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CHAPITRE I. — OPHTHALMIES

Après avoir conduit Rosset dans une chambre obscure, où nous examinâmes ses cornées à la lueur d'une bougie, nous fîmes remarquer à plusieurs médecins présents à la visite que quelques-uns de leurs points laissaient émaner des jets de lumière analogues à ceux qui sont reflétés par un diamant. Le professeur Laugier a surtout insisté sur les avantages de ce mode d'exploration, dans des cas analogues à celui que nous venons de rapporter (pag. 51) ; il faut y ajouter aujourd'hui l'éclairage oblique. Pierre Rosset fut soumis aux scarifications et à la cautérisation de la face interne des paupières avec une solution concentrée de nitrate d'argent, et huit ou dix jours suffirent pour un commencement de bonification dans les perceptions visuelles.

La conjonctive palpébrale, qui a été longtemps affectée de granulations, ne revient que rarement, après la guérison, à ses dispositions complètement normales. Dans la généralité des cas, des modifications notables ont envahi sa texture. Elle peut être épaissie, indurée, excavée çà et là ; nous l'avons vue munie d'un éclat comme tendineux; le nitrate d'argent lui a parfois fourni une teinte livide. Les transformations du tissu conjonctival et des parties sous-jacentes sont d'autant plus développées que le mal a été plus opiniâtre, et que les ravages produits par les instruments tranchants et les caustiques énergiques ont été plus considérables. L'entropion, le symblepharon sont des conséquences fréquentes de l'intervention de ces derniers agents.

Observat.cn VII. - J'ai eu récemment l'occasion de visiter les yeux de madame Carrouget, que j ava.s perdue de vue depuis cinq années. Elle venait d'être délivrée par moi à cette époque, et à la suite d'un long traitement , d'une conjonctivite granuleuse qui lu, avau ele transmise par son enfant, et dont elle souffrait depuis quatre ans. Aux deux yeux, les conjonctives palpébrales sont lisses et complètement dépourvues de productions granuleuses. L epithélium est reconstitué. Quelques plaques blanches irrégu-

G T'^/r^n U" ,ÎSSU de CiCat"Ce' rèSQent *à el là- Des vaisseaux peu nombreux et tres-de ,es sillonnent la face interne de chaque paupière. La vue, qu'un oub.e pannus rendait jadis te.lemen, trouble que la mal.de ne pouvait se condu re est aussi satisfaisante aujourd'hui que si elle n'avait jamais été affligée d'ophthalmie

ÉxtoLoGiE.-On a invoqué une foule d'influences pour interpréter l'invasion des ophtbamo blennorrhées qui nous occupent. Telles sont pour l 'ophthalm ÉgyPte les exhalions du sol après que le Nil est rentré dans son lit la pou - ;ere soulevée par e vent du désert, l'habitude de dormir la nuit en i^ « Les campagnes d'Egypte, dit Desgenettes, sont d'immenses plaines où la 1 ' nnereest tres-vive. Leur terrain est sec et friable; il est argLx et enveux contenant le nitrate de potasse tout formé, le natron et le mltele soS s(0nt Plants et sereins, les nuits fraîches, hnmides et nébul Z Z "cl constances physiques réunies doivent nuire aux yeux Ce ou frn i en Égypte, c'est d'y rencontrer un nombre nrodiiriei, d , ^ ie Iihls jetées de ma.adies d'yeux. L'opbtS -^-u de personnes habitants des villes et ceux des campées • l'h li n ef,esPf™*, I*

L1VKE 11. — MALADIES DU GLOBE OCULAlllE.

exempts que les hommes; la plupart des chiens sont aveugles ou borgnes, et beaucoup d'ânes, de chevaux, de hœufs et de chameaux ont les yeux tachés. Je conclus de la réunion de ces laits que l'oplithalmie est endémique dans 1,.. pays arrosés par le Nil, et augmente dans les saisons chaudes, depuis le commencement de l'été jusqu'à lu lin de l'automne. »

Les ophthalmo-bl^anorhéesjqui se montrèrent nombreuses dans l'armée prussienne, reconnaissaient, très-probablement, pour causes, d'après Hufeland, la transition d'une vie sédentaire à la vie active des camps, l'obligation découcher, pendant des mois entiers, sur la terre humide et à la belle étoile, enfin la coupe des cheveux, hrusquement pratiquée sur des hommes qui, jusque-là, avaient porté une longue chevelure.

Les médecins helges ont été longtemps divisés en trois camps principaux, eu égard au mode d'origine du fléau qui désolait leur armée. Les contagionistes admettaient la contagion, les catarrhalistes, l'influence de causes purement catarrhales ; les compressionistes professaient que le mal dépendait d'une congestion conjonclivale liée à une double compression sur la zone céphalique et le pourtour cervical par le schako et le col. Un grand nombre d'autres causes, la plupart insignifiantes et banales, ont été mises en avant : la nostalgie, le régime alimentaire des soldats, l'abus des liqueurs fermentées, l'insalubrité des casernes, l'encombrement, l'action du sable, de la craie, du tripoh, affectés au nettoyage des uniformes.

Une opinion, émise tout récemment par le docteur Pauli (de Landau), admet que l'ophthalmie d'Égypte consiste dans un exanthème vésiculeux de la conjonctive ressemblant à l'eczéma, et, sous certains rapports, à la gale1. La dégénérescence, primUivement vésiculeuse, peut aboutir à des végétations fongueuses, sarcomateuses, ou devenir dure, fibreuse, calleuse. Tant que le principe contagieux est renfermé dans son enveloppe vésiculeuse, toute transmission, par contact immédiat ou médiat, est impossible ; elle peut s'effectuer par evaporation, dès que la vésicule s'est ouverte. L'auteur admet que cet élément contagieux est animé. On explique ainsi, ajoute le chirurgien de Landau, comment certains tissus, et plus particulièrement les étoffes de lame et de coton, peuvent devenir les agents de la contagion. Le principe morbihque y reste engourdi et comme mort, tant que ces tissus sont exposés à une température pou élevée- il regagne sa vitalité, dès qu'ils sont soumis à l'influence d un anchaud et humide. Ce fluide se charge du principe contagieux anime qui multiplie, et devient par là un nouveau foyer d'infection.

Tout s'explique, et que d'enseignements surtout sous le rapport de la prophylaxie, si l'on accepte, quant à l'éliologie des ophthahno-blcnnorrhees, le, données de l'observation pratique ! iw„|J La voie de contamination la plus commune est, sans aucun doute, 1 inocula lion directe par le transporteur un œil sain, du mucus virulent fourni par un ad affccté,transporl effectué avec les doigts, des linges,dcs éponges, etc. L une de nj malades prétendit que les granulations dont elle était atteinte étaient le résultat

i V. Pauli, Mémoire sur la nature de VopMkabme d^jfW*. W"«boi.rg, 1858.

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