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CHAPITRE I. — 0PHTHALM1ES

malade sera exposé à voir les objets défigurés et multiples, à cause des réfractions complexes que ces inégalités impriment aux rayons de lumière.

La photophobic ne manque qu'exceptionnellement dans la kératite. On peut admettre comme règle générale qu'elle est le symptôme le plus constant de cette affection, bien qu'elle soit susceptible de sévir à des degrés variables. Nous la voyons journellement décliner d'une manière remarquable, quand les ulcérations se couvrent d'un produit plastique. Lorsqu'on est consulté pour un enfant atteint d'intolérance de la lumière, on peut généralement diagnostiquer d'avance, sans même visiter les yeux, qu'il y a chez lui kératite ou imminence de cette lésion; la maladie dès lors, sauf les cas d'ophthamo-blennorrbéc, réclame le traitement des phlegmasies cornéennes. La photophobie est souvent telle que les jeunes malades renoncent aux jeux qui leur sont familiers et songent' plutôt à combiner leurs efforts de manière à éviter l'impression des rayons lumineux. Us se couchent dans leur lit sur la face, inclinent la tête contre leur poitrine, appuient leurs bras contre leurs yeux; ceux-ci ne s'entr'ouvrent que le soir, ou quand l'enfant s'est réfugié dans un coin obscur de l'appartement où il réside.

Au blépharospasme il faut joindre un degré plus ou moins avancé de larmoiement, qui se manifeste notamment quand on cherche à explorer les yeux en présence d'une lumière vive, souvent même à un jour assez faible. 11 est digne de remarque qu'il n'existe très-fréquemment aucune proportion entre l'intensité du blépharospasme et les conditions phlegmasiques de l'organe. Dans beaucoup de cas, en effet, l'aversion pour la lumière est excessive, tandis que la conjonctive est à peu près dénuée d'injection et qu'on trouve sur la cornée une opacité à peine appréciable. Un œil est-il seul photophobe, l'enfant penche d'ordinaire la tête sur le côté qui correspond à l'organe affecté, habitude qui, par suite d'ophlhalmics opiniâtres -uni-oculaires, a parfois entraîné la production d'un torticolis chronique ^et d'une déviation latérale de l'épine.

J'ai vu, dans le cours de quelques kératites, survenir des douleurs vives, qui se manifestaient par crises périodiques à une heure déterminée de la journée. Tantôt les souffrances restaient localisées dans l'œil seul (névralgie ciliaire),' tantôt elles s'irradiaient dans les branches de la cinquième paire et surtout dans la direction des rameaux du nerf frontal. Généralement, toutefois, la douleur est peu intense dans la kératite. Elle peut être vive au début, puis diminuer insensiblement.

Quelques malades deviennent myopes, après avoir souffert longtemps de kératite La cornée est-elle le siège d'une opacité qui empiète sur le centre pupillaire, la myopie s'explique par la présence de ce voile morbide qui dérobe aux yeux l'aspect des objets éloignés, La myopie consécutive à l'inflammation de la cornée peut dépendre encore d'une certaine conicité de cette membrane altéra- «on établie sous l'influence d'un défaut de cohésion dans l'économie du miroir lequel a momentanément perdu le pouvoir de contre-balancerintégralement l'action des muscles oculaires. o^iemcni i ac-

co„PLICATIONS L'hypopyoa ou l'hypolympha est l'une des complications le Plus communes de la kératite. Nous mentionnerons encore le kérioellê^ les

perforations du miroir avec les procidences indiennes qui peuvent en être la suite. Dans la kératite, les bords palpéhraux ne sont agglutinés, le matin, par un mucus durci (pic quand un certain degré de conjonctivite ou de blépharite vient s'associer à la souffrance cornéenne. Celle-ci est susceptible encore de s'allier à l'irilis (kéralo-iridite).

MARCHE^ durée, terminaisons. — L'affection qui nous occupe doit être placée dans le cadre des inflammations sérieuse» du bulbe oculaire. La gravité est subordonnée surtout au degré d'intensité de la phlogosc, aux conditions des désordres localisés devant la pupille et aux complications qu'elle peut offrir. S'il arrive très-fréquemment qu'on en obtienne la guérison par résolution et sans trace aucune des accidents qu'on a eu à combattre, fréquemment aussi des mutations de toute sorte (taies, slaphylômes, synéchies, etc.) dénaturent l'économie de l'organe et en altèrent les fonctions. C'est notamment cbez les enfants strumeux que la kératite affecte une allure désolante par sa lenteur et sa chronicité,; Elle peut durer des mois, des années, les améliorations, les guérisoiis même étant sans cesse sujettes à des exacerbations et à des récidives qui finissent souvent par. plonger les malades dans un état voisin de la cécité ou entraînent la perte de l'organe .

étiologie. — La kératite attaque les individus de tout âge et de tout sexe. Si elle sévit plus particulièrement chez les enfants, il faut surtout en chercher la cause dans la texture de la cornée molle et spongieuse à cette époque de la vie, condition qui lui permet de se laisser plus aisément pénétrer par le sang et les matières albumineuses et lymphatiques.

Il résulte du mécanisme qui préside à la constitution des kératites, dites secondaires, que toutes les causes d'ophthalmie externe sont aussi des causes de phlegmasie cornéenne. C'est par la cornée que périssent les yeux atteints de conjonctivite puriforme des nouveau-nés, d'ophthalmie blennorrhagique et d'autres ophthalmo-blennorrhées aiguës.

L'introversion des cils, dans le trichiasis, dans l'entropion, peut amener la souffrance de la cornée par suite du froissement qu'elle en éprouve. Il en est de même de certaines tumeurs susceptibles de se développer vers la paroi muqueuse ou le bord libre des paupières (granulations, grêlon, etc.). Dans l'ectropion, dans le lagophthalmos, la cornée, exposée à l'impression des agents extérieurs, peut à la longue être frappée de phlogose.

Les blessures de l'œil par un corps contondant, qui a frappé violemment 1 organe, engendrent d'ordinaire des inflammations cornéennes plus graves que celles que déterminent des corps tranchants ou piquants. Les ulcérations de la coruée sont parfois produites par un instrument tranchant ou aigu qui en a soulevé et détaché partiellement la substance.

Quelques documents, qui seront fournis dans la suite de ce travail (> oy. chap. IV de ce livre, sect. v), élucideront la proposition suivante émise par M. Mackenzie. « Comme il est bien connu que, chez les animaux, la division de la cinquième paire de nerfs produit l'inflammation, l'opacité et l'ulcération de la cornée, on peut se demander jusqu'à quel point, chez l'homme, la cornéite peut dépendre d'une affection de ce nerf. Les recherches expérimentales démontrent

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