MIGRATIONS
On distingue l'émigration , l'immigration, et les migrations dans l'intérieur du pays. C'est de l'Europe qu'on émigré, parce que la population y est dense; c'est surtout en Amérique et en Australie qu'on immigre parce que des terres en friche y attendent les premiers occupants. Toutefois, c'est moins le cultivateur que l'industriel, c'est surtout l'esprit aventureux qui passe les mers; mais comme les États-Unis se remplissent, le mouvement tend à diminuer. Ce qui active rémigration, c'est la prospérité de ceux qui sont partis les premiers; ces derniers appellent ensuite leurs parents et amis et facilitent leur établissement. L'émigration étant
une question spéciale, nous ne pouvons que la mentionner en passant, et renvoyons en note à quelques ouvrages qui lui sont consacrés'.
Les migrations sont une question toute différente. On doit distinguer celles qui ont lieu périodiquement, tous les ans, à des époques déterminées, par exemple , lors des moissons, ou lors de certains travaux, avec esprit de retour, — mouvement sur lequel il n'existe encore presque aucune donnée authentique, — des migrations qui constituent un changement permanent de résidence. Sur ce dernier genre de mouvement, on a quelques renseignements par les dénombrements. 11 résulte de ces grands inventaires de la population qu'un certain nombre d'habitants des campagnes ont une tendance à abandonner le travail des champs, trouvant plus doux celui 'des villes. Tous les pays presque sans exception,— y compris les États-Unis, — se plaignent de cette tendance. En France^ on a constaté qu'environ | de la population a changé de département (de province), et dans Fintérieur du même département, le déplacement est plus fort encore. En somme, si, en 1846, la population urbaine était de 24.40/0 de la population, elle est de 27.3 en 1856, de 30.4 en 1866, et de 32.4 en 1876, de 34.7 en 1881. On a proposé bien des moyens pour arrêter ce mouvement, mais personne n'a encore su indiquer quelque chose d'efficace '.
* Hittoire de Vémigration européenne, asiatique et africaine au xix* héele, par Joies Duval (Paris, OuillaumlD). — De la colonisation ches les peuples modernes, par Paul Leroy-Beaulieu (Id.). —Y. aussi Touvrage de Roscher et d'autres, ainsi qne les comptes rendus anglais et américains.
2 Yoy., à un autre point de vue : Ravenstein, On the laws of Migration dans le Journal of the statistical Society de Londres (juin 1885), et dans la Statistiche Monatschrift de Vienne de 1885 un ariicle sur le même sqjet.