‹ Traité théorique et pratique des maladies des yeux [electronic resource]Chapitre 127 sur 501 · CHAPITRE [. — OPHTHALMIES · texte numérisé non relu

CHAPITRE [. — OPHTHALMIES

cle nuageux. Il résulte, en outre, du boursouflement inflammatoire cl desépan • Ghemepts de l'iris que sa surface antérieure bombe en avant, disposition qui Rétrécit la chambre antérieure.

Troisième degré. — H se résume dans l'exaspération des phénomènes qui viennent d'Être exposés. L'iris, dont la structure fibrillairc a disparu, est parfois couvert d'un exsudât floconneux qui le masque de telle sorte qu'on dirait qu'il a été barbouillé avec de la colle. L'accumulation de la sécrétion lymphatique

: dans la pupille est l'accident qui rend surtout l'iritis si fatale à l'organe visuel.

; Souvent l'amas plastique y apparaît sous forme d'une tache grisâtre, qui interrompt complètement le passage des rayons de lumière.

Un hypolympha peut se manifester dans l'iritis, par suite du dépôt de produits albumineux dans la partie déclive de la chambre antérieure. Les abcès de l'iris (kystes purulents de Beer) semblent rares; des hypopyons ont été attribnés à leur rupture ; quelques cas de décoloration partielle et profonde du diaphragme oculaire ont été rapportés à la préexistence de tels abcès. On lit, au tome XL1V des Annales d'oculistique, et sous le titre de tumeur furonculaire de l'iris, une observation du docteur Fario, dans laquelle il est question d'un homme chez qui une éruption furonculaire générale se déclara à plusieurs reprises, à la suite d'une fièvre intermittente. Le malade fut tourmenté, pendant cinq mois, par une névralgie violente de la cinquième paire droite, qui se renouvelait toutes les trois ou quatre semaines, et était associée à une vive inflammation de l'œil correspondant. Une tumeur, grosse comme un grain de millet et qui se manifesta sur le bord inférieur de la pupille, au déclin de ces accès, creva par quelques instillations mydriatiques, et donna issue à un filet de matière noire qui

i resta adhérent plusieurs jours aux lèvres de la plaie, puis tomba dans la cham-

1 bre antérieure, où il se résorba. Au bout de quinze jours, il ne restait de cette tumeur qu'une petite saillie blanchâtre. On a aussi parlé d'ulcères, qui auraient pour siège la cloison indienne, phénomène que le docteur Frœbelius (de Saint-

! Pétersbourg) prétend n'avoir guère rencontré que dans l'iritis syphilitique.

La couronne radiée de la sclérotite zonulaire vient s'associer à un grand nombre d'mtis. D'autres, les plus intenses surtout, présentent un anneau bleuâtre ou ardoisé (cercle arthritique de Beer), qui, large d'un millimètre environ, côtoie et enchâsse la cornée à ses limites scléroticales. Eble l'attribue h une turgescence congestive du corps ciliaire, devenu visible à travers le bord antérieur de la sclérotique aminci dans ce point, par suite de la compression et de la distension qu'elle éprouve. Je crois, avec M. Sichel, que cet anneau, qu'il appelle cercle veineux, serait déterminé plutôt par une stase sanguine dans le canal de. Fontana ou sinus de Schlemm (page 18). C'est à ce sinus, en effet, que viennent aboutir une grande partie des ramifications veineuses de l'iris et de la choroïde et sa situation correspond exactement à celle du cercle dont il est ici question,1' II peut arriver encore ^cercle rhumatismo-arthritique des Allemands) que l'an-

« Il faut prendre garde de confondre le cercle arthritique de Beer avec l'épwBsitte-

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neau ardoisé soit extérieurement entouré lui-même d'une zone radiée profonde, de telle sorte qu'on observe alors l'injection rhumatismale de Beer, avec cette modification que les ramuscules lins et parallèles entre eux, qui la composent, sont plus courts et séparés de la cornée par le cercle bleuâtre.

Caractères physiologiques.— Tout en tenant compte de l'hypéréniie inlraoculaire qui peut susciter dans la vision un trouble plus ou moins grand, il est permis d'établir que la détérioration de cette fonction est surtout liée à l'effusion lymphatique qui s'accumule dans le cliamp pupillaire. Une certaine harmonie existe assez habituellement entre les conditions de la vue et celles de la matière épanchée, eu égard à sa quantité et à sa consistance. Le malade ne se plaint que d'un très-léger brouillard dans la première période de la lésion qui nous occupe ; la vision, aux degrés ultérieurs, subit un trouble très-considérable et se trouve môme parfois abolie.

L'iritis aiguë s'accompagne de larmoiement et d'une vive intolérance de la lumière. Les douleurs sont pathognomoniques et constantes, sauf quelques exceptions rares. S'irradiant au front et à la tempe du côté du bulbe affecté, elles s'apaisent plus ou moins le jour, mais sont d'une violence extrême de la brune à minuit, quelquefois jusqu'au matin. C'est surtout durant ce paroxysme qu'est exsudée la lymphe albumineùse qui se dépose dans l'orifice pupillaire, dans l'épaisseur de la cloison et à sa surface.

Marche, durée, terminaisons —Si la force médicatrice de la nature se révèl si merveilleusement dans un grand nombre de révolutions morbides de l'organisme, si même il arrive souvent que beaucoup d'entre elles s'évanouissent sans l'intervention des secours de l'art, il faut convenir qu'elle est bien en défaut c ce qui concerne les phlegmasies iridiennes, et que rien n'est fatal ici comme une médecine expectante. Abandonnée à elle-même, une iritis aboutit presque infailliblement à la transformation des épanchements pupillaires en une pseudomembrane solide (cataracte fausse lymphatique). Celle-ci est soudée au bord de la pupille et au feuillet correspondant de la capsule; elle s'étend parfois delà paroi postérieure de l'iris à la choroïde ; la pupille convertie, dans quelques circonstances, en un point exigu et grisâtre, est rétractée en arrière et plus ou moins déplacée, à cause des adhérences qui l'entraînent dans tel ou tel sens. Or, dans ces atrésies complètes et en supposant les conditions les plus heureuses, la corémorphose est la seule ressource qui subsiste pour réintégrer le passage des rayons lumineux vers le fond de l'œil. Dans d'autres circonstances, tout espoir de reconstituer la vue est anéanti par le fait de désordres graves qui ont ravage l'intérieur de l'œil : staphylûmes de la choroïde et du corps ciha.re; amaurose, avec anéantissement de la sensibilité rétinienne; phthisie du bulbe consécutive à une inflammation suppurative de l'organe.

Il est donc permis d'établir que la marche de l'iritis aiguë est subordonnée surtout à l'efficacité de la médication mise en œuvre. Si l'on peut en obtenir la résolution en quinze ou Vingt jours, il faut souvent un temps plus long pour arriver au but désiré. Nous avons vu les ressources d'une médecine rationnelle éouronnées de réussite, dans des cas à peu près désespérés, où le malade ne distinguait que le jour de la nuit; parfois, rinllammation datait de douze ou

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