CHAPITRE H. — MAUDIES DE LA CONJONCTIVE. .M
enleva la tumeur avec le bistouri, m débutant par sa portion kératique, puis
appliqua sur les racines scléroticales deux stylets bouti és ÎBjsandescents.Gràce
à un traitement énergique (saignées générales, fomentations avec l'eau Opiacée froide, sirop d'acétat? de morphine à l'intérieur, etc.), une telle pratique^ assez insolite dans les opérations sur le -lobe, ne paraît pas avoir éfë suivie d'accîdents inflammatoires et nerveux très-intenses. Ce ne fut toutefois que plusieurs jours après que la malade commença à s'accoutumer à l'impression de la lumière ; vingt-deux jours suffirent pour son rétablissement. Un tel succès encouragea ce chirurgien à répéter la même tentative chez un homme atteint d'une excroissance fongueuse grosse comme un œuf de pigeon et qui, ayant sa base sur la partie supérieure de l'hémisphère antérieur de l'œil , couvrait la cornée sans y adhérer. Le malade guérit.
PINGUÉCULA.
Le pinguécula consiste dans une tumeur de petite dimension, irrégulièrement arrondie , d'un aspect jaunâtre ou graisseux ; elle occupe la région scléroticale , dans un point rapproché du bord de la cornée, au niveau du diamètre transversal de l'œil. Placé tantôt du côté nasal, tantôt et moins souvent du côté temporal de l'organe , le pinguécula est susceptible de se montrer sur ces deux points à la fois. On ne le rencontre guère que chez les gens d'un âge mùr et surtout chez les vieillards. Il est infiniment plus commun chez les hommes que chez les femmes. J'ai remarqué que, quand un œil portait un ou deux tubercules de ce genre, il était assez habituel que son congénère en offrit un ou deux également, à la même place et à des degrés -variables. Lors donc que, dans le cours d'une conjonctivite unilatérale, on est embarrassé sur la question de savoir si une tumeur , qui proémine dans l'injection , est une pustule, une papule ou un pinguécula, on trouve souvent, dans l'autre œil, un document certain, qui vient éclairer le diagnostic.
Après avoir soumis ces excroissances au microscope, M. Robin les considéra comme des tumeurs épithéliales ; il les trouva, en effet, exclusivement formées d'épithélium pavimenteux de la conjonctive un peu hypertrophié, sans trace aucune de vaisseaux et de granulations graisseuses1. 11 est vrai qu'une antre production, qualifiée de pinguécula par le docteur Magne 2, et qui fut examinée par M. Homolle, présenta, sous le microscope, les globules caractéristiques des matières grasses ; mais je me demande si celte tumeur, qui avait le volume d'une très-forte noisette, rentrait bien dans la catégorie de ces petits pïnguéculas qu'on rencontre si fréquemment dans la pratique. Weller avait déjà constaté, il y a
1 Dictionnaire deNysten, 4 '1° édition, p. 4 098.
2 Union médicale, 1853, p. 338.
32Q i.ivuiî 11. — MALADIES DU GLOBE OCULAIRE.
plus de trente années*1, que le piiiguécula^ne présentait. pas la moindre trace de graisse à l'analyse, chimique.
Le pinguécula ne s'enflamme pas, ne suppure pas, ■>.• se résorbe jamais , reste à peu près stationnais pendant toute la vie, et ne réclame aucun traitement. Si toutefois, acquérant des dimensions trop considérables, il venait à gôner les mouvements «le l'œil, ce que je n'ai jamais vu, et si le malade délirait en être délivré, on pourrait le saisir avec une pince déliée, et l'extirper avec le bistouri ou les ciseaux de Cooper.
PTÉRYGION.
CARACTÈRES ANATOMIQUES ET PHYSIOLOGIQUES. — Ke ptérygion, qUC quelques.
auteurs (Maître-Jan, Saint-Yves, Marc-Antoine Petit, Wenzel) désignent encore sous le nom à'onqle ou à'onglet , consiste dans une sorte d'épaississement van-* queux de la conjonctive oculaire , dégénérescence exactement circonscrite dans une partie de cette membrane.' Il a la forme d'un triangle, dont la base est a la périphérie de l'hémisphère antérieur de l'œil, et dont le sommet atteint la circonférence de la cornée, ou s'étend sur cette tunique, sans en dépasser le centre; non cooperit oculum nisi in formâ sagittœ (Forestus).
Tantôt le ptérygion est mince ou celluleux (pterygium tenue seu cellulosum), tantôt il est épais et comme charnu (pterygium crassum seu carnosum). L'un, qui constitue le premier degré de la lésion, est demi- transparent, grisâtre muni de quelques filets vasculaires ; il s'arrête ordinairement au pourtour de la cornée, et quand il se propage au delà, il ne trouble que peu la diaphanéité de cette membrane. L'autre, riche en vaisseaux, ressemble à un petit muscle que le scalpel vient de préparer ; son corps est rouge ou rougeàtre, et son sommet, qui arme presque toujours au centre kératique, est d'un blanc grisâtre et a beaucoup d'analogie avec un tendon. Cette extrémité de la production morbide, a ete trouvée parfois bifurquée, c'est-à-dire, se terminant sur deux points sépares et distincts, ce qui est rare. ,
Cette maladie ne met obstacle à la vue que quand elle a envahi la partie .lu miroir de l'œil qui fait face à l'ouvef tare pupillaire. Le trouble visuel est léger dans le ptérygion mince ; l'appendice cornéal, au contraire, d'un ptérygion épais empêche le malade de distinguer les objets qui correspondent au point qu il occupe. Le ptérygion', d'ailleurs, est constamment indolore Lorsque plusieurs expansions de ce genre existent sur un même œil, ou lorsqu'un seul ptcrj pont très-épais et très-volumineux, la mobilité de l'organe peut éprouver une gc ne plus ou moins considérable. Lié à la sclérotique par des connexions lâches, un beaucoup plus fortement à la cornée, le ptérygion se plisse en travers, dans sa
t Weller, toc. cit., t. Ier, p. 238.
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