CHAPITRE I. OPHTHALMIES
point de départ et la condition de persistance delà lésion qui nous occupe. Quelquefois, par exemple* il faudra remédier à une introversion ciliairc. La complication granuleuse sera soigneusement recherchée , en présence surtout d'une vascularisation du segment supérieur de la cornée, et on la combattra par des moyens appropriés. Les solutions de nitrate d'argcnl peuvent être ici d'un précieux secours; nous les avons vu réussir dans des cas même où des ulcérations de la cornée étaient associées à l'inflammation de son enveloppe épi théliale.
La kératite parenchymateuse aiguë répugne à l'emploi des collyres astringents, comme le sulfate de zinc ou de cuivre , etc. , et demande à être traitée suivant un grand nombre de conditions liées surtout à l'âge du sujet et à l'intensité plus ou moins vive des accidents phlegmasiques.
S'agit-il de la combattre chez les enfants , ce qui arrive si souvent dans la pratique ophthalmologique, il faudra, dans les cas très-graves, avoir recours à quelques sangsues, qu'on posera derrière chaque oreille , si les deux yeux sont pris, derrière l'oreille du côté affecté, si la kératite est uni-oculaire. Il y aura lieu de s'en abstenir en présence d'une constitution cachectique. Lawrence fait observer que , dans l'ophthalmie des scrofuleux , la nécessité de l'application des sangsues ne doit pas être toujours basée sur la douleur et la sensibilité des yeux, car l'expérience prouve que les évacuations sanguines exaspèrent parfois cette irritabilité. Je leur préfère , dans les cas les plus habituels , une dérivation momentanée, qu'on établit derrière les oreilles avec une pommade épispastique. ( page 140). Il sera surtout opportun d'y recourir quand la phlogose semble avoir pourpoint de départ la suppression d'un écoulement qui était fixé derrière les oreilles. A-t-elle succédé à la cessation d'un impétigo, d'une gourme du cuir chevelu, il sera préférable de porter la stimulation révulsive sur cette dernière région par les moyens déjà connus du lecteur.
Les frictions plus ou moins répétées sur le front, avec l'onguent napolitain belladoné (page 120 ), sont considérées comme fort efficaces par la plupart des ophtalmologistes. Comme M. Arlt, nous lui substituons fréquemment, surtout dans la pratique civile, une pommade composée de précipité blanc , d'extrait de belladone et d'axonge. Nous avons rencontré des malades chez lesquels cette préparation était parfaitement tolérée , tandis que l'onguent napolitain donnait heu à des accidents précédemment mentionnés.
Le calomelà doses altérantes est l'un des éléments les plus utiles de la médication des kératites intersticielles (page 419). On peut l'associer à la rhubarbe, au soufre doré d'antimoine (poudre de Plummer). Sa combinaison avec la belladone est surtout utile en présence d'un violent éréthisme de l'organe.
La kératite intense des adultes réclamera' l'intervention des saignées capillaires par les ventouses scarifiées ou les sangsues. Nous avons vu une seule application de cesannélides être suivie d'une amélioration qu'on cherchait vainement à obtenir par d'autres moyens. La phlébotomie générale ne nous a presque jamais paru nécessaire. Les cataplasmes sinapisés aux jambes, les frictions stibiées à la nuque (page 140), les purgatifs et les hydrargyriques, sous les formes indiquées tout a 1 heure, seconderont avec efficacité les efforts de l'homme de l'art Dans les cas surloutoùquclque circonstance s'opposerait à la continuation des mercuriaux-.
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il ne faudrait pas oublier le tartre stibié à doses altérantes (page 122), le nitrate de potasse (page 423), la teinture de semences de colchique et les onctions sui le front avec les pommades cuivreuses (page 122 ).
Il est aujourd'hui bien démontré que les instillations d'une solution de sulfate d'atropine favorisent la guérison des idcérations de la cornée ; le phénomène peut s'expliquer par un alïïiiblissement et un relâchement anesthésique qui s'empare des muscles oculaires, d'où une sorte de détente de la coque scléroticale et une compression moindre sur la face postérieure de la cornée. 11 y aura surtout urgence, au point de vue de la possibilité d'une hernie indienne, de recourir aux collyres mydriatiques, dans les cas d'imminence de perforation de la cornée vers sa partie moyenne.
Quelque soit l'âge du sujet, dès que les accidents inflammatoires se sont amortis, nous prescrivons le collyre au borax , faible d'abord, et ensuite plus énergique. Les ulcérations frappées d'une atonie qui contrarie leur cicatrisation seront excitées par des solutions d'extrait gommeux d'opium (page 157), et plus tard par le laudanum de Sydenham, qui sera coupé, dans le principe, d'une certaine quantité d'eau. Les collyres aloétiques ( de 10 gouttes à 1 gramme de teinture d'aloès pour 30 grammes d'eau), ceux au sel marin (page loi), et le collyre de Conradi se sont montrés utiles dans les cas de ce genre. Les épanchements interlamellaires lents à se résorber, les kératites vasculaires et panniformes chroniques trouvent dans ces mêmes topiques, ainsi que dans le collyre de pierre divine laudanisé ( page 150), une stimulation salutaire.
Les pommades à l'oxyde rouge de mercure sont d'excellents modificateurs dans les kératites subaiguës et chroniques. Nous commençons habituellement par un mélange de 15 centigrammes de précipité rouge, 5 centigrammes de camphre et 4 grammes d'axonge, pour introduction tous les soirs entre les paupières; le malade', le lendemain à son lever, se lave les yeux avec de l'eau tiède. Le camphre est parfois remplacé dans cette préparation par 10 centigrammes d'extrait gommeux d'opium, ou par 10 ou 1 5 gouttes de laudanum de Sydenham. Nous avons donné des soins à des malades dont les cornées, frappées d'ime opacité presque absolue, avec continuation même de conjonctivite et de photophobie, n'étaient plus susceptibles de recevoir aucun secours des antiphlogistiques, des mercuriaux, des dérivatifs, etc., quand, changeant de médication et prescrivant les pommades rouges, nous avons vu les yeux revêtir un tout autre. aspect et la cornée s'acheminer peu à peu vers sa diaphanéité primitive. Les pommades à l'oxyde rouge, associées aux fumigations avec des infusions aromatiques, nous ont rendu service dans les kératites torpides (page 174). On se trouve bien, dans certains cas, de l'emploi d'une de ces pommades, le soir, et d'instillations laudanisées qu'on pratique le lendemain matin entre les paupières.
Quelques autres ressources , les unes médicales, les autres du ressort de la chirurgie, nous paraissent mériter des explications spéciales.
Antiphotophobiqucs. -Nous voyons journellement l'intolérance de la lumière et le blépharospasme se perpétuer chez quelques malades, alors même que toute rougeur, que tout signe appréciable de phlcgmasie semblent avoir disparu. CeJ contre cet éréthisme, qui surgit par suite d'ophtbalmics opiniâtres, et de la ke-