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LIVRE H. MALADIFS DU CLOUE QOVL A I KK

qui gagnent les organes qui leur sont contiguB. C'est ainsi que l'inflammation des méninges s'étend au cerveau el celle de la plèvre au poumon.

'(" Kératite résultai de la fusion des types qui précèdent (kératite mixte). En ayant égard, d'une part, aux signes objectifs de la kératite antérieure, et surtout à la vascularisation superficielle, el en tenant compte, d'autre part, d'opacités plus profondes, d'ulcérations plus ou moins creuses , désordres qui résident dans là substance propre du miroir, on arrive facilement à Déterminer que l'élément conjonctival et l'élément interstitiel sont [envahis. Les couche- anlérieure et moyenne sont-elles compromises, on ne peut constater les conditions de la face concave, souvent plus ou moins atteinte.

La zone radiée profonde , qui ceint la cornée d'un disque vasculaire fixe et immobile (p. 204), s'observe notamment dans la kératite interstitielle, dans la kératite profonde et dans la forme fusionnée de l'inflammation cornéenne.

Quelques particularités anatomiques ont donné lieu à l'admission de certaines variétés qui demandent ici quelques développements.

Kératite vasculaire. — Les vaisseaux qui se rendent à la cornée frappée de phlogose se comportent de différentes manières. Dans la kérato -conjonctivite simple, c'est-à-dire bornée à la surface épithéliale de l'organe, la vascularisation, tantôt irrégulière, tantôt plus ou moins fasciculée, n'émane que de la conjonctive scléroticale (kératite vasculaire superficielle). On ne distingue quelquefois qu'un vaisseau qui chemine sur le devant de la cornée. Dans les kératites interstitielles et profondes, ce sont surtout les sources vasculaires de la couche cellulaire sous-conjonctivale qui alimentent le tissu malade. Les vaisseaux , dans les inflammations qui intéressent le parenchyme de la cornée, peuvent pénétrer dans ce dernier (kératite vasculaire profonde), y donner lieu à des ramifications multiples et aboutir à des suffirions lymphatiques ou puriformes. Je vois souvent une nappe vasculaire épaisse et pyramidale qui vient s'arrêter à un épanchementkératique. Parfois encore, circonstance beaucoup plus rare, des sull'usions sanguines transsudent entre les extrémités les plus déliées des vascularisation s.

La kératite dite panniforme a pour trait caractéristique la présence de \ aisseaux confluents sur la surface du miroir. L'exagération de cette condition, tantôt sur toute la continuité (kératite vasculaire générale), tantôt sur une région plus ou moins bornée de la cornée (kératite vasculaire partielle), a été désignée par la dénomination de pannus.

k ératites phlycténulaire et pustuleuse. — Au lieu d'apparaître près du bord ou sur le bord même de la cornée, une phlyclène, une pustule peuvent avoir pour siège une partie quelconque de l'étendue de cette membrane. Cette forme es! surtout commune chez les jeunes sujets lymphatiques, d'où le nom de kératite scrofuleuse ou strumeuse, sous lequel on l'a généralement désignée. C'est l'herpès, l'eczéma de la cornée, la kératite éruptive de quelques oculistes, ceux-ci voyant dans un tel processus morbide une maladie qui, comme plusieurs affections cutanées , offre un développement vasculaire associé à une éruption vésiculeusc ou pustuleuse.

D'un volume moindre .pie celui des puslules, el remplies d'un fluide aqueux

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et transparent ou très-légèremenl trouble, tes phlyctènes no sembleril le plus souvent constituées que par l'épithélium qui garnit la face antérieure de la cornée. Dans d'autres cas , notés plus particulièrement par M. de Gra'efë, ces vésicules se composent du feuillet épithélial, do la lame élastique antérieure dé Bowman et d'une couche mince de la substance sous-jaccnle de la çomée. Associées à une photophobie pénible et apparaissant dans le cours de quelques kératites interstitielles, les vésiçnles de ce genre ne surviennent, eu général; d'après le dernier auteur, que quand le processus tend à gagner la surface antérieure du miroir et à pendre sa forme primitive purement parenôhymateuse.

11 est digne de remarque que les pustules qui régnent sur la cornée sont communément plus petites cpie celles qui se montrent aux limites de cette membrane ou plus en dehors. Ce phénomène peut s'expliquer par les adhérences relatives delà conjonctive cornéale et de la conjonctive scléroticale. Un tissu, intimement soudé aux parties sous-jacentes, doit naturellement se laisser moins facilement soulever par un liquide quelconque qu'une membrane dont les cohésions celluleuses sont fort appréciables. Les pustules cornéennes reçoivent le plus habituellement, comme celles dont il a été précédemment question, un pinceau vasculaire constitué par des vaisseaux dilatés. L'ensemble de ceux-ci peut ne point offrir une configuration bien tranchée; il affecte, dans d'autres cas, une forme triangulaire. 11 arrive quelquefois que la présence d'une ou de plusieurs pustules qui cotoyent le limbe kératique se joint à celle d'éminences analogues développées sur la cornée.

Les pustules du miroir de l'œil peuvent se dissiper par l'absorption du fluide qu'elles contiennent, en laissant une opacité qui résulte de l'infiltration d'une lymphe eoagulable, laquelle est susceptible de disparaître. Elles se perforent dans d'autres cas, et aboutissent à la forme ulcéreuse.

Kératite suppurative ou purulente (kératite plastique. Epanchements et abcès de la cornée). On donne plus particulièrement le nom d'épanchements à des dépôts peu copieux d'une lymphe concrescible accumulée dans le parenchyme de la cornée ; on les qualifie du nom d'abcès quand la collection est abondante. Ceux-ci ont été divisés en superficiels, moyens ou profonds, d'après leur siège plus ou moins éloigné de la surface antérieure du miroir; on les a encore appelés sous-conjoncti vaux, inter-lamellaires ou sous-aqueux, suivant qu'ils régnent sous l'épithélium, dans les parties moyennes de la cornée ou entre ses couches postérieures et le segment antérieur de la capsule de Descemet. Une matière épaisse et visqueuse entre dans leur composition. Cette matière est-elle du pus? La cornée, en d'autres termes, est-elle susceptible de devenir le siège d'une suppuration véritable? C'est là, d'après M. Vêlpeau, une dispute de mots sur laquelle il n'y a guère lieu de discuter. Quelle que soit la dénomination qu'on assigne à la substance épanchée, la collection existe indubitablement, et elle est pourvue de caractères qui lui sont propres. Chaque tissu suppurant, pour ainsi dire, à sa manière , il en résulte que le pus engendré par la cornée offre certaines qualités particulières, de même qu'il existe des différences entre la suppuration de§ membranes séreuses et muqueuses et celle du tissu cellulaire et de i enveloppe cutanée.

La configuration des épanchements qui nous occupent n'esl sujette qu'à dos variations peu nombreuses. Ce sont des plaques blanchâtres ou jaunâtres, affectant presque constamment, une forme arrondie. Petite au début, la lacheaugraenle graduellement d'étendue à mesure que la matière qui la constitue devient plus abondante. Parfois deux, ou trois collections se fusionnent pour n'en former qu'une seule. Il peut arriver encore qu'un amas s'établisse vers le centre de la cornée ou sur un point quelconque de son parcours , la matière morbide s'infiltrant ensuite de haut en bas jusqu'à ce qu'elle soit arrêtée par le bord inférieur de la membrane, d'où il résulte que le Iluide. puriforme occupe une surface plus grande que celle qu'il avait d'abord . C'est à cette espèce d'abcès par congestion que \ des auteurs ont donné le nom d'onyx (unguis, ungula corneœ), tandis que d'autres désignent par cette qualification tout épanchemenl inter-lamellaire situé près la sclérotique, et en forme de croissant, configuration ayant quelque analogie avec la plaque blanchâtre que nous montre la racine des ongles. Nous nous rangerons à l'opinion généralement admise, et qui assigne le terme d'ï>nv\ à toute collection un peu abondante de la cornée, quel qu'en soit le siège. Les dépôts périphériques annulaires qui peuvent venir compliquer d'une manière si 'grave les ophthahnies purulentes ont déjà été signalés à l'attention du lecteur.

Un abcès qui s'ouvre à l'extérieur donne lieu à un ulcère de la cornée ; se videt-il en dedans, il en résulte un hypopyon; se perfore-t-il et à l'extérieur et à l'intérieur, il produit une fistule de la cornée. Si les collections de ce genre s'évacuent plus fréquemment au dehors que vers les chambres oculaires, le phénomène tient très-probablement au défaut de résistance en avant, condition qui, associée aux contractions des muscles oculaires, favorise surtout dans ce sens la rupture de la membrane. Souvent l'abcès se résorbe, soit en totalité, suit en • partie. Dans le premier cas, la cornée peut reprendre sa transparence naturelle ou devenir, dans le point qu'occupait le foyer, le siège d'une cicatrice interstitielle qui oppose plus ou moins d'obstacle à la vision. Dans le second cas, la portion la plus fluide du dépôt est absorbée, tandis que la portion la plus épaisse concrète et se dessèche , d'où une variété d'albugo qui a reçu le nom à' onyx exsiccatus. Il arrive parfois encore que la fonction visuelle soit abolie par un staphylôme, par une destruction suppurative de la membrane (phtbisie de la cornée de quelques auteurs).

Kératite ulcéreuse. — Cette forme morbide se présente très-souvent dans la pratique. Sur un total de 6744 individus observés par Saunders à l'infirmerie ophthalmique de Londres, -1983 offraient des ulcérations à la cornée (Rognetta). Ces dernières sont superficielles ou profondes; on les a encore divisées en anticornéales, inter-lamellaires et rétro-cornéalcs. Tantôt, en effet, les ulcères de la cornée sont le résultat d'une destruction partielle de l'épithélium et dos éléments les plus antérieurs du miroir, tantôt ils empiètent sur ses couches moyennes; dans d'autres conditions infiniment plus rares, ils n'occupent que le feuillet corn'éen de la capsule de l'humeur aqueuse elles parties adjacentes.

On entend sous la dénomination de facette une sorte d'usure de quelques portions superficielles de la cornée dans un point circonscrit. Ces dénudations sont plates ou à peu près plaies, et presque constamment arrondies; leur Iran-

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