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CHAPITRE II. — MALADIFS DE LA CONJONCTIVE. ,'J2r

souvent suivie d'un tel accident, d'après Jaeger, que parce qu'on n'a pas donné : le temps à la cornée de se rétablir d'une manière lente et sans secousses, et : qu'on y a pratiqué des cautérisations trop fortes avec la pierre infernale.

Bien que soigneusement extirpé, le ptérygion est susceptible de se reproduire chez un bon nombre de sujets. Sabatier rapporte qu'ayant opéré à plusieurs reprises un individu cbez lequel le mal récidivait toujours, il se vit enfin obligé d'abandonner ce malade. On m'a dit qu'un chirurgien de Paris enlevait de temps à autre, depuis dix années , un ptérygion dont la réapparition est constante. L'expérience a démontré que la voie la plus efficace pour éviter un tel inconvénient consistait dans quelques cautérisations avec le nitrate d'argent, afin de changer le mode de vitalité des tissus. Je les pratique habituellement avec une solution très-concentrée de ce sel , dans la région qu'occupait le corps de la tumeur.

Ce serait presque toujours vainement qu'on tenterait de dissiper d'une manière durable un strabisme interne, en réséquant la bride modulaire engendrée par une opération de ptérygion. Une ressource, dans l'espèce, consiste dans la section du droit interne, pour que ce muscle s'insère sur un plan postérieur à celui de son implantation primitive.

Quand les deux globes sont porteurs d'un ptérygion, il est généralement préférable de n'en attaquer qu'un seul, afin d'éviter au malade les désagréments d'une double vulnération et de le mettre à même de bander sans trop de gêne l'œil opéré, si le besoin s'en fait sentir. Lorsqu'un œil est affecté de plusieurs excroissances de ce genre, il y a prudence à n'en enlever qu'une seule dans la même séance, pour ne pas dépouiller en même temps le bulbe de la plus grande partie de son enveloppe naturelle. S'il y avait des granulations aux paupières, un entropion, un trichiasis, ces complications devraient être attaquées avant l'ablation de la dégénérescence oculaire.

historique, procédés divers. — C'est à la pratique des anciens oculistes que nous avons emprunté le placement d'une ligature avant l'extirpation du ptérygion. Elle est, en effet, conseillée par Saint-Yves, par Guérin (de Lyon), par Pelber et même par Celse. Maitre-Jan recommande un fil de soie retors et fin ou mieux, un crin de queue de cheval. Dès qu'il a été introduit sous le ptérygion chaque main, dit-il, saisit chacun des chefs du fil, qu'on tend et qu'on fait marcher sous la continuité de la tumeur, comme si l'on se servait d'une sciedans le cas où elle ne se décolle qu'avec difficulté, on la détache avec une plumé d o,e taillée en forme de cure-dent ou avec la lancette. Marc-Antoine Petit passe sous 1 excroissance le stylet de Méjan (pl. V, fig. 8), et la dissèque avec la langue-de-carpe de Daviel.

Scarpa défend qu'on étende trop loin la dénudation sur la sclérotique. Cette manière d agir donne heu d'après lui, à une cicatrice difforme qui provient perte de substance que la conjonctive a subie, et qui, entraînant 1 g]0be c caroncule, quand on a opéré du côté du grand angle, s'oppose à la iberl d m mouvements. Ce praticien saisit le ptérygion avec des ninces à 9 ™ , fronde sa pointe, l'attire à lui jiLqute quïîn ^2^^Z -once .a rupture d'une partie de ses liens celm.eux, dé.acheX des ciseau"

bien évidés, et dans la direction du sommet à la base, la région kératique du tissu morbide, dont il n'extirpe ensuite qu'un simple lambeau, pratiquant à 2 ou trois millimètres du limbe cornéal, et parallèlemenl à ce limbe, mie section en demi-lune, dont les cornes s'étendent un peu au delà de la dégénérescence, en suivant la courbure du globe oculaire. On reproebe généralement à ce procédé d'être infidèle, car la partie la plus considérable de la tumeur, qu'on laisse intacte, ne s'affaisse presque jamais et donne lieu à une récidive qui réclame une opération nouvelle.

J'ai vu Jaeger père accrocher avec une pince déliée la portion kératique du ptérygion, tirer un peu sur elle pour la décoller, puis détacher, à l'aide d'un bistouri convexe sur le tranchant, la pointe et les bords de la tumeur jusqu'à la limite scléro-cornéale. L'opérateur dissèque, en second lieu, avec le même instrument, les parties latérales du corps de l'excroissance, qu'il continue à tendre avec les pinces; le ptérygion ayant été séparé de ses connexions jusqu'à sa base, on incise celle-ci en travers avec les ciseaux de Cooper. Fondé surtout sur la difficulté de saisir et de détacher convenablement la portion tendineuse du produit morbide, Rosas préfère l'attaquer par la base.

Dans le procédé par déviation de M. Desmarres, le ptérygion, préalablement détaché sauf la base, est fixé par la suture à une boutonnière conjonctivale ; celleci part du bord inférieur de la plaie, est longue de 6 à 8 millimètres et marche parallèlement à la circonférence de la cornée, dont elle est séparée par un espace d'environ A millimètres. Dans un autre expédient, recommandé par M. Tavignot, l'on tend le ptérygion entre deux pinces, l'une placée au sommet, l'autre à l'extrémité opposée de la tumeur; on passe, à l'aide d'aiguilles, trois fils sous la base du repli ; on résèque la totalité du ptérygion au-devant des ligatures, puis on noue celles-ci après avoir rapproché les lèvres de la plaie. L'auteur attribue à ce procédé l'avantage de supprimer un long travail de cicatrisation , suite assez habituelle des opérations ordinaires. Lorsque la réunion par première intention a été obtenue, il est permis d'abandonner à elle-même l'expansion tendineuse laissée sur la cornée, sans crainte de la voir faire de nouveaux progrès, puisqu'on a détruit ses racines. Ce sommet du ptérygion constitue-t-il une difformité, on peut en effectuer l'ablation.

Au début de mes études ophthalmologiques , j'ai souvent extirpé des ptérygions sous la direction de Carron duVillards, qui me faisait glisser, au préalable, une ligature sous la production morbide. Il paraît avoir exclusivement substitué à ce procédé l'opération qu'il appelle par excision et torsion simultanée. Ayant écarté les voiles palpébraux avec le dilatateur de Kelley-Snowden, ce praticien saisit d'une main le ptérygion, aussi près que possible de la cornée, avec des pinces à griffes multiples, qui s'emboîtent les unes dans les autres 1 : l'autre main, armée de ciseaux courbes sur le plat , coupe la base de l'excroissance à ras de la pince, à laquelle on communique ensuite un mouvement do torsion jusqu'à ce que le ptérygion ait été entièrement décollé. Cet expédient, que Carron du Villards dit avoir appliqué sur plusieurs centaines de malades, prévient,

1 On trouve ces pinces chez M. Mathieu, fabricant d'instruments de chirurgie.

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