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CHAPITRE IV. MAI.AIHKS PB LA COIlNI'.K

Cautà-isation.-yù vu Auguste Bérard toucher le point culminant du cône morbide avec un pinceau chargé de créosote pure. M. Sichel a cité I observation d'un malade qu'il traita en 1838, et après quelques essais infructueux, pat la cautérisation, plusieurs fois réitérée, du sommet de la protubérance, avec la pierre infernale. Cet homme quitta la consultation incomplétemenl guéri ; mais, en ■1830, époque à laquelle il fut revu par M. Sichel, la saillie n'existait plus et avait été remplacée par une cicatrice centrale solide et peu étendue ; la vïsi.On s eta.t sensiblement améliorée. M. Sichel ajoute que la cornée gauche, également atteinte • de staphylôme pellucide et qui n'avait point été cautérisée, avait persisté dans le même état.

Ponction de la cornée.— Un grand nombre d'oculistes attribuent à la ponction répétée du miroir quelque efficacité contre la lésion qui nous occupe; des chirurgiens sont d'avis que la paracentèse sera surtout favorable si on la fait suivre d'une compression méthodique. On lit à ce sujet dans la Gazette médicale (année 1851 ; page 344) : « La pression doit porter sur toute la cornée, et non pas sur son sommet seulement. Il faut en outre qu'elle s'exerce constamment. M. White Cooper a essayé de réaliser ces conditions de la manière suivante, chez l'un de ses malades. Après avoir évacué le liquide de la chambre antérieure par ponction, un petit coussin, fait avec une membrane très-fine et rempli d'eau, fut immédiatement ajusté sur la cornée et maintenu pressé par un ressort qui allait prendre son autre point d'appui sur l'occiput. Si le coussin avait été imperméable, le bénéfice obtenu, après trois semaines de durée de cette tentative, fait augurer à l'auteur qu'il aurait obtenu un succès complet. Malheureusement, l'appareil perdait du liquide, au bout de quelques jours. Nous ne pouvons nous empêcher d'intervenir ici pour faire observer qu'une petite vessie en caoutchouc vulcanisé remplie d'air, ou d'eau si on le préférait, satisferait parfaitement à toutes les indications de ce procédé, qui nous semble, à nous aussi, le plus rationnel. »

Résection partielle de la base du cône. — Rognetta fournit quelques documents sur une observation de M. Fario, publiée par ce dernier en 1839, dans le Bulletin des Sciences médicales de Bologne. M. Fario commença par exciser d'un coup de ciseaux un petit lambeau en V, taillé avec le kératotome, au côté externe de la cornée. Cette même opération fut répétée plus tard à la partie inférieure du miroir, et en troisième lieu à la partie supérieure interne. La cornée, assure-t-on, perdit son brillant morbide et le sujet guérit. Un opéré de M. Van Roosbroeck subit deux excisions effectuées à quelques mois de distance, l'une aux dépens du segment supérieur, l'autre vers le bord inférieur de la cornée. MM. Testelin et Warlomont annoncent une amélioration telle que le malade parvint à voir presque aussi bien de l'œil affecté que de l'œil sain, les deux cicatrices ressemblant à des arcs séniles.

Couper avec le kératotome et les ciseaux une cornée déjà si profondément altérée nous paraît une tentative propre à en déterminer la suppuration et la phthisie et peu digne d'être généralisée dans la pratique. (Test doue avec juste raison que M. Fario n'a eu, à cet égard, que peu d'imitateurs. Sans révoquer en doute les succès qu'on a attribués à cet expédient opératoire, nous croyons

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que celui que nous recommanderons plus particulièrement à la lin de cet article est autrement rationnel et plus efficace surtout que la résection de la ] hase des slaphylômcs pellucides.

Ablation du cristallin. — W. Adams prétend avoir eu à se louer du broiement delà lentille, pour remédier, par la soustraction de cet organe, à l'augmentation de réfraction que produisait laconicité cornéale. Dans l'une des observations qu'il publia 1j il s'agit d'une jeune femme chez laquelle les perceptions visuelles s'étaient tellement affaiblies, qu'elle avait été contrainte de renoncer à son état de domestique et de recourir à Passislance de sa paroisse. Les deux yeux ayant été soumis au broiement aune année d'intervalle, la malade recouvra la faculté de voir nettement de près comme de loin sans lunettes. W. Adams, qui l'observa de nouveau longtemps après, s'assura qu'elle distinguait parfaitement à une distance de trois ou quatre milles.

Établissement d'une pupille artificielle. — Tyrrell pratique à l'Union de la sclérotique et de la cornée, le plus habituellement dans l'espace compris entre le muscle droit inférieur et le muscle droit externe, une ouverture suffisante pour permettre le passage d'une petite érigne. Le bord correspondant de la pupille est accroché, puis attiré vers la solution de continuité. Dans quelques cas, la portion d'iris enclavée a été consécutivement touchée avec le caustique, comme dans les hernies de cette membrane ; mais Tyrrell préfère la corectomie immédiate. M. Bowman, dans une circonstance de ce genre, fendit successivement la cornée en deux points opposés, et enclava dans les plaies kératiques le bord pupillairc de l'iris saisi avec la pince-tube (pl. II, fig. 17), de manière à prolonger sur les côtés de la protubérance morbide la pupille convertie en une fente étroite. Lej docteur Crilchett propose, dans ce but, Yiridésis, ou formation d'une pupille artificielle par la ligature de l'iris, dont nous parlerons dans le chapitre suivant.

Conclusions. — Quel que soitlemode pathogénique de la conicilé cornéale, l'iris, à notre avis, doit être, dans le traitement chirurgical de cette infirmité, le point de mire de nos tentatives. L'échancrurc de la pupille par l'excision de ce diaphragme, opération si bien supportée par les malades, offre l'avantage de bonifier la vue, à l'instar des instillations mydriatiques ; en fonctionnant, en outre, comme dans son application aux affections glaucomateuses, la corémorphose engendre dans l'œil une détente salutaire qui ne peut que tourner au profit de l'aplatissement de la protubérance. L'observation clinique confirme l'excellence de ce précepte. Tyrrell a pratiqué sept ou huit fois avec'succès l'excision indienne dans le staphylùme peiiùçide ; je suis en mesure de produire un récent exemple où cet expédient a été couronne d'une pleine réussite. Tous ces motifs me semblent donc militer en faveur de son emploi, dans les cas où la maladie aatteintun degré tel ipic l'intervention d'une ressource énergique est jugée utile.

i Journal universel des sciences médicales, t. VU, p. 2IH, et l. XV, p.

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