans les caisses d'épargne, extension du réseau ferré, multiplication du nombre des machines, augmentation du nombre des lettres et des télégrammes, et nous pourrions allonger cette énumération. Il y a certes là d'intéressants rapprochements à faire; mais il y aurait surtout à étudier l'influence des mœurs, car on est généralement d'avis que beaucoup de familles restreignent volontairement le nombre de leurs enfants, surtout dans les départements riches. On a attribué aussi un certain effet à la prescription du partage (à peu près) égal de la succession, parce qu'en Angleterre cette prescription n'existe pas et que la fécondité y est grande; mais la fécondité est plus grande encore en Prusse, et pourtant les biens y sont partagés également entre tous les enfants. On a remarqué aussi que le nombre des enfants diminuait avec Taccroissement de la densité de la population ; on en a conclu que, plus une contrée est peuplée, moins il y a de place pour les nouveaux venus; si toutes les places au banquet de la vie ne sont pas prises, il est du moins plus difficile de trouver la sienne. Dans quelques -pays cependant, la densité semble favorable à la population, — c'est probablement grâce à la nature des industries régnantes. En tout cas, on ne doit pas se borner à chercher une cause unique, la société étant la résultante d'une multitude de causes. Nous nous bornons sur ces graves questions, — que nous n'avons pas à résoudre ici, à de simples

indications : le lecteur saura bien suivre la piste, si son esprit est porté à de pareilles recherches K

Mentionnons, ne serait-ce qu'en passant, les naissances multiples (jumeaux, etc.). M. G. Mayr, Gcsellschafts-Leben (Munich, Oldenbourg, 1877), leur consacre quelques pages intéressantes (p. 257 et suiv.]; M. Bodio a réuni quelques chiffres sur cette matière {Movimenti, etc., Introduziona,

< Dans le journal Li Temps du H octobre 1884» nous trouvons un article qui commence ainsi : « Chaque année, à Tépoque de la publication des tableaux du mouTement d^ Tétat civil durant Tannée précédente, on est assuré d'assister à la réédition d*un certain nombre d'aphorismes, en train de passer à l'état d'axiomes, sur les causes de la faible croissance de la population française. . . » Suit rénumération des aphorismes et leur réfutation. Puis Tauteur reprend : a Là-dessus, las doléances ne datent cependant pas d'hier. » Il continue :

(( On travaille à la population, avait dit un auteur, avec une économie qui est aussi funeste aux moeurs qu'à l'Etat. On se contente d'un héritier. On a plus de goût pour une volupté libertine. On voit un grand nombre des premières maisons de Paris n'être appuyées que sur la tête d'un seul enfant. Les familles se soutenaient mieux autrefois, parce qu*on était assez sage pour ne pas craindre d'avoir un grand nombre d'enfants et assez réglé pour trouver le moyen d'en établir plusieurs. »

Ce n'est pas de nos jours qu'on a écrit cela, mais au milieu du xviiie siècle. L*auteur de l'article cite le célèbre abbé Nonotte, qui s'exprimait en ces termes au chapitre 1" de la seconde partie de son pamphlet les Erreurs de VoUairCy dont la 2" édition, datée de 1776, est sous les yeux de l'auteur.

Mais nous avons fait, de notre côté, une autre découverte. D'après Siissmilcb, le statisticien peut-être le plus célèbre du xvin* siècle (Gôttliche Ordnung, I, p. 206 et suiv. de la 3« édition, qui a paru à Berlin en 1765), la France est réputée un pays où les femmes sont très fécondes, et à Paria la fécondité serait plus grande que partout ailleurs; la moyenne serait de 9 enfants pour deux familles. Du reste Moheau, Recherches et considérations sur la population de la France (Paris, 1778), attribue au nord de le France 4 77 et au midi 5 -fj enfants par famille. Il convient de dire que Moheau ne s'appuie que sur les résultats de quelques villes : pour le Nord, sur Lille, Valenciennes, Amiens et Rouen ; pour le Midi, sur Auch, Aix, Bayonne, Montauban, Perpignan. On comprend que ces chiffres laissent beaucoup à désirer, car ils ne donnent qu'une petite fraction de la France.

4i>4 LIVRE IV. — PARTIE APPLIQUÉE OU DÉMOGRAPHIE.

Roina,1877). D'autres statisticiens leur ont consacré quelque attention, et M. le D' Albert Puech, médecin en chef de l'hôtel-Dieu de Nîmes, a fait insérer une monographie dans les Annales (T hygiène (Paris, Baillière), année 1874. Le savant médecin est arrivé à cette conclusion : que, plus un peuple est remarquable par sa fécondité, plus on relève chez lui de couches multiples. Et pourtant le docteur considère les grossesses gémellaires comme de véritables écarts physiologiques. » G est une sorte d'excès de force, car il résulte d'un tableau qu'il cite d'après un'médecin anglais, Duncan (Edinhurgh^ Med. Journ.^ avril 1865, n^ 118), que les naissances multiples se trouvent le plus souvent chez des femmes qui sont dans la force de l'âge et qui ont déjà eu plusieurs enfants'. Quoi qu'il en soit, cette question ayant un intérêt secondaire, nous nous bornons à dire que, de 1865 à 1875, on a compté en moyenne, sur 100 naissances : en France et en Belgique, 0.97 (moins d'une); en Suisse, 1.07 ; en Italie, 1 .14 ; en Autriche, 1 .15 ; en Prusse, 1 .26 ; dans les Pays- Bas, 1 .31 ; en Bavière, 1 .39; en Suède, 1 .45 naissances multiples. Dans ces couches multiples, on rencontre plus souvent des jumeaux que des jumelles; la naissance simultanée d'un garçon et d'une fille paraît le cas le plus fréquent.

Selon leur état civil, les enfants sont légitimes ou naturels (illégitimes). Dans la période 1865-1883, la moyenne des enfants naturels (nés vivants), sur 100 naissances, a été de 7.41 en France, 6.75 en Italie, 5.27 en Angleterre, 7.47 en Prusse, 15.24^ en Bavière, 13.37 en Autriche, 7.45 en

< Nous croyons que la statistique peut et doit releyer le nombre des jumeaux, mais c'est la physiologie qui en étudie les causes (probablement la présence de deux ovules au moment de la fécondation).

3 En Bavière, 22.46 en 1865. C'est par suite du changement de la législation que le nombre des naissances illégitimes a diminué.

Hongrie, 4.59 en Suisse, 7.05 en Belgique, 3.38 dans les Pays-Bas, 10.17 en Suède. Nous examinerons le côté moral de la question au chapitre xvi; ici, nous nous bornons à énoncer le fait.

Nous allons aborder un autre ordre d'idées, celui de la division de la population par sexes. Il est peu de problèmes qui aient autant préoccupé les esprits que celui de la constance de l'égalité numérique, ou à peu près, entre les deux sexes, tait d'une importance majeure au point de vue physiologique, social, religieux, on peut dire à tous les points de vue possible. Dans la période 1865-1883, il est né, pour chaque 100 filles : 104 garçons en Angleterre; 105 en France, Prusse, Bavière, Hongrie, Suisse, Belgique, Pays- Bas, Suède; 106 en Italie, en Irlande et en Autriche. Le tableau suivant, emprunté à la Slatistique officielle de la France, et s'appliquant à la période 1861-1865, distingue l'état civil des enfants : les pays y sont classés selon le nombre diminuant des garçons :

Garçons pour tOO filles («n/îin/4 née vivants).

Espagne. . .

Italie

Aotricbe. . .

HoDgrie....

?9orYége. . . .

Pays-Bas. . , Bavière. . . .

Irlande. . . .

Ecosse

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Soisse 104.78 100,2* 104.30

Rome 104. U 103.94 104. U

Angleterre 104.27 104.89 104.32

Wurtemberg 104.79 100.02 lOi.02

Ainsi, il nait plus de garçons; mais, comme on le verra plusloin,ii en meurt davantage; bientôt l'équilibre s'établit, et comme les carrières de Fhomme sont dans leur ensemble plus dangereuses que celles de la femme, et qu'il est peutêtre exposé à plus de maladies, il se forme avec le temps un léger excédent en faveur du sexe féminin ; presque tous les dénombrements en fournissent la preuve.

On a beaucoup écrit sur la presque égalité des sexes, et pour s'en rendre compte on a eu recours aux explications les plus singulières. La plus fréquente, celle qui a persisté le plus longtemps et qui a compté les adhérents les plus considérables, c'est celle qui fait naître d'autant plus de garçons que le père est plus âgé que sa femme. On cite différentes observations, par exemple celles de Sadler, Hofaker, Gœhlert, Boullenger, Breslau (voy. Wappaeus, Bevœlkerungsstatistik; Stieda, Sexualverhaeltniss^ et autres), d'après lesquels, si le mari est moins, âgé que sa femme, il naît moins de 100 garçons, et si le mari est plus âgé, plus de 100 garçons contre 100 filles. M. Wappaeus et d'autres ont bien soin d'insister sur ce point que la cause du phénomène n'est pas la plus grande vigueur du mari, mais précisément la différence d*âge, c'est-à-dire que le même homme de 25 ans, qui, avec une femme de 20 ans, devient père d'un garçon, s'il avait épousé une femme de 30 ans, aurait eu une fille ^ Disons avant tout que les expériences citées par les auteurs ci-dessus ne s'appliquent qu'à des nombres très petits, et

* Comment des gens raisonnables peuvent-ils avoir des idées aussi baroques!

qu*ils pourraient, par celte seule raison, être récusés; mais en les considérant comme un indice de la réalité, ils ne prouveraient qu'une chose : c'est que le germe est sans sexe et que le sexe dépend d*un certain nombre de circonstances inconnues, mais indépendantes de l'âge des parents; car si le sexe dépendait de cet âge, tous les enfants des ménages où le père est plus âgé devraient être mâles. Nous ne nous étonnons donc pas que le docteur Ploss,à Leipzig, ait attribué au régime alimentaire de la mère le sexe de Tenfant : si elle se nourrit bien, elle aura plus de chance d'avoir une fille: si elle se nourrit mal, la chance sera en faveur du garçon*. {Monalschrîfl fur Geburtskunde, Berlin, 1859.) Nous n'avions pas besoin de la réfutation du docteur Breslau, de Zurich (Oesterlen's Zeilschrift fur Hygiène und Slalistih, i 860. 2« livr.), pour déclarer cette idée absurde*.

Nous acceptons avec plus d'égard des relevés faits en Autriche en 1851, et desquels il résulte que sur les premiers nés il y a 110.1 garçons contre 100 filles, et parmi les puînés 105.3 seulement (106 sur Vensembledes naissances). Nous ne contestons pas le fait, seulement il nous engage à demander : Pourquoi tous les aines ne sont-ils pas des garçons? En effet, les proportions ci-dessus sont tirées de

* Comment expliquer, dans cette hypothèse, les naissances doubles composées d'un garçon et d'une fille? (Voy. plus loin, p. 469.)

2 Le Dr Breslau, opérant sur 16,000 naissances, a trouvé que les garçons dominent dans les ménages où le père est plus jeune que la mère.

Si nous ne parlons pas d'expériences qui auraient été faites à Paris, et qui s'appliqueraient à une cinquantaine de mille naissances, c'est qu'elles ne nous inspirent aucune confiance. Elles ne prouveraient, d'ailleurs, pas plus que les autres.

Ajoutons que les MiUheUungen des ttatùtichen Bureaus der Stadt f^psigf M. E. Hasse, renferment de très intéressantes observations du docteur Schramm qui donnent également tort à la théorie de l'âge du père. Voy. aussi la publication de M. Sticda, à Strasbourg.

107,605 enfants légitimes, dont 87,818 garçons et 79,787 filles; — la nature aurait donc agi 79,787 fois contre sa propre loi. Nous acceptons aussi Texpérience faite en Norvège {Mouvement de la population en iSlO), de laquelle il résulterait que, dans les premières six années du mariage, il est né 116.3 garçons contre 100 filles, dans les années 7 à 13, 107 garçons contre 100 filles; à partir de la treizième, les filles sont plus nombreuses, et il n*y a plus que 94.4 garçons contre 100 filles. Iciaussi, nous demandons: Qu'estce que cela prouve? Si la durée du ménage a une influence, pourquoi n'agit-elle pas toujours ? Nous ne nous servons pas de cet argument, — vraie question préalable, — que M. Kiaer n'a pu avoir ces détails que sur 11,666 des 45,852 naissances légitimes de Tannée, nous supposons que la partie est ici le reflet du tout; maisencore une fois, qu'est-ce que cela prouve?

Nous pourrions multiplier nos citations, mais ce serait sans utilité; nous nous bornerons à résumer le résultat de nos études et de nos méditations sur la matière. Les causes de l'égalité des sexes ne sont ni sociales ni morales, mais physiologiques; on ne peut les chercher que dans Tovule ou dans le sperme. Âristote et Galien voyaient la cause dans le germe communiqué par le père, et tout ce que l'on sait de la physiologie fortifie cette hypothèse. Le gland renferme le chêne, chaque graine renferme une plante semblable à celle qui l'a fait naître. L'œuf fécondé renferme l'animal mâle comme la femelle ; ce n'est pas la poule, en couvant, qui peut faire naître un coq ou un poulet à volonté : — ne couve-t-elle pas des œufs de canard? Partout, dans la nature, le germe est complet, quoique nous ne puissions presque jamais le prouver qu'après coup et par le raisonnement.

De même, le germe apporté par le père est complet : il est mâle ou femelle, la mère n'y peut rien; elle peut seulement agir sur les formes extérieures et sur la santé, bien entendu, mais non sur l'essence; elle ne peut même pas empêcher que Tenfant hérite, non seulement de la forme extérieure (la ressemblance) du père, mais encore des germes de maladie qui ne se trouvaient, au moment de la conception, qu'à rétat latent dans le père. L'enfant hérite d'une prédisposition à la phthisie, aux hémorroïdes, à la folie, à d'autres maladies, à des talents, des vices et des vertus qui ne seront peut-être jamais développés en lui par suite de toutes sortes d'obstacles : comment admettre que le germe n'est pas de lui-même mâle et femelle? Nous avons pleinement conscience de ne pouvoir offrir qu'une hypothèse, — mais l'ensemble des physiologistes et des médecins n'en sait pas davantage; or, hypothèse pour hypothèse, celle qui donne un sexe aux germes est mille fois plus raisonnable que celle qui fait dépendre ce sexe de l'âge du père ou de la nourriture de la mère.

L'hypothèse que le germe est mâle ou femelle peut être corroborée ou soutenue par deux sortes d'arguments. L'un de ces arguments se fonde sur l'analogie: on sait que les semences de certaines plantes sont de sexes différentes et qu'on peut les distinguer. Nous admettons qu'une analogie n'est pas une preuve, mais elle donne des indications, ou des indices qu'on aurait tort de négliger. Nous devons aussi faire remarquer que des jumeaux composés d'un garçon et d'une fille ne s'expliquent que la sexualité des germes.

L'autre argument est tiré du calcul des probabilités. Si d'une boite où il y a des boules blanches et des boules noires en nombre inconnu on tire toujours à peu près autant de

blanches que de noires, on en conclut qu'il doit y en avoir à peu près autant de Tune que de Tautre. Or, le nombre des enfants des deux sexes étant à peu près le même, il semble que le seul calcul de probabilité doit Taire supposer que le germe renferme le sexe.

En tout cas, une loi est un rapport de cause à effet, Teffct est le résultat infaillible de sa cause, et il est absurde de parler de causes qui produisent quelquefois, ou même souvent, mais pas toujours leurs effets.

Nous n'avons pas encore parlé des mort-nés, parce que, jusqu'à nouvel ordre, le statisticien doit se bornera les enregistrer, sans faire grand usage des chiffres. On ne peut pas comparer les différents pays, parce que la constatation ne se fait pas partout de la même manière. En France, malgré les efforts faits en 1839 et années suivantes, on n'a pu obtenir que l'indication des enfants morts avant la déclaration de la naissance; en Italie, on fait des efforts, depuis 1865, pour obtenir le relevé des mort-nés proprement dits, mais nous doutons fort qu'on réussisse. L'Angleterre s'est longtemps abstenue de les relever, et, dans d'autres pays, on a éprouvé des difficultés et subi des irrégularités. Que prouvent les mort-nés, quand on n'enregistre pas les fausses couches? Il est d'ailleurs difficile de tirer ici la ligne de démarcation. Et ne devrait-on pas faire entrer en ligne de compte les avortements? Aussi, quand nous voyons additionner les naissances vivantes et les mort-nés, et donner au total le nom de c conceptions, » nous ne pouvons que protester de toutes nos forces contre une pareille hérésie. Est-ce que les fausses couches et les avortements ne sont pas des conceptions'?

* Od semble croire que le Dombre des avortements est é^al à celui

L'examen des chiffres, quelque incomplels qu*ils soient, et en ne les acceptant que sous toutes réserves, fait penser que, parmi les mort-nés, les mâles prédominent dans une forte proportion. Dans la période 4865-75, on a constaté parmi les mort-nés, en France, 144 garçons contre 100 filles, en Italie 140, en Prusse 129, en Bavière 134, en Autriche 129, en Belgique 135, dans les Pays-Bas 127, en Suède 133. On explique cette mortalité extraordinaire des mâles par des causes physiologiques, l'accouchement est plus diflBcile (le garçon est plus gros que la fille). Nous croyons pouvoir ajouter que le mort-né est souvent le premier enfanta

On a aussi remarqué que le nombre des mort-nés est plus fort parmi les enfants naturels que parmi les enfants légitimes, ce qui s'explique par les efforts faits pour cacher la grossesse, ou aussi par le manque de soins.

On a cru devoir constater la répartition des naissances vivantes par mois; nous nous bornons à la donner pour la France seulement, période 1856-65, les autres pays n'en différant pas assez pour qu'il y ait intérêt à multiplier les chiffres.

Naissances t par mois, calculées sur i 2,000 enfants.

LéglUmet. N«lar«lles. Légitimet. Ntturelles.

Janvier 1,038 l,iiO Juillet 94S 912

Février 1,099 1,131 Aoùl 954 991

Mars 1,098 1,095 Septembre... 981 9:16

Avril 1,055 1,034 Octobre 961 920

Mai 990 1,007 Novembre.... 983 959

Juin 936 947 Décembre.... é43 978

Il est très facile de calculer les mois correspondants de la conception et de les comparer avec les mariages; on

des cas poursuivis parle ministère public ; ils sont en réalité peut-être mille fois plus nombreux.

* La même cause qui fait mourir plus de petits garçons nés vivants doit multiplier les morls-ucs (de sexe masculin).

462 LIVnE IV. — PARTIE APPLIQUÉE OC DËMOGRAPHIE.

pourra constater que ces deux faits ne semblent pas avoir le rapport qu'on leur attribuerait a priori. Nous avons, d'ailleurs, mis en regard des naissances légitimes les naissances naturelles, qui semblent réparties de la même manière. D'un autre côté, Villermé a établi, pour l'époque 1817-24, la répartition qui suit: janvier 1,093, février 1,136, mars 1,117, avril 1,057, mai 963, juin 8%, juillet 884, août 927, septembre 981 , octobre 964, novembre 1 ,000, décembre 981 . Le titre du travail de Villermé est : De la distribution par mois des conceptions et des naissances de Vhomme^ considéré dans ses rapports avec les saisons^ avec les climats, avec le retour périodique annuel des époques de travail et de repos^ d'abondance et de rareté des vivres, et avec quelques institutions et coutumes sociales. Ce travail a été lu à T Académie des sciences en 1829, et inséré ensuite dans les Annales d'hygiène. Ce titre est assez développé pour nous dispenser d'entrer dans d'autres détails; nous ajouterons seulement que, dans d'autres pays, on a constaté des résultats analogues. Voici, à titre d'exemple, des chiffres relevés en Suède à un intervalle de cent ans.

Périodat. Périodes.

1749-6S. 16S0-BI. 1749-63. lSS0-5i.

Janvier i,049 1,013 Joiilet 870 9S9

Février 1,074 1,046 Août 839 9U

Mars 1,098 1,056 Septembre... 1,144 1,116

Avril 1,0«4 1,006 Octobre 1,0«7 1,033

Mai 888 983 Novembre.... 993 975

Juin 860 960 Décembre.... 1,034 979

G. — Uf déeès.

Le climat semble avoir, en cette matière^ plus d'influence que les mœurs, qui, de leur côté, ne doivent pas être sans exercer une certaine action.

STATISTIQUE DE LA POt^ULATlON. 46à

Les décès sont, depuis bien longtemps déjà, Tobjet principal des études du statisticien ; il a été frappé de bonne heure de la régularité avec laquelle se reproduisent les phénomènes qui les concernent; il a compris les rapports qu*il y avait entre la mortalité et la salubrité, Thygiène, 1 âge, et nombre d'influences physiques et morales; il s*est même hâté de tirer de ces rapports des conséquences dont quelques-unes étaient, sans aucun doute, prématurées. C*est qu'il n'est arrivé qu'assez tard à posséder des chiffres précis et certains, et il n'a trouvé que peu à peu les meilleurs procédés de les employer, les applications vraiment scientifiques. Actuellement, ni les chiffres, ni les méthodes ne font défaut, et les résultats sont aussi instructifs que dignes de confiance. Nous allons indiquer rapidement ces résultats, en rappelant, encore une fois, que nous n'avons pas la prétention d'épuiser la matière. Nous commençons par une vue d'ensemble.

Rapport de» décès à la population. — Die es par iOO habitants.

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Uoy.2.38 2.91 2.14 2.14 1.78 2.65 3.06 3.10 3.82 2.32 8.24 2.46 1.8

Ajoutons les pays qui suivent :

Norvège de 1865 à 1883 : 1.65 — 1.69 — 1.84 — 1.83 i.70 — 1.61 — 1.69 — 1.66 — 1.68 — 1.81 — 1 .87 — 1.87

— 1.68 — 1.57 — 1.49 — 1.60 — 1,69 — 1.85 — 1.70, moyenne générale, 1.72.

Danemark de 1865 à 1882 : 2.32 — 2.09 — 2.00 — 1 94

— 1.91 - 1.91 - 1.97 — 1.94 - 1.84 — 2.00 - 2.10 - 1.97 — 1.87 — 1.85 — 1.98— 2.04-1.83 — 1.92, moyenne générale, 1.97.

Empire allemand de 1872 à 1882 : 2.90 — 2.83 — 2.67 — 2.76 — 2.63 — 2.64 — 2.62 — 2.56 - 2.60 — 2.55 — 2,58, moyenne générale, 2.66.

Nous n^avons pas tenu compte, dans ces tableaux, des mort-nés, nous en avons fait connaître plus haut (p. 460) la raison. Nous nous bornons aussi à donner les rapports, ou nombres proportionnels (les coefficients de la mortalité), car les nombres absolus (les chiffres réels des décès), ne sont pas directement comparables de pays à pays, ils ne le sont même pas pour le même État, à diverses époques, si ses frontières ont varié dans la période soumise à Tétude. Celle que nous donnons ci-dessus est dans ce cas; mais les moyennes ne sont pas sensiblement affectées par ces changements politiques. Si, en comparant les divers États^ on rencontre de notables différences, elles sont fondées sur un ensemble de circonstances, parmi lesquelles le chiffre des naissances joue le rôle principal, la plus forte mortalité étant, comme nous aurons à le montrer, celle des enfants en bas âge. Si ensuite on rapproche dans la même colonne les rapports afférents aux diverses années, on constate paribis l'influence de la guerre, des épidémies (choléra), peutêtre de la cherté. Nous nous bornons à appeler l'attention

STATISTIQUE DE LA POPULATION. 46r>

sur ces causes. Signalons en passant encore ce fait, qu'après la Norvège, c'est Tlrlande qui est le pays où la mortalité est le plus faible. Le climat serait-il plus influent que c la misère? »

La mortalité générale, que nous avons présentée dans le tableau ci-dessus, n'a qu'un intérêt restreint; ce sont surtout les détails qui deviennent instructifs, parce qu'ils permettent mieux d'entrer dans le fond des choses et de dégager les faits qui ont influencé les résultats. La première distinction à faire est celle des sexes. Elle permet de constater au premier coup d'œil la conséquence naturelle de l'excédent des naissances mâles : c'est l'excédent des décès du même sexe. La moyenne des années 1865 à 1883 fait en effet ressortir que, contre 100 décès d'individus de sexe féminin, on compte : dans l'empire allemand, et spécialement en Prusse, 109 décès masculins; en Bavière, en Autriche et en Hongrie, en Suisse, en Belgique, 108; en France, en Angleterre, 107 décès d'individus de sexe masculin ; en Italie, 106; dans les Pays-Bas, 105; en Suède, 104; en Norvège et en Danemark, 103 décès masculins. Ces proportions diffèrent légèrement d'une période à l'autre.

Hais c'est l'âge surtout qui influe sur la mortalité. Si nous prenons les périodes les plus récentes, et en n'employant que les tables mortuaires, nous trouvons que, dans les pays ci-après, 100 décès se répartissent ainsi qu'il suit entre les différents âges.

466 LIVaE IV. — PAIITIE APPLIQUÉE OU DÉMOGRAPHIE. Nombre proportionnel des décé» de chaque âge sur iOO décée de tout âge.

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France.

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