‹ Traité théorique et pratique des dessins et modèles de fabriqueChapitre 3 sur 77 · INTRODUCTION. VU · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. VU

le législateur s*est mis en tête de séparer deux choses^ faites pour s'allier et s'unir, Tart et rindustrie, et qu'il a rêvé d'établir entre elles une ligne de démarcation.

Si le dessin , si le modèle de fabrique, ne revêtait jamais le moindre caractère artistique, la définition set rait tout de suite trouvée; il suffirait de dire que le dessin ou le modèle de fabrique consiste dans tout effet de lignes, de couleurs ou de formes ayant pour but de donner & l'objet auquel il s'applique une individualité nouvelle.

C'est à cela, en effet, que tend d'abord la création d'un dessin ou d'un modèle de fabrique ; elle % pour but de distinguer Tarticle d'aujourd'hui de l'article mis en vente hier, en lui donnant un aspect nouveau, une autre physionomie : l'article, à le prendre en soi, reste le même ; c'est toujours le même tissu, si c'est d'un tissu qu'il s'agit ; il fera le même usage» il rendra les mêmes services qu'auparavant; au point de vue de l'utilité, il n'y aura pas de différence entre l'article nouveau et l'ancien ; mais, le jeu de la chaîne et de la trame étant autre, il présentera des côtes, des rayures, un pointillé, qui feront de lui un tissu tout h fait pareil par son ser^ vice aux tissus analogues, dissemblable par son aspect.

Ce qui est vrai du tissu le sera de tout autre objet : dans l'industrie à laquelle cet objet appartiendrai, l'article nouvellement paru aura son existence propre, sa personnalité, son individualité; et, plus ces efforts des fabricants pour varier la physionomie d'un même objet seront nombreux, plus le consonimateur sera séduit, charmé, entraîné à donner son argent en échange de l'article nouveau.

Page 1