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LIVRE II. MALADIKS HU ULOHK 0GILA1KK

fort souvent acquis une intensité extrême au moment où l'on vient demander nos avis; que de t'ois même nous le trouvons inaccessible aux ressources de L'art! L'ophthalniie des nouveau-nés est , en effet, considérée comme de peu d'importance par les personnes étrangères à la médecine ; on l'attribue généralement à un courant d'air qui ne saurait avoir de suites fàcbeuscs. Des sagesfemmes, des médecins même partagent celle funeste erreur.

C'est presque constamment aux deux yeux que nous constatons la maladie dont il s'agit. Elle ne se borna à un œil que dans 7 cas sur une totalité de 300 enfants observés par le docteur Mildncr à l'hospice des Enfants-Trouvés de Prague. M. Dequcvauvillcr annonce que, lors de son internat à l'hôpital des Enfants- Trouvés de Paris, il fut à même de vérifier 140 fois l'état des yeux, quelques heures après l'invasion du mal. Chez 97 enfants, les deux organes étaient atteints; chez 24$ un œil était malade au début, mais son congénère ne tarda pas à le devenir; 19 fois l'ophtbalmie resta uni-latérale.

La conjonctivite des nouveau-nés s'offre à nous sous deux formes principales : tantôt c'est une ophthalmie catarrbale , tantôt une ophthalmie granuleuse ou contagieuse. Sous le rapport des symptômes, des causes et de la médication, les documents exposés aux articles I et 111 de cette section lui sont donc en trësgrande partie applicables. On a admis une troisième forme, dite diphthériUque ou pseudo-membraneuse, et sur laquelle nous devrons appeler l'attention du lecteur.

caractères anat omiques et PHYSIOLOGIQUES. — 1° Forme catarrhale. — Elle se montre habituellement dans la première semaine qui suit la naissance, parti us plus tard. Nous en avons généralement constaté l'invasion du troisième au sixième jour. Au début, les paupières sont très-légèrement tuméfiées ; leurs bords libres sont le siège d'un peu de rougeur , ils sont plus ou moins colla quand l'enfant s'éveille. Baron ajoutait beaucoup d'importance à la présence d'une ligne rougeàtre et transversale qui occupe le centre de la paupière supérieure, et qui s'étend parfois d'un angle à l'autre ; souvent, aux Enfants-Trouvés, il pronostiqua l'invasion prochaine d'une ophthalmie purulente sur le simple aspect de cette rougeur. Nous en avons fréquemment signalé la présence aux médecins qui fréquentent nos consultations cliniques ; elle a été constatée 95 fois sur 130 malades par M. Dequevauviller. Vient-on à renverser les voiles palpébranx, on trouve leur paroi interne injectée comme au commencement de toutes les conjonctivites catarrhales, et occupée par une petite quantité d'un mucus blanchâtre et lactescent. 11 arrive souvent que la démangeaison que le nouveau-né éprouve l'agace, provoque ses cris et donne des interruptions

à son sommeil. . ,

Dans la seconde période, tous les symptômes ont augmenté d'intensité, et

l'injection a largement envahi la conjonctive qui tapisse le bulbe. S'il arrive, dans quelques cas , que la paupière supérieure ne semble que médiocrement épaissie, elle est susceptible, dans d'autres, de subir un haut degré d'm fil tratwo œdémateuse et d'engorgement, et de se présenter sous forme d'une tumeur globuleuse, d'un rouge généralement peu foncé. Elle empiète fréquemment sur la paupière inférieure, qu'elle couvre même parfois complètement. Le voile supirieur est, dans cette condition , à peu près dénué de la faculté de se mouvoir.

GHAP1X&E 1. — OPHTIIALMIES. 2i7

Tente-t-on d'élever la paupière supérieure avec le doigt et de déprimer l'inférieure, elles se retournent, ce qui arrive quelquefois encore sous rinlluence des t ris ci des efforts de l'enfant; derix bourrelets rouges, garnis de papilles hypertrophiées, bourrelets formés par la muqueuse palpébralë et le repli rétro-tarsien, se dessinent alors le long de la fente inter-palpébrale effacée. On a comparé l'aspect que montre la conjonctive, dans cotte condition, à celui du rectum, quand sa membrane interne est refoulée circulairement au deliors, dans les efforts auxquels les entants se livrent pour aller à la garde-robe. Cet ectropion aigu de la paupière supérieure, et parfois des deux voiles, reste souvent dans la même position, jusqu'à ce qu'on ramène les parties à leur altitude naturelle. Dans d'autres cas, il n'est réductible que quand les symptômes inflammatoires ont subi un amendement notable. 11 faut considérer comme une circonstance heureuse le fait que les paupières ne subissent plus l'exlroveision qui vient d'être signalée. Il indique, en effet, la diminution de la tuméfaction conjonctivale et un commencement de résolution de la phlegmasie.

C'est par les désordres qui envahissent le miroir que périssent les yeux des nouveau -nés atteints de la maladie qui nous occupe, comme ceux des adultes en proie à une opbtbalmie purulente. Il est donc de règle de visiter constamment les cornées dans de telles circonstances. Par suite de la petitesse de ^ouverture palpébralë, du gonflement des paupières et dublépbarospasme, il arrive souvent qu'on ne peut démasquer la cornée en refoulant les voiles palpébraux avec les doigts seuls, le boursouflement conjonctival venant bien vite la dérober à nos regards. Il faut, dans ces cas, soulever la paupière supérieure avec un crochet plein, qui la fait chevaueber directement et de toutes pièces de bas en haut, la muqueuse restant accolée à la paroi postérieure du fibro-cartilaoe et le repli rétro-tarsien vers la cavité orbitaire. Quelques autres détails, relatifs à cette manœuvre, ont été exposes page 44.

Pendant que l'inflammation fait desprogrès, l'écoulement devient plus abondant et plus epa.s. Clair, purement muqueux au début, il passe ensuite, et quelquefois très-rapidement, à la couleur jaune plus ou moins foncée. Les paupières s agglutinent tellement pendant le sommeil, que force est, pour les décoller d humecter les mucosités concrétées qui les maintiennent adhérentes. Il résulte de J accumulation du mucus qui stagne entre les voiles palpébraux et le bulbe dans la cavité close qui provient de celte agglutination, qu'on croirait que l'œil a sub, une forte tuméfaction, parce que celte accumulation imprime aux paupières un gonflement d'autant plus prononcé qu'on est resté plus de temps sans nettoyer les yeux. Lorsqu'on sépare ces voiles, une forte quantité de matières s échappe brusquement de la fente inter-palpébrale ; elles se renouvellent même souvent a mesure qu'on les recueille sur une éponge. Les médecins, dans celle pl rauon, devront se mettre en garde contre l'éventualité d'une proiecl rs eurs yeux, d'un flot muco-puru.ent dont le .jet est sollicité par H£ Tu exercent, en sens contraire, les doigts de l'observateur, et par les conlr U des parères. C'est ce qui m'est arrivé quelquefois à moi-même Le chemosis, susceptible de sureir dans dp i«n.,- :

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sous-muqueux qui vient s'associer à l'intimation palpébrale. Si, le plus souvent, la cornée reste intacte, il peut arriver aussi qu'elle contracte une teinte opaline, qu'elle devienne le siège d'épanchements inter-lumcllaires, qu'elle subisse, en un mot, les mutations morbides de la période blennorrhoïque de la conjonctivite catarrhile.

Le professeur d'Ammon a remarqué que la perforation de la cornée, au lieu de débuter à la partie antérieure, de cette membrane, pouvait exceptionnellement commencer à sa face postérieure1. Chez un enfant qui venait d'être atteint d'une ophthalmie des nouveau-nés, et qui mourut, à huit semaines, avec une double synéchie antérieure, cet observateur trouva, à l'œil gauche, la membrane de Descemet ulcérée et l'entrée du canal cornéen plus ample que ne l'était le calibre du canal lui môme. 11 y avait là un vrai cul-de-sac, qui se terminait aux lamelles les plus externes du miroir demeurées intactes. A l'autre œil , la grandeur de l'orifice delà partie perforée et la diminution du calibre du canal, en se rapprochant de dedans en dehors des couches superficielles, rendaient plus que probable que la perforation s'était établie suivant le même mécanisme.

2° Forme granuleuse ou contagieuse.— Elle diffère essentiellement de celle qui vient d'être décrite par la présence sur la face interne des voiles palpébraux, de granulations symétriquement disposées et qui offrent les caractères déjà connus du lecteur. Elle est infiniment plus grave et d'une guérison plus épineuse que celle qui précède et qui affecte le plus communément la marche des conjonctivites de bonne nature, à moins de complications qui en prolongent le cours, ou la font exceptionnellement aboutir à une terminaison fatale : sujets malsains, influence continuelle d'agents délétères, privation de soins, médications vicieuses, etc.

La forme granuleuse présente généralement, dès ses débuts, une intensité effrayante. Si, dans quelques<cas,les paupières conservent leur altitude à peu près normale, nous les avons vues, dans d'autres, fortement tuméfiées et pourvues d'une coloration érysipélateuse. Tantôt il y a absence de chémosis, tantôt ce symptôme existe , et le plus habituellement à l'état phlegmoneux. Nageant dans-une forte masse d'un muco-pus sanicux, mêlé parfois de stries de saug, ou ] rougeâtre par suite d'une exhalation sanguine, la cornée est d'autant plus me-J nacée d'être corrodée par cet élément destructeur et de s'ulcérer, de se ramolli.-, de se perforer, qu'elle est délicate à cet âge et privée de la consistance qu'elle doit avoir un jour. C'est la forme dont il s'agit ici qui engendre le plus souvent des opacités incurables, des staphylômes et la phthisie du globe.

30 Forme diphthéritique ou pseudo-membraneuse.— 11 résulte des observations de M Chassaignacqùe, lorsque, chez les nouveau- nés atteints d'ophthalmic purulente, les paupières ont été préalablement écartées, et qu'on dirige un jet d'eau froide sur la conjonctive, le premier effet du courant est de balayer les matières qui convient la muqueuse. Si l'on continue la douche, on constate, au bout d'un certain temps, l'existence d'une toile fine, demi-transparente, dont 1 irngj lion commence à détacher les bords. Elle devient opaque et d'autant plus épaisse quele lavage est plus prolongé. On arrive ainsi, par la seule action de 1 eau. a

1 Annales tfoçulistiquc, 1. XXVII, p. 29. *

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