‹ Traité théorique et pratique des dessins et modèles de fabriqueChapitre 7 sur 77 · INTRODUCTION. XI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XI

de la même origine, il ne distinguera pas entre elles ; il leur appliquera la même loi.

C*est pour avoir tenté une distinction impossible, c'est pour avoir voulu admettre l'existence du dessin industriel à côté et en dehors du dessin artistique, c'est pour avoir rêvé de séparer ce que la nature même des choses unit au point de les confondre, c'est pour cela que, jusqu'ici, le législateur français, épris malgré lui de logique, n'a pu mener à bonne fin la loi sur les dessins et modèles de fabrique.

Admettez, au contraire, avec nous, que la loi doit être uniforme pour toutes les œuvres qui tiennent à l'art et qui, de près ou de loin, en procèdent, tout s'aplanit, les difficultés s'évanouissent. Il suffit d'un article de loi pour abroger le décret de 1806 qui régit encore actuellement dans notre pays la matière des dessins et des modèles de fabrique, et pour déclarer que la législation, relative à la propriété artistique, s'appliquera désormais même aux dessins et modèles industriels.

A dire le vrai, nous ne voyons pas quelle objection on peut élever contre notre système ; à qui ferait-il tort? Je laisse de côté cet argument, tout de sentiment, qui consiste à dire que l'auteur d'un dessin destiné à être appliqué sur tissu et consistant, je supposé, dans une simple combinaison de traits ou de couleurs, ne saurait avoir droit à la même protection qu'un tableau de Raphaël ou de Michel-Ange.

Cet argument ne nous touche pas ; il ne nous seml)le même pas sérieux, non pas que nous méconnaissions la distance incalculable, l'abîme qui sépare une rayure d'étoffe d'un tableau de maître; mais qu'importe que l'auteur de l'une obtienne la même protection que Tau-

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