CHAPITRE I. — OPHTHÀLMIKS. ~2{Xi
tuée, tantôl d'autres modes d'inflammation cornéenne, ulcérations du miroir , etc. L'ensemble des symptômes objectifs se compose alors de deux groupes, les uns kératiques, les autres indiens. On peut établir en principe qu'il y a coexistence d'iritis, toutes les fois qu'une kératite est associée à des douleurs frontotemporales sévissant surtout à la tombée de la nuit.
L'apparition si fréquente de scotomes étincelants dans l'inflammation de l'iris signale un mouvement congestif vers la rétine. Je vois souvent cette môme inflammation unie au glaucome, à la choroïdite, quelle qu'en soit la forme (iriâb-choroïdite). Une dame de ma clientèle, rhumatisante à un bâtit degré, et qui a perdu l'œil droit par suite d'un phlegmon, offre au globe gauche, dans la région scléi'oticale et vers l'angle interne, une plaque bleuâtre couverte de vaisseaux "variqueux (choroïdi le partielle antérieure, sclérotile de quelques oculistes). Or, une synéchie postérieure, qui réside dans la partie .correspondante de la marge pupillaire, indique assez que l'iris participe à la lésion scléro-choroïdienne. Des mouches, des étincelles, des douleurs névralgiques dans le trajet de la cinquième paire se manifestent chez elle de temps à autre.
étiologie. — Les lésions traumatiques sont très-propres à engendrer l'iritis. C'est par elle que périssent un grand nombre d'opérations de cataracte, surtout celles que l'on pratique à l'aiguille.
La plupart des inflammations indiennes sont attribuées par l'ancienne école allemande à diverses dispositions diathésiques : telles sont l'iritis scrofuleuse et l'iritis rhumatismale dont il sera question plus tard ; telle est encore l'iritis arthritique, qui dépendrait, d'après cette même école, d'une affection goutteuse > tandis que, dans l'opinion de M. Mackenzie, elle serait presque constamment en rapport avec un état maladif du corps, par suite de l'influence longtemps continuée de certaines substances délétères, comme le tabac et les boissons spiritueuses. Nous avons mentionné déjà l'iritis, qui a été appelée gonorrhéique et qui peut être accompagnée de synovite (page 259). De toutes les causes internes susceptibles d'engendrer cette affection, la plus incontestable est la syphilis constitutionnelle.
Jritis syphilitique.— Cette variété nosologique fait le plus communément partie du cortège des accidents secondaires de la vérole ; on ne l'observe presque jamais dans la période des accidents tertiaires. On a dit que lesiritis les plus graves correspondaient , le plus habituellement, aux formes les plus profondes des éruptions de la peau, de telle sorte que l'iritis, associée à un érythème, serait plus superficielle et moins sérieuse qu'une iritis compliquée d'une syphilide papuleuse ou pustuleuse. Le phénomène qui vient d'être énoncé n'est point en rapport avec le résultat de mes observations. J'ai vu des iritis assez légères, bien qu'elles coïncidassent avec les variétés les plus profondes des éruptions cutanées.
L'iritis syphilitique ne présente d'habitude aucun caractère qui en trahit languie spécifique; elle nese révèle ordinairement que parles symptômes communs a toutes les phlegmasies indiennes , sa nature ne nous étant démontrée que par les complications qui peuvent exister du côté de la peau et de la eome etsurtout par les renseignements que fournit le malade sur les conditions anté-
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î-iciircB do sa santé. Parfois, il est vrai, le petit cercle de l'iris offre une teinte livide, cuivrée, analogue à celle des syphilides du derme et susceptible de se propager plus ou moins au grand cercle, mais ce phénomène est loin d'être constant; sa présence, néanmoins, mérite d'être prise en considération. On a dit que la pupille devenait obliquement ovalaire, de bas en haut et de dehors en-dedans, dansl'iritis syphilitique, la partie supérieure interne du limbe pupiïlaiirç se déformant et s'échancrant souvent, de telle sorte qu'elle constitue une anfractuosité très-manifeste, qui prolonge la pupille dans le sens de la racine du nez. Il est évident que ce caractère est lié à des conditions d'adhérences qui peuvent exister dans toutes les variétés d'iritis et ne saurait être accepté comme palhognomonique.
Le seul phénomène qui ne nous a presque jamais induit en erreur, eu égard à la nature vénérienne de l'inflammation du diaphragme oculaire, consiste dans l'existence de ces petites tumeurs auxquelles on a donné le nom de condylomes de l'iris. Elles sont assez rares pour qu'il soit permis d'établir qu'on les rencontre une fois à peine sur dix iritis syphilitiques qui se présentent à l'observation. Malgré les assertions de quelques auteurs, qui disent avoir constaté ces proJ ductions dans des phlegmasies non vénériennes de la cloison indienne, j'adbère pleinement au sentiment de ceux qui pensent que leur présence doit faire naître immédiatement le soupçon d'une syphilis. Ces tubercules sont polypiformes. arrondis ouovalaires, souvent bilobés; leur couleur est d'un jaune orangé ou cuivré ; leur surface est souvent sillonnée de vascularités fines que la loupe rend très-appréciables. Ils occupent presque constamment le petit cercle iridien. On en voit qui surgissent dans cette région et qui sont plus tard suivis d'éminences analogues sur une autre partie de l'iris. Quelquefois, il n'existe qu'une tumeur de ce genre ; d'autres fois, on rencontre deux tumeurs, trois et plus ; il en est qui, réunies en grappe, viennent presque se mettre en rapport avec la cornée. Des oculistes les ont vues décoller l'iris à ses attaches ciliânres, cl faire irruption par \h dans la chambre postérieure ; on a même dit que ces excroissances pouvaient, dans de telles conditions , faire bomber la sclérotique au dehors, ce que je n'ai jamais observé.
Quelques praticiens ont pensé que les tumeurs dont il est ici question étaient des végétations vasculaires; on lésa considérées comme des abcès, comme des papules, e.t l'on a ainsi expliqué la fréquence de leur formation avec la sypbilide papuleuse. Je les regarde comme des exsudations lymphatiques, comme des concrétions plastiques, d'accord, à cet égard, avec l'opinion d'Ammon, qui désapprouve la qualification de condylomes qui lour a été imposée, ceux-ci ne naissant jamais, dit-il, sur une membrane séreuse1.
Bien que l'iritis syphilitique soit susceptible d'être accompagnée de douleurs • dont le type a été précédemment énoncé, j'ai vu des lésions de ce genre exemptes ou à peu près exemptes desouffrances. Tel était le cas d'une de mes malades, bonne de restaurant à cette époque et grande dame aujourd'hui, dont le docteur
i Ammon, Ueber Iritis. Berlin, 1813, p. 267. 1