‹ Traité théorique et pratique des dessins et modèles de fabriqueChapitre 4 sur 77 · VIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

VIII INTRODUCTION

Ce caractère d'individualité commerciale ou industrielle est, dans la réalité des choses, celui qui sert le mieux à définir le dessin et le modèle de fabrique.

Mais les choses ne se passent pas toujours ainsi ; il arrive souvent que cet effet particulier, que nous venons dé rappeler, prend une physionomie plus distincte, et, par degrés, se rapproche d'un véritable dessin, du dessin que Ton est convenu d'appeler artistiqw. Ce n'est plus une simple combinaison de lignes géométriques ; ce n'est plus un assemblage, une opposition quelconque de couleurs ; c'est un dessin, ayant un sens déterminé, parlant à Tesprit, lui rappelant un objet, une figure qui existe dans la nature : feuille, fleur ou fruit; ce sera, par exemple, une branche d'arbre, soit telle que nos yeux la peuvent voir dans les champs, soit affectant une disposition de fantaisie. Ce sera même, si l'on veut, quelque chose de plus ; ce sera un sujet, une scène comportant des personnages dans une attitude, dans un rapport déterminé les uns vis-à-vis des autres.

Dans ce cas, le dessin, appliqué à un article commercial, tissu ou faïence, aura toujours le même résultat ; il lui imprimera une physionomie propre, le distinguant des articles analogues ; mais il produira, en même temps, un autre résultat : il se fera admirer pour lui-même ; il fera en quelque sorte oublier l'objet dont la matière lui sert de support ; il captivera, il absorbera l'attention, et, en achetant l'objet sur lequel il est appliqué, c'est lui surtout qu'on aura en viie d'acquérir.

J'insiste sur ce point : le dessin de fabrique, envisagé au point de vue de son but, sert avant tout à parer la marchandise à laquelle il est associé, et à décider le

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