CHAPITRE I. — OPHTHALMIES
trois années, el qui portait, on outre, de nombreuses taches cuivrées sur la peau, a été publié par le docteur Smce, dans la Gazette médicale de Londres. La plaque conjonctivale, de teinte cuivrée, était située au-dessous de la cornée ; elle Tonnait relief, était dépourvue de vascularitéj et un peu moins grande qu'un penny. Les syphilides et la maculaturc conjonctivale disparurent, sous l'influence d'un traitement spécifique.
ophthalmie rhumatismo-syphilitique. — Elle résulte de l'association de l'anneau radié périkératique aux phénomènes offerts par une iritis syphilitique, Le docteur Lebaudy commente, de la manière suivante, un cas de ce genre qu'il relate dans son travail 1 : « La pupille, dans l'iritis rhumatismale, affectant une forme plus ou moins perpendiculairement ovalaire, la forme de la pupille, qu'avait imprimée l'iritis syphilitique, a été incomplètement effacée, et une nouvelle forme intermédiaire aux deux autres en est résultée. Il y a ophthalmie rhumatismo-sypbilitique. Le malade s'est, en effet, exposé à un courant d'air, et a d'autant plus dû être affecté de sclérotite rhumatismale, que les personnes sou- : mises à l'action du mercure sont facilement accessibles aux irritations rhumatismales des membranes fibreuses et fibro-séreuses, quand elles s'exposent à un abaissement subit de la température atmosphérique. »
Il me parait superflu d'invoquer une nouvelle complication étiologique, pour l'interprétation du phénomène ci-dessus noté. Nous avons vu qu'il pouvait exister dans toutes les iritis, quelles que fussent leurs variétés et les causes qui leur ont donné lieu.
OPHTALMIES DERMATOSIQUES, OPHTHALMIES DARTREUSES, PSOROP HTHALMIE . — Les
ophtbalmies morbilleuse, scarlatineuse , érysipélateuse, varioleuse déjà décrites (page 212), ne présentent aucun caractère local de spécificité, qui puisse les faire reconnaître, si l'éruption cutanée n'était pas là pour en dévoiler la nature. Les ophthalmies, qualifiées du nom de dartreuscs, ne sont généralement que des blépharites impétigineuses, eczémateuses, etc., avec des ulcérations et des croûtes sur le bord libre des paupières. Participant plus ou moins au processus morbide, la conjonctive devient souvent le siège d'une injection d'intensité variable, avec phlyetènes, pustules, etc. Beer décrit encore une ophthalmie, dite psonque ou psorophthalmie. Déterminée, dit-on, par la brusque suppression de la gale, et le plus souvent, par le transport sur les paupières de la lymphe que contiennent les vésicules de cette maladie, elle serait caractérisée par une vive démangeaison aux bords palpébraux, avec tuméfaction et rougeur de ces bords, sur lesquels se développent des vésicules qui crèvent et se convertissent en ulcères sameux. Ceux-ci se garnissent de croûtes, qui produisent l'agglutination des ci s, et la maladie est susceptible de se propager à la conjonctive, où elle peut donner heu à des désordres variés. J'ai vu bien des galeux, j'en ai même sœgne un certain nombre, sans que j'eusse jamais rencontré plus d'ophthalmies d.ez ces individus que chez d'autres sujets. Rien donc, dans mon opinion ne saurait militer pour l'admission d'une psorophthalmie véritable.
Annl'S.'p7'^ ^ CmC0UrS l'°gré9ati0n " 13 FaCUlté de médecine d* Paris.
opirniALMiE scorbutique. — « Celte forme morbide, dit Pcllier, se découvre du premier coup d'œil , si l'on fait attention aux gencives du malade, qui sont très-gonflées et d'une couleur livide.» Thiehnann, assistant à l'hôpital de Pierre- Pau] à Saint-Pétersbourg, mentionne une blépharilc , un taraxis, un chémosis et une kératite scorbutiques ; il reproche à Beer et à ses élèves, qui n'ont peuttre jamais observé cette ophlhalmie, d'en avoir tracé un tableau trop effrayant» Van Onscnoort décrit, sous le nom de peliosis oculi ou de peliosophthalmia, une affection caractérisée par des ecchymoses, d'un rouge violet, aux paupières et sous la conjonctive oculaire, disposition qu'il dit avoir rencontrée plusieurs fois chez des sujets atteints de pourpre hémorrhagique ou de maladie tachetée de Werlhof ».
L'observation démontre que la tendance aux.hémorrhagies passives, caractère capital du scorbut, peut se révéler, bien que rarement, dans l'organe de la vision, sous forme d'ecchymoses sous-conjonctivales, et de suffisions sanguines dans les chambres el entre les membranes internes, d'où l'appel d'un mouvement congestif vers l'œil et la possibilité de désordres graves. La perte de la vue par suite d'amaurose, de décollements rétiniens, de cirsophthalmie, d'atrésie pupillaire, de phthisie du bulbe, a été attribuée à une telle influence, dans les cas où le sujet est profondément scorbutique , tandis que le pronostic a été considéré comme peu fâcheux, s'il n'offre qu'une légère diathèse de ce genre. La rougeur violacée du réseau variqueux de la conjonctive serait en quelque sorte d'après Burkard Eble, le représentant infaillible de la dyscrasie spécifique qui a heu ici dans le fluide sanguin. Parfois, un larmoiement sanguinolent a été noté dans de telles circonstances.
On a avancé que, si le scorbut était susceptible de se révéler dans l'œil comme sur toute autre partie de l'économie, l'ensemble des phénomènes auxquels il donnait lieu ne pouvait être envisagé comme une véritable phlogose. Une affection, en effet, qui consiste essentiellement dans le défaut de plasticité et de coagulabilité du sang , ne saurait créer un état morbide , dans lequel l'augmentation de cette plasticité et la propension aux exsudations remplissent un rôll capital 3. Nous opposerons à cette assertion le résultat d'observations de M. Andral, qui pense, comme MM. Becquerel et Rodier, que les symptômes qui dénotent habituellement le scorbut peuvent se produire sans être nécessairement associés à une diminution de la fibrine du sang. M. Andral eut l'occasion de traiter un homme de 61 ans , qui s'était progressivement affaibli depuis plusieurs années, et offrait, lors de son admission à l'hôpital, tous les symptômes d'une cachexie scorbutique fort avancée. Les membres et le tronc étaient couverts de pétéchies nombreuses et de larges ecchymoses ; du sang s'écoulait presque continuellement des narines ; les gencives étaient saignantes. Une forte congestion des bronches et des poumons s'étant développée avec une réaction
1 Annales d'oculistique, l. XII, p. 173 el l. XIV, p. 84.
2 Van Onsenoori, Handbuch der Krankheilen des Auges, traduction allemande. Crefeld, 1845, t. I, p. 206.
8 Sichel, Traité de l' ophlhalmie, etc., p. 471 .