CHAPITRE I. — OPIITIIALMIKS
quinze jours, cl même davantage. Mais, le plus communément dans les iritis graves, laguérison est incomplète, cl a, connue su i les fréquentes, des synéchies postérieures el des dépôts plastiques plus ou moins accumulés dans le champ pupillaire.
2° iritis chronique.— Elle succède, dans quelques cas, à l'iritis aiguë ; dans d'autres, elle se constitue peu à peu, et il faut <;énéralcmcnt une grande habitude pour en saisir les caractères, surtout au début. Dans plusieurs conditions morbides, dont la plupart étaient qualifiées d'amblyopie, j'ai vu l'iritis procéder clandestinement, de telle sorte que la membrane se dépolissait, se désorganisait, des brides, des exsudations nébuleuses «'établissant graduellement dans le champ pupillaire. Souvent, dans l'espèce, le malade n'a pas la conscience de la lésion dont il est atteint et ne s'aperçoit parfois que fortuitement que sa vue est trouble à un œil, en fermant par hasard son congénère. Cette forme inflammatoire a été observée après la suppression d'hémorrhagies habituelles, comme le flux hémorrhoïdal et les règles; elle s'est aussi produite par la brusque cessation d'ulcères, de dermatoses, d'une sueur habituelle des pieds et après la section du tri chôma. C'est surtout chez les syphilitiques que j'ai noté des cas de ce genre, dans lesquels il y avait absence complète ou à peu près complète de douleurs. L'uvéilc de 31. Simeons, l'ophthalmie moyenne de M. Max. Langenbeck, l'iritis postérieure, l'irido-cristalloïdite ou irido-périphakite de quelques auteurs, me paraissent rentrer dans la forme subaiguë ou chronique de l'iritis dont il vient d'être question.
Bien qu'en s'aidant surtout de la loupe, on distingue, dans quelques iritis aiguës, des vaisseaux engorgés qui sillonnent la surface de la cloison, c'est notamment dans les iritis subaiguës et chroniques que j'ai été à même de constater la présence de ces vascularités. Deux ou trois vaisseaux filiformes serpentent parfois à travers l'iris, de son bord adhérent à son bord libre, et se terminent au limbe pupillaire où ils se ramifient plus ou moins. Dans d'autres circonstances, on observe, vers les limites du grand et du petit cercle, une couronne vasculaire qui donne lieu à des arborisations multipliées. Chez plusieurs malades enfin je n'ai rien trouvé de fixe dans' l'injection indienne que j'ai vu procéder par plaques où s'entrelaçaient de nombreux vaisseaux et d'où partaient des minuscules qui suivaient des directions variées. Notons encore que, dans quelques cas, les inflammations de 1 iris peuvent donner lieu h. des hémorrhagies intra-oculaires, le sang venant se mêler avec les différentes matières épanchées et se déposer parfois au bas de la chambre antérieure (hypohéma). L'ecchymose de l'iris est caractérisée par la présence de points ou d'une nappe d'un rouge foncé à la surface de cette membrane. Chez quelques sujets atteints de scorbut, on l'a trouvée variqueuse et garnie de plaques hémorrhagiques bleuâtres.
Il peut arriver encore, par suite d'un travail pathologique ancien du paren chyme iridien, que celui-ci soit usé ou fendu dans un ou plusieurs points remplacés par des taches noires, comme des petites pupilles, tantôt plates, tantôt exubérantes. Celle condition s'explique par la présence de l'uvée devenue vi sible dans les solutions de continuité du diaphragme, et qui peut être un peu refoulée en avant par l'humeur aqueuse de la chambre postérieure (staphylô.ue
de l'uvée, iridoncosis, iridoncus). Dans d'autres cas, fort rares d'ailleurs, on a vu une pupille nouvelle venir fonctionner plus ou moins, en remplacement de la pupille naturelle oblitérée, soit que l'iris se fût décollé de ses attaches ciliaircs, soit qu'un pertuis se fùlfonué sur tout autre point de la continuité de la cloison. Ces phénomènes et parfois même une polycorie sont liés aux tiraillements qu'imprime à l'iris la rétraction en sens variés des tissus fibro-plastiques.
Une sorte de fumée légère, épanouie immédiatement derrière la pupille, serait, d'après les auteurs, le trait pathognomonique de la phlcgmasie de la capsule antérieure à ses débuts (cristalloïdite, périphakite, capsulite). L'obscurcis- • sèment est susceptible de s'épaissir, de se condenser et d'acquérir même une / . teinte d'un blanc grisâtre ou jaunâtre plus apparente dans quelques points que dans d'autres. Le malade se plaint de distinguer plus ou moins confusément les objets. Tôt ou tard, la marge pupillaire se colle à la cristalloïde antérieure, par suite de l'épanchement d'un exsudât pseudo-membraneux inégalement répandu sur le tissu affecté. Comme les synéchies postérieures ne régnent que çà et là , la pupille, en se dilatant incomplètement et irrégulièrement, présente, dans les endroits de soudure, des angles saillants , et, dans leurs interstices, des angles rentrants, dentelures surtout appréciables quand on instille une solution mydriatique entre les paupières. Quelques débris du pigment de l'uvée s'attachent, en outre, à l'hémisphère antérieur de la capsule, d'où des points, des filaments, des îlots noirâtres , fréquemment soudés à des plaques iibro-albumineuses. On a même dit que des vaisseaux sanguins injectés, tantôt isolés, tantôt sous forme de réseau, pouvaient sillonner la cristalloïde affectée; plueieurs auteurs, qui considèrent cesvascularisations comme communes , ont reproduit, en ce qui les con- . cerne, la description de Ph. de Walther. Dans le cortège symptomatique qui vient d'être exposé, quelle est la part qu'il faut faire à la capsule antérieure et celle qu'il faut réserver à d'autres éléments de l'œil? Dans notre opinion, c'est avec juste raison que M. Otto Werdmuller et beaucoup d'autres observateurs ont banni des cadres nosologiques l'inflammation très-problématique d'une membrane de vitalité si obscure. En supposant même sa possibilité, elle n'existe jamais seule, mais se trouve englobée dans un travail phlegmasique développé dans son voisinage; elle est constamment associée à une iritis qui fournit presque tous les matériaux morbides , ou à une irido-choroïdite. Le plus grand nombre de ces inflammations. indiennes, àmarche trompeuse, dont nous avons entretenu le lecteur, doivent être rapportées à ce groupe pathologique. En ce qui concerne les vascularités, je les ai toujours vues émanant de l'iris et se propageant sur des brides et des pseudo-membranes qui occupaient le champ pupillaire.
complications. — La situation que l'iris occupe au sein du bulbe oculaire, ses connexions nombreuses, tant vasculaires que nerveuses, avec les diverses parl.es constituantes de l'œil, expliquent cette donnée d'observation clinique : que cette membrane n'est jamais seule enflammée; que les autres éléments du globe, internes et externes, doivent toujours participer plus ou moins à la souffrance du •
diaphragme oculaire.
Dans des cas très-nombreux, c'est une complication de kératite qui se présente à notre observation (kéralo-iridile). Tantôt on constate une kératite ponc-