CHAPITRE I. — OPHTHALMIES
Dalpébral supérieur, cas dans lequel M. Buys imprime à la paupière qui lui correspond un double renversement, à l'aide du blépbarpst'at représenté pl. d ,
fig. 0.
Lorsque le mal a de l'acuité, la couche albumino-plastique disparaît d'habitude avec rapidité, d'où il suit que l'intervention du moyen curalif doit avoir lieu plus souvent dans cette condition que quand l'affection est invétérée. Cette couche peut se maintenir longtemps plus ou moins complète. Un sujet, cité par M. Buys. en offrait des traces dix ans après l'application. Toutefois, au bout d'un certain temps, elle perd son homogénéité et sa blancheur et n'est plus constituée que par quelques traînées diffuses. Dans les points où s'est effectuée l'élimination, il est assez habituel, d'après M. Buys, de constater le retour de l'intégrité du tissu conjonctival. On peut, dès lors, conclure que la guérison sera complète, quand le temps aura amené l'éloignement des dernières parcelles saturnines. ,
Il y aurait erreur à croire, dans la pensée de l'auteur, que l'application du plomb doive toujours faire à elle seule les frais de la cure, sans qu'il soit tenu compte des complications de l'ophthalmic, et d'un grand nombre de conditions vai iées. Divers moyens, locaux et généraux, sont invoqués par lui, suivant les cas, comme dans les autres méthodes.
M. Quinart annonce que le docteur Buys ne se borne pas à attaquer par ce procédé les granulations seules. Contrairement à l'opinion des oculistes qui redoutent l'impression, sur la cornée ulcérée, des agents plombiques, le chirurgien de Bruges applique hardiment son pinceau sur les ulcérations de celte membrane dont l'acétate neutre seconde, dit-on, la cicatrisation. Le pannus céderait également avec rapidité si Ton réussit à couvrir le lacis vasmla.rc de sel métallique. On a peine à croire qu'il ne se forme pas d'incrustations sur une cornée déjà dénudée , quand elle a ainsi subi le contact de la préparation saturnine. Cimier explique celte immunité, qui nous parait fort problématique, en alléguant que l'acétate plombique est transformé par le fluide lacrymal en un double chlorure soluble : c'est là dans sa théorie, le seul composé qui puisse se mettre en rapport avec la cornée.
D'après le docteur Gouzée, quelque ténue que puisse être la poudre d'acétate de plomb, elle s'agglomère aisément dans les interstices des boursouflements muqueux, et ces parcelles non dissoutes fatiguent l'œil et l'enflamment. O est pour obvier à ces inconvénients qu'il a proposé la modification suivante qui n a jamais suscité d'accident et ne produit même pas, dit-il, la plus légère douleur. Avec un pinceau mouillé, on dissout une faible quantité de poudre ce.ate de plomb, afin de la convertir en une bouillie épaisse, puis celle-ci est talée sur la paroi malade avec le pinceau qu'on y promène à plu leurs repr e demamere a ,a„, pénétrer profondément le topique dans les sillons"
Le docteur Meyne, médecin de régiment à Tournai insiste *i 1 '-..dation de détendre sévèrement tout frottement avec es tains Ll v pl^ondelWtatedeplomb.Ses ^nu.és ^ iïZ'^ lZ
-M livre a. — maladifs du <;lodr oculaire.
presse pour essuyer leurs larmes. « Le sentiment de. cuisson, ajoute-t-il qMj résulte de l'astringent, ainsi que de l'écoulement des fluides, les porte naturellement à se frotter les yeux, à s'irriter les paupières. Avant d'avoir défendu ces attouchements, j'avais quelquefois, le lendemain de mes opérations, plusieurs hommes dont les paupières étaient assez gonflées. Depuis qu'il y a défense de toucher aux yeux, je ne rencontre qu'à de rares intervalles et à des degrés trèslégers ce gonflement palpéhral. »
Les docteurs Teslelin et Warloinonl préconisent surtout l'expédient de M. Buys dans ses applications aux soldats atteints du fléau. « Les granulés, disent-ils, que l'on est obligé, pendant toute la durée des autres traitements, de tenir séquestrés et éloignés de tout service, peuvent rentrer dans la vie commune, du moment où leurs conjonctives ont été bien recouvertes d'acétate de plomb. Toute sécrétion est devenue impossible, partant toute contagion, et il ne reste plus qu'à surveiller les malades et à recouvrir les parties de la muqueuse qui peuvent s'être dégarnies. On conviendra qu'un tel résultat est digne de fixer l'attention. »
La vogue dont a joui la méthode de Buys, dans la patrie surtout de son auteur, a manifestement décliné depuis quelques années. D'après M. Hairion, qui l'a bannie de sa pratique, l'action de l'acétate de plomb sur la. conjonctive est destructive, comme celle du nitrate d'argent; mais ces deux substances offrent des différences dans la manifestation des effets auxquels elles donnent lieu. Tandis que ceux de l'azotate d'argent sont brusques, atteignent avec rapidité leur apogée, mais durent peu, ceux de l'acétate de plomb sont plus obscurs, moins violents, mais plus durables, et les inflammations qui en émanent obligent fréquemj ment le médecin à envoyer le malade à l'hôpital. Le même professeur reproche à cette méthode d'être infidèle, empirique, dangereuse, parce que, dans un nombre de cas donnés, identiques en apparence, tantôt elle guérit et tantôt elle aggrave le mal; on n'a pu, jusqu'ici, en préciser exactement l'action, ni mesurer l'étendue de ses effets ; elle est susceptible enfin de produire des brides, des cicatrisations vicieuses, des incrustations indélébiles de la cornée. Dans I opinion du docteur Thiry, les succès de l'acétate de plomb ne s'expliquent que parce qu'il y a lieu de penser qu'ils ont été obtenus à l'ombre d'une erreur de diagnostic ; toutes les fois que M. Thiry a eu à combattre devéritables granulations, le sel plombique est resté insuffisant, sinon impuissant. M. Coursserant le regarde comme bien au-dessous des éloges qu'on lui a prodigués; M. Bivaud-Landrau ne peut comprendre l'engoiiment des médecins de la Belgique pour ce remède. J'ai vu, comme les praticiens qui précèdent, des accidents phlegmasiques de quelque gravité et souvent accompagnés d'œdème des paupières, à la suite de l'application de cette méthode, que je regarde comme bien moins utile que je ne l'avais pensé dans le principe. J'y ai même complètement renoncé depuis quelques années.
prophylaxie. — Le moyen préservatif par excellence consiste à éloigner, autant que possible, les sujets infectés de ceux dont les yeux sont dans les eondl-
1 Archives d'ophlhalmoloyie, t. Il, p. '29!>.
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lions normales. I, 'exécution pratique de cette mesure est essentiellement variable, suivant un grand nombre de conditions.
Si le mal existe dans une crèche, dans un hôpital, dans une maison de force, etc., un local spécial sera réservé aux granuleux.
Un enfant, dans une famille, est-il affligé de granulations, on le fera coucher fans un lit séparé, et, autant que possible, seul dans une chambre; l'on veillera à ce que les éponges, serviettes, etc. , dont il se sert habituellement, ne soient exclusivement affectées qu'à son usage.
Dès que des granulations auront été constatées chez un élève, dans un pensionnat, on ne saurait mieux faire que de le rendre à sa famille, jusqu'à guérison complète. J'ai souvent été consulte sur la question de savoir si un enfant, atteint d'un mal d'yeux, pouvait être admis dans une école, dans un ouvroir. Dès que je reconnais que le sujet est granuleux, ma réponse est toujours énergiquement négative.
Le fléau vient-il à exercer ses ravages dans une armée, il y a tout intérêt à se conformer au plan suivant tracé par le docteur Caffe, dans un mémoire qu'il rédigea, après avoir étudié, sur les lieux mêmes, en 1838, Fophthalmie qui désolait l'armée belge :
1" Diriger sur des dépôts les hommes atteints de granulations ; 2° Ne les réintégrer dans leurs corps respectifs qu'après leur avoir fait passer un certain temps, au sortir des dépôts, dans des compagnies d'attente, que l'on pourrait préposer à la garde des citadelles et des places fortes.
Le docteur Thiry insiste sur la nécessité d'exercer une surveillance rigoureuse pour que le linge, les vêtements, les objets de couchage soient toujours dans le plus grand état de propreté possible. Il recommande, comme mesures utiles une bonne aération et même le badigeon nage et la désinfection des locaux où auraient résidé des granuleux. Redoute-t-on la contamination granuleuse, il faut d après ce professeur, s'empresser de laver les yeux avec de l'eau de chaux' pour neutraliser, s'il en est temps encore, l'action pathogénique de la cause virulente.
Dans l'exploration des ophthalmiques, des sujets atteints d'écoulements aux parties génitales, et dans les opérations qu'on peut être appelé à leur faire subir, les médecins prendront les précautions utiles pour ne pas s'infecter euxmêmes. Tls adresseront des recommadations en conséquence aux personnes préposées aux soins de cette sorte de malades.
Article 4. — Ophthalmie purulente des nouveau-nés.
Si l'inflammation oculaire des nouveau-nés présente , dans quelques cas, les imptomes d une snnple conjonctivite bénigne , elle se montre, dans d'autres >e" '!S i,UurCS d une Plllo8'osc Purulente des plus sérieuses. Plus de la moitié
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