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CHAPITRE 1. — 0B0.1 HALMtES

lions ; un liquide est contenu dans la cavité ophthalmique connue dans la cavilé articulaire ; nous avons entendu Jaeger père professer qu'il considérait le corps vitré comme le résultat d'une accumulation de synovie condensée dans les cellules hyaloïdiennes. Les conséquences pathologiques qu'on a dû tirer de cette affinité, c'est que l'œil était très-apte à subir l'influence des causes qui donnent lieu aux phlcgmasies des membranes iibro-séreuses articulaires. La sclérotique, la cornée, la capsule de Descemet et l'iris ont dû nécessairement être admis, avec la membrane de Jacob, comme les représentants naturels du processus rhumatismal dans le bulbe visuel.

La sclérotique étant généralement considérée comme le siège le plus commun de l'ophtbalmie rhumatismale, l'un des principaux caractères qu'on lui a assignés consiste dans la présence, le long du limbe kératique, de la zone vasculaire profonde dont nous avons expliqué le mécanisme (page 264). On a dit •lue quand la cornée était envahie (kératite rhumatismale), elle présentait souvent un soulèvement de sa couche épithéliale, dont la nature se rapproche de celle d'une membrane séreuse (page 3). Les vésicules, plus ou moins confluentes, qui y apparaissent, tantôt s'ouvrent, laissent écouler le fluide qu'elles renferment et sont remplacées par des ulcérations superficielles ; tantôt elles s'aplatissent par la résorption du fluide qu'elles contiennent. L'iris est-il atteint (intis rhumatismale), la pupille devient verticalement ovalaire. De la photophobie, l'écoulement d'une grande quantité de larmes limpides, et parfois des douleurs déchirantes et lancinantes dans l'œil et même dans les régions limitrophes, tels sont les attributs physiologiques de la forme morbide qui nous occupe. ^

L'intervention d'une spécificité quelconque pour l'explication de ces symptômes est chose futile. Remarquez que l'injection zonulaire périkératique s'observe tres-frequemment chez les enfants. M. Velpeau s'étonne, avec juste raison, que ces derniers, si peu disposés aux maladies rhumatismales, puissent être

ZsTTraeplUSr'tiCUlièreraent endinSaU rh^isme ophthalmique. Nous avons dit que ce phénomène si commun annonçait que la congestion tendait

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300 LIVRE IU — MALADIES DU GLOBK 0CULA1RK.

la même signification symptomatique que l'opliilialinie rhumatique pure, avec celte différence qu'on trouve dans la première un degré de phlogose conjonclivale qu'on ne rencontre pas dans la seconde. Lorsqu'une conjonctivite s'exaspère et se complique de pholophobie et d'épiphora, vous observerez presque constamment les attributs anatomiques de l'ophthalmie calarrbo-rbumatismale. 11 faut généralement déduire de l'allure nouvelle, que le mal contracte, qu'une kératite imminente, ou existant déjà, réclame une modification dans les prescriptions curatives.

ophthalmie scrofuleuse, strumeuse ou LYMPHATIQUE.— Elle est la plus fréquente de toutes, au rapport de Weller et de beaucoup d'auteurs. Beer comptait qu'en général, à Vienne, sur 100 ophthalmies 90 étaient scrofuleuses.

Ses trois principaux sièges d'élection ont été localisés dans les glandes des paupières, la conjonctive et la cornée. Lablépharite dite scrofuleuse ou blépharoadénite sera étudiée plus tard. La conjonctivite lymphatique pure est partielle, et se montre sous forme d'un ou de plusieurs paquets vasculaircs, terminés en avant par des phlyetènes, des pustules ou des papules (page 221). Des éminences analogues ou des ulcères existent sur le miroir, dans la kératite scrofuleuse; des fascicules vasculaires y aboutissent et franchissent quelquefois la cornée jusqu'à son centre.

Rejetant toute idée d'un principe spécifique qui donnerait lieu aux formes qui viennent d'être indiquées, je crois que l'expression d'ophthalmie scrofuleuse doit être rayée des cadres nosologiques. Ces lésions sont communes, il est vrai, chez les sujets qui présentent une prédominance du système lymphatique et des fluides blancs, et surtout chez les enfants; mais ne les rencontre-t-on pas aussi sur les adultes bruns et robustes, chez lesquels il n'y a aucune apparence de scrofules, à moins d'admettre, avec quelques praticiens, que ces sujèts étaient probablement scrofuleux dans le jeune âge et qu'ils conservent encore un germe de leur ancienne diathèse.

Il suffisait de faire de la photophobie un caractère pathognomomque des ophthalmies scrofuleuses pour arriver à cette conclusion que celles-ci faisaient leur exacerbation le matin, tandis que leur rémission avait heu à partir du de, lin

du jour. . ,

Nous ne saurions donc adhérer à la définition suivante, proposée par le docteur Borlée, professeur à l'Université de Liège 1 : « L'ophthalmie scrofuleuse ou lymphatique est une ophthalmie spéciale, présentant un cachet particulier, une physionomie à part, et caractérisée par des signes, objectifs ou subjectifs, quon ne rencontre dans aucune autre inflammation. »

OPHTHALMIE CATARRHO-SCROFULEUSE OU CATARRHO-LYMPHATIQUE. Oïl a prctClldU

que cette forme morbide se manifestait quand les yeux d'un scrofuleux subissaient l'influence d'un refroidissement, de l'humidité, d'un courant d a,r etc. On y rencontre l'injection catarrhalc ou réticulée, qui occupe la totalité ou presque la totalité de la conjonctive scléro-palpébrale ; au milieu d elle, sur j globe, se dessine un paquet de vaisseaux plus volumineux, parallèles entre eux

» Union médicale, t. VI, p. 67 (avril, 1860).

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