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CHAPITRE I. — OPHTHALMIES. 96 i

péepardes exsudations desséchées, la cornée l'orme uni' saillie insolite par suite de l'atfaissetnenl de la coque fibreuse qui la côtoie, Kilo conserve même cette proéminence après que les épanchemenls qui oui pénétré sa substance se sont concrètes, côhditionqui fournit au globe, un aspect pyriforme.

11 faut se garder de confondre la forme morbide qui vient d'être décril^ayei les congestions partielles, papuleuses ou pustuleuses, susceptibles d'envahir la conjonctive scléroticale. Une cause Iraumatique parait en avoir été le point de départ chez plusieurs dénies malades. Elle se développe presque constamment sans cause appréciable. Les sujets tuberculeux y seraient prédisposés, d'après M. Pilz.

traitement. — Les symptômes précédemment relatés mettent sur la voie d'indications thérapeutiques qui varient. Une zone radiée péri-kéralique profonde \ ient-elle s'associer à une injection superficielle, ce phénomène dénote qu'il y a plus qu'une conjonctivite simple; les tissus internes du globe sont menacés ; il y a surtout imminence de kératite. Les astringents, dès lors, seront bannis de la médication, qui se composera principalement des éléments curatifs des inflammations cornéennes.

La forme compliquée de choroïdite partielle antérieure réclamera la mise en œuvre du traitement des choroïdites. Les instillations mydriatiques présentent ici une utilité réelle en prévenant les synéchies postérieures et en imprimant au globe une détente salutaire. Quelques expédients curatifs, qui seront mentionnés au chap. III (sect. 1) de ce livre, pourraient offrir des indications dans les cas où la protuhérance tendrait à se convertir en staphylôme. Les désordres inflammatoires pourvus d'une faible intensité semblent-ils peu enracinés, il est permis d'essayer le traitement de la conjonctivite, tout en ayant en vue la souffrance des membranes internes de l'œil. C'est ainsi que je suis récemment parvenu à guérir au bout de deux mois une jeune dame chez laquelle l'un de mes confrères avait diagnostiqué une sclérotite grave. J'employai le collyre de borax, auquel je substituai plus tard des solutions tanniques et le collyre de Conradi. Toutefois, les dérivatifs intestinaux et cutanés et le calomel à doses altérantes me parurent, dans l'espèce, avoir contribué le plus au rétablissement de la malade.

INFLAMMATION DE LA CORNEE (KÉRATITE, CORNETTE).

Si, comme nous l'avons admis, la cornée est dépourvue de vaisseaux après la vie fœtale, il faudrait théoriquement on conclure que l'inflammation ne peut l'atteindre. Le docteur Broca a même proposé de rayer le mot kératite des cadres nosologiques. L'observation démontre cependant que des lésions phlegmasiques variées et fréquentes sont susceptibles de l'envahir, et à cet égard les propositions suivantes, formulées par MAI. Dcuonvilliers et Gosselin, reçoivent chaque

jour la sanction de l'expérierjge clinique. « 11 semblerait, disent-ils que, dans une membrane ainsi constituée, les mouvements de composition et de décornposition devraient être lents, la vie peu active, les altérations rares, et que la si i n pl ici ii; d'organisation de la cornée àe\ rail la garantir contre le développement des lésions pathologiques. Il n'en est rien pourtant, et l'on y observe avec une physionomie particulière, à la vérité, la plupart des désordres qu'on a coutume de rapporter à l'inflammation } savoir: les dépôts plastiques ou purulents, les phlyetènes, les abcès, les ulcères, les perforations , les fistules, etc. On y voit même îles injections vasculaires plus ou moins étendues, soit que des vaisseaux trop petits pour être aperçus à l'état normal se soient, par suite de la maladie, hypertrophiés au point de devenir visibles, soit que des vaisseaux nouveaux aient pris naissance dans les tissus malades. »

caractères an atomiques. — La localisation des désordres inflammatoires capables d'atteindre la cornée permet de les diviser en quatre groupes, dont la distinction satisfait l'esprit au point de vue du diagnostic, et met sur la voie d'indications curatives importantes.

Dans la kératite antérieure ou superficielle , l'inflammation a pour siège l'enveloppe épithéliale de la cornée.

Dans la kératite moyenne ou interstitielle , elle attaque le parenchyme intermédiaire aux deux surfaces de la membrane.

Dans la kératite postérieure ou -profonde, elle réside dans le feuillet antérieur de la capsule de Descemet.

La quatrième forme enfin {kératite mixte) résulte de l'association de deux de ces types primordiaux ou des trois en même temps, dans une région plus ou moins étendue.

jo Kératite antérieure ou superficielle (kérato-conjonctivite , kératite conjonctivale). Ses deux traits caractéristiques sont la vascularisatiou et un aspect trouble de la superficie de la cornée. Rares ou confluents, les filets sanguins qui la sillonnent sont plus ou moins déliés, plus ou moins ramifiés. Ils suivent une marche généralement tortueuse et convergent par leurs sommets vers le centre kératique, à l'instar des rayons d'une roue. Une teinte terne, nébuleuse , analogue à celle que contracte une glace qui vient d'être mise en rapport avec I haleine, occupe superficiellement une partie plus ou moins étendue de la cornée, qui offre presque constamment en outre des régions où l'opacité est plus concentrée que dans le reste de la membrane. Il n'est pas rare qu'elle présente un aspect chagriné et comme piqueté ou sablé , c'est-à-dire qu'elle soit parsemée d'une infinité de très-petites saillies demi-opaques. La condition locale de ces aspérités doit être attribuée à des soulèvements de I epitl.élium par une exsuda tion très-probablement liquide ou demi-liquide.

2° Kératite moyenne ou interstitielle (kératite parenchymateusc). La coloration que montre cette forme, tantôt diffuse ou partielle et tantôt générale, a été comparée à la teinte de la pierre à fusil. Dans quelques cas, une multitude de points blanchâtres, d'un gris cendré ou jaunâtres, se groupent et se réoiussenJ

i Dcnonvillicrs cl (Josscdin, Traite des maladies des yeux, l'aiïs, ISoo, p. io<5

CHAB1TRE t. — OI'H I maimif.s. 269 pour donner lieu à des plaques de configuration variable; dans d'autres, ils constituent par leur agglomération une matité uniforme. Telle est h kératite disséminée des auteurs. Des épanchements de lymplic plastique, Vonyx ou abcès inter- Janiellaive, sont susceptibles de surgir dans de telles conditions.

3» Kératite postérieure ou profonde (kératite séreuse). Un grand nombre d'oculistes admettent l'inflammation de la membrane de l'humeur aqueuse. Telle est la descemôtite, l'aquo-capsulite (Mackenzie), Vhydato-capsulitc, l'hydro-capsulite, l'hydro- méningite (Fischer, Jftngken), l'hydatitis. Van-Onsenoort appelle hydatitis anterior ou cornealis la phlegmasie du feuillet de la capsule de Dcscemet accolé à la cornée; l'hydatitis posterior ou iritica, du même oculiste, consiste dans la souffrance du segment iridien de cette même capsule.

I /obscurcissement qui caractérise l'inflammation du feuillet kératigue de la membrane de Deseemet présente, d'après les auteurs, un trouble généralement léger, qui occupe la surface postérieure de la cornée, tandis que le brillant extérieur de celle-ci n'a point subi d'altération. Pour bien apprécier les conditions morbides localisées dans les couches profondes du miroir, on doit explorer ce dernier de profil et non de face. Il faut noter surtout, phénomène qui se montre très-souvent à l'observation, que la partie malade est susceptible d'offrir çà et là des points opaques, tantôt isolés, tantôt groupés sous forme d'îlots (kératite ponctuée). Une nébulosité laiteuse de la face concave de la cornée tiendrait à l'épaississement de la membrane de Deseemet, d'après Tyrrell, tandis que les taches isolées dépendraient de dépôts de lymphe plastique. L'opacité pointillée, qui constitue la kératite dite ponctuée, n'a pas pour siège exclusif les parties profondes de la cornée; la lame conjonctivale et la substance interstitielle peuvent offrir une disposition analogue. Je la rencontre parfois encore simultanément localisée dans plusieurs des couches du miroir. J'ai vu la présence sur la cornée de flocons muqueux disséminés çà et là en imposer pour une kératite ponctuée. Il est facile de dissiper toute erreur en passant sur la cornée la paupière supérieure, afin d'entraîner les obstacles qui la couvrent.

Le feuillet kératique de la capsule de l'humeur aqueuse est susceptible, sans aucun doute, d'être frappé de phlogose, comme tous les tissus anologues de l'économie; mais peut-elle y exister sans participation de la cornée à ce travail? Tandis que Wardrop et plusieurs oculistes penchent pour l'affirmative, d'autres, à l'opinion desquels nous nous rangeons, professent que les couches voisines du miroir doivent être, dans de telles circonstances, plus ou moins envahies. Il y a mieux : quand je constate un pointillé opaque qui paraît résider dans le disque postérieur de la cornée, je ne manque pas de diriger mes regards vers l'iris; il est rare que la présence d'une synéchie postérieure ne vienne pas démontrer que le diaphragme oculaire est simultanément atteint. Il existe même dans quelques cas une irido-choroïdite manifeste.

J'ai entendu dire à Jaeger père que la descemétite antérieure était infiniment moins commune qu'on ne le prétend en Angleterre, et qu'elle ne saurait longtemps exister à l'état isolé, c'est-à-dire indépendamment de toute inflammation eirconvoisine , car elle se propage bien vite à la cornée. 11 arrive alors, d'après ce professeur, ce qui survient dans les phlegmasies des séreuses, phlegmasies

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