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CHAPITRE I. OPHTHALMIES

§ 2.— Conjonctivite angulaire.

caractères an atomiques. — Dans cette forme morbide, un paquet de vaisseaux variqueux surgit entre l'un des angles oculaires et le limbe kératique. L'irjjeclion fasciculaire ne règne que plus rarement sur d'autres points de la conjonctive scléroticale. Les phlyetènes, les pustules et les papules auxquelles ces vaisseaux peuvent aboutir, se présentent journellement à l'observation. C'est d'après leur présence qu'on donne à la conjonctivite les noms de phlycténulaire , àepustuleuse ou de populeuse. C'est la conjonctivite lymphatique ou scrofuleuse des auteurs.

Tantôt l'injection fasciculaire, de dimensions qui varient, semble bornée à la conjonctive scléroticale, tantôt elle occupe manifestement deux plans, l'un antérieur, coujonctival, l'autre profond, sous-conjonctival, et offrant des vascularités plus rares, plus volumineuses et d'un rouge brun. 11 arrive fréquemment que l'injection fasciculaire dont il s'agit, celle surtout de la seconde forme, soit plus large en avant qu'en arrière, c'est-à-dire présente un triangle à base tournée vers la cornée, contrairement au ptérygion qui montre une disposition inverse. Il y a, dans quelques cas, existence simultanée de plusieurs plaques pyramidales.

On entend, sous la dénomination de phlyetènes, des ampoules généralement peu saillantes, arrondies, et qui, d'un blanc opalin, contiennent un fluide séreux, une sérosité plus ou moins limpide. La matière qui constitue les pustules est plus épaisse et comme puriforme. Ces éminences siègent tantôt à l'union de la sclérotique et de la cornée, sur le bord antérieur de la plaque vasculaire, tantôt, mais beaucoup plus rarement, sur la continuité de cette plaque, et sur un point généralement rapproché du limbe kératique. Il n'y a habituellement qu'une phlyetène ou qu'une pustule sur le même œil. Parfois, on rencontre deux ou trois de ces petites tumeurs, à la limite antérieure de plusieurs triangles vasculaires. J'en ai constaté jusqu'à neuf ou dix, rangées en chapelet le long du limbe du miroir. La phlyetène ou la pustule ne crève qu'exceptionnellement, d'où la formation d'un ulcère superficiel ; il arrive plus souvent que la pellicule conjonctivale qui la constitue s'affaisse après la résorption du liquide, et laisse à sa place une tache blanchâtre qui finit bientôt par s'évanouir. Dans un grand nombre de cas, à l'injection fasciculaire ci-dessus décrite, vient se joindre la vascularisation générale du tissu conjonctival (conjonctivite catarrho-lympha- Bque des Allemands). L'injection, par exemple, n'est jamais partielle, quand il y a un nombre considérable de phlyetènes ou de pustules près de la cornée. Nous verrons encore que des éminences du môme genre peuvent se développer sur cette dernière membrane.

La papule conjonctivale consiste dans une espèce de renflement partiel, de tubercule rougeâtre, de forme conique, et dont le sommet finit souvent par paraître excavé et prend une teinte grisâtre ou diphthéritique. Telle est la papule aphtoïde de M. Veïpéâu (conjonctivite aphtheuse ou aphthoïde de quelques auteurs). 11 y aurait erreur à croire, d'après ce professeur, que ces taches soient des ulcérations; il arrive là ce qui arrive aux aphthes : autour de la papule, le

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tissu sous-conjonclival se boursoufle ; ce n'est pas le siège du mal qui se déprime, ce sont les tissus voisins qui se gonflent, S'il fallait, dit-il, fournir la preuve qu'il n'y a là ni abcès, ni ulcère, il suffirait de constater qu'on n'en a jamais retiré de pus, cl qu'il ne subsiste après la guérison aucune trace, aucune cicatrice, aucune adhérence contre nature sur le point qu'occupait la papule. Dans l'opinion de Wardrop, ce que l'on appelle pustule de l'œil n'est le plus cornmunément autre chose (pie ce que l'on nomme aphlhes dans la bouche ou aux lèvres.

caractères l'iivstOLOGiQUEs.— Les troubles fonctionnels des formes morbides que nous venons de décrire sont un sentiment de gravier et les autres symptômes physiologiques de la conjonctivite catarrhale. Ils seront d'autant plus développés que l'inflammation se généralisera davantage. La photophobie, qui peut lui être associée, est liée à la condition hypérémique déjà mentionnée et essentiellement variable des tissus internes.

étiologuï. — La diathèse lymphatique est considérée comme la cause prédisposante la plus commune des conjonctivites phlycténulaire, pustuleuse et papuleuse. On les rencontre plus particulièrement chez les jeunes sujets, et elles sont souvent accompagnées de gourmes sur le cuir chevelu, derrière les oreilles oui diverses parties de la face. Il est à remarquer qu'elles n'attaquent qu'exceptionnellement les enfants à la mamelle , tandis qu'après le sevrage ils y sont très-exposés. L'inflammation conjonctivale que peut susciter le travail de la dentition ( ophthalmia a dentitione) m'a souvent présenté les caractères notés dans ce paragraphe, et tout aussi souvent, peut-être, ceux d'une simple conjonctivite catarrhale.

traitement. — La conjonctivite lymphatique des auteurs sera avantageusement combattue par des frictions révulsives derrière les oreilles (page 1 10). Il y aura surtout indication de les conseiller, quand le mal a surgi à la suite de la suppression d'une gourme ou d'une otorrhée, condition étiologique que j'ai constatée fort souvent chez les jeunes sujets. Un ou deux purgatifs et quelques prises de calomel peuvent être utiles. Les astringents francs, comme l'acétate de plomb, le sulfate de zinc ou de cuivre ne lui sont guère applicables ; souvent l'inflammation s'exaspère beaucoup sous l'influence de collyres préparés avec ces agents; nous les avons vu engendrer une pholophobie qui n'existait pas avant leur application. Nous en dirons autant du collyre de nitrate d'argent. Celui de borax ( page 150 ) réussit le mieux dans cette circonstance. Parfois, en huit ou dix jours, rarement plus tôt, souvent plus tard, la maladie cède aux moyens que nous venons d'indiquer. S'est-ellc propagée à la cornée, le pronostic et le traitement sont subordonnés aux complications nouvelles. Quant à l'intervention d'une médication générale, sur laquelle beaucoup d'auteurs insistent, nous renvoyons le lecteur à quelques développements déjà fournis à cet égard (page 130).

Le collyre de sublimé pur ou additionné de laudanum, et les pommades rouges réussissent à merveille dans les cas subaigus ou chroniques.

La cautérisation des phlyetènes et des pustules, recommandée par beaucoup d'auteurs, est le plus souvent superflue. Dans les conditions les plus habituelles,

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