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GHAMTRB 11. — MALADIES DE LA CONJONCTIVE

d'une innervation vicieuse, d'une lésion des Blets de la cinquième paire qui animent cette membrane, la glande lacrymale el les cryptes deMeibomius. Rognetta fait remarquer que si la destruction de la cinquième paire peut entraîner i'éro ion de la copée, il n'y a pas lieu de s'étonner qu'une lésion moins violente, qui atteint les Ulets nerveux qui se rendent à la conjonctive et aux -landes lacrymales et sébacées, occasionne l'espèce d'altération dont il s'agit. «Si 1 on me demandait, dit-il, quelle est la véritable nature de cette affection nerveuse, je ne serais pas plus en état de répondre que d'autres ne pourraient dire comment un chagrin profond fait verser des larmes , comment la vue de certains mets fait venir l'eau à la boucbe.» L'auteur ajoute qu'il est même indécis sur la question de savoir si la phlogose, qui a souvent précédé la cutisation conjonctivale, ne dépendrait pas également de l'action d'un principe névrosthémquc.

D'après Carron du Villards, l'un des premiers symptômes de la lèpre est de donner de l'aridité et de la sécheresse à toutes les membranes muqueuses ; la conjonctive participe l'une des premières à ce genre de lésion. C'est une xcrophthalmie qui, s'établissant lentement, ressemble à la cutisation du gland des hommes circoncis. L'œil est sec et sans sécrétion muqueuse et lacrymale.

traitement. —Le xérosis semble-t-il s'établir sous l'influence d'un trichiasis, d'un entropion, d'une inflammation oculaire quelconque, on cherchera, bien entendu, à combattre ces conditions. Est-il très-avancé ou complet, on le considère généralement tomme au-dessus des ressources de l'art. On a tenté d'exciser les brides. conjonctivales, opération qui a été suivie de la production d'adhén-ences nouvelles. Tous les oculistes recommandent donc de se borner à quelques applications destinées à ramollir et à assouplir les tissus altérés. Des malades se soulagent en introduisant, de temps à autre, entre leurs paupières un peu de salive. On a conseillé l'huile d'olives, d'amandes douces, de foie de morue, des mucilages, la glycérine et l'axongc. Cette substance est peut-être la plus avantageuse de toutes dans l'espèce; le docteur Cadenhead a même fait part à M. Mackenzie d'un cas de xérosis dans lequel les cornées paraissaient sèches et opaques, et où l'application journalière de l'axonge reconstitua la diaphanéité du miroir, au point que le sujet put se conduire et distinguer des objets minutieux. Je doute que ce malade ait été affligé d'un haut degré de cutisation conjonctivale.

EXCROISSANCES FONGUEUSES.

La conjonctive oculaire devient parfois le siège de productions fougueuses, analogues à celles que l'on rencontre sur les autres muqueuses; c'est à ce groupe nosologique que se rattachent les tumeurs décrites dans les auteurs sous les noms de polypes, de verrues, de végétations, de sarcomes de la conjonctive, et auxquelles il me parait superflu de consacrer des articles spéciaux.

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cahactkhus ANAT0.MH..11KS et physiologiques. — Ces protubérances, uniques ou multiples, pédîculles ou scssiles, se présentent, en général, sous forme de masses rosées ou rouges, souvent granuleuses à leur surface ; des vaisseaux nombreux affluent communément à leurs racines, cl elles s%nen1 avec Eacihté. 11 en est de dimensions très-fortes. Les inconvénients, d'ailleurs, que causent ces obstacles, tiennent, en grande partie, à leur volume el sonl faciles à prévoir: congestion habituelle de la conjonctive, gêne plus ou moins forte, surtout dans les mouvements dé l'œil , larmoiement , etc. Les paupières sont parfois extro-

versees.

L'une de mes malades était frappée de kopiopie, des quelle se livrait à un travail un peu minutieux ; de temps à autre, son œil droit laissait échapper une certaine quantité de sang. Un examen attentif me lit découvrir, sur la moitié temporale du repli rétrotarsien inférieur, un petit fongus pédiculé, dont cette femme ignorait l'existence, et qui était caché derrière la commissure externe. J'en pratiquai l'ablation, et tous les inconvénients qui résultaient de sa présence ne tardèrent pas à se dissiper.

Dans un fait publié par le docteur Kranka, il s'agit d'une jeune fille, chez laquelle l'existence de tumeurs polypeuses de la conjonctive était associée a un polype pédicule placé dans le conduit auditif. Quelques-unes de ces productions offrent des poils, parfois très-durs et souvent d'une longueur considérable (fnchqsis bulbi). Ils émanent de follicules pilifères fixes dans la masse morbide et très-visibles au microscope.

étiologie. — Si l'opération du strabisme, l'extirpation du ptérygion /peuvent donner lieu à la formation de productions fougueuses, de bourgeons charnus qui végètent à la surface de l'œil, il y a lieu de penser qu'un bon nombre des tumeurs qui nous occupent sont de cette nature et reconnaissent pour cause une excoriation, une plaie quelconque de la conjonctive et du tissu cellulaire sous-conjonctival. Que d'influences, d'ailleurs, parfois inappréciables, sont aptes a engendrer ces érosions : ophthalmies, action de particules corrosives, anguleuses, etc. I n corps étranger, qui s'est implanté dans les tissus, fait affluer le sang vers le point qu'il occupe, et peut y susciter à la longue le bourgeonnement et 1 ln pertrophie de la conjonctive et de la couche cellulaire sur laquelle elle repoft Ainsi s'explique le point de départ de quelques excroissances, dans lesquelles on rencontre le corps étranger, lorsqu'on les extirpe.

traitement. - Les tumeurs fongueuses d'un petit volume pourront être réduites avec les caustiques. Toutefois, l'ablation, à l'aide d'une pince et du bistouri ou des ciseaux courbes sur le plat, est un mode plus expédit.f, qu .1 j aura généralement lieu de préférer. La cautérisation consécutive avec a pierre infernale sera souvent fort apte à prévenir les récidives. Chez une malade rai.ee eu 1839, à l'hôpital Saint-André de Bordeaux, par Chauinct «, la végétation, du* rouge foncé et du volume d'une grosse noisette, s'élevait au-dessus de a région externe du blanc de l'œil , se prolongeait sur la cornée où elle cachait la n.o.tu de l'ouverture pupillaire et s'opposait à l'occlusion des paupières. Uiaunui

i Gazelle des hôpitaux, année 1840, numéro du 29 septembre.

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