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CHAPITRE IV.— MALADIES DE LA CORNÉE

nnllamuuUluu de celte membrane et ses produits se limitent, puis se dissipent | ec une rapidité quelquefois très-remarquable. Des sujets qui, par suite de kératites opiniâtres , ne pouvaient distinguer les plus gros caractères d'impression, sont arrivés, après un laps de temps, qui a varié de six à vingt et un jours, a lire

Técriture la plus line.

cautérisation. - On a recommandé de porter autour de la cornée, et sur cette membrane elle-même, un crayon très-uni de sulfate de cuivre, dont on réitère l'application, après la disparition de l'inflammation qu'il a produite. Un malade de Bicêtre, atteint de pannus, fut guéri, en vingt-sept jours, par M. Metaxas, a l'aide de fortes cautérisations pratiquées, soir et matin, sur la face interne des paupières avec le sulfate de cuivre. M. Metaxas m'a affirmé que cet homme, auparavant aveugle , put, à la suite de cette médication, reprendre son état de bijoutier.

Sansoi^cautérisait la conjonctive, le long du pourtour de la cornée, avec un porte-caustique qu'il avait imaginé à cet effet, et qui consiste dans un anneau soutenu par une tige recourbée, anneau dont la face destinée à être mise en contact avec le bulbe est creusée d'une rainure circulaire que l'on charge de nitrate d'argent fondu. Pendant que j'étais attaché à son service, à l'Hôtel-Dieu de Pans, je l'ai vu pratiquer plusieurs cautérisations de ce genre. Les résultats que je fus à même de constater furent tellement médiocres, cette opération, d'ailleurs, est tellement vulnérante et tellement douloureuse, que je me promis bien de n'y avoir jamais recours.

extirpation du pannus.— Cet expédient chirurgical ne figure dans presque aucun traité d'ophthalmologie. Jùngken, qui en donne une description1, fait observer que cette ablation ne saurait être radicale, comme celle du ptérygion, à cause des connexions intimes de la toile morbide ; on ne peut, dit-il, que l'arracher par lambeaux, pour détruire le reste avec les cathérétiques. Comme cette opération endommage gravement la cornée qu'elle expose à des leucomes étendus, à la phthisie, etc, il n'y aurait lieu d'y songer qu'en présence d'un pannus uni-oculaire très-invétéré, d'une masse sarcomateuse surtout, qui fournît quelque prise à l'instrument. Si le malade était aveugle, l'inoculation, dont nous parlerons tout à l'heure, serait d'une application infiniment préférable. Un sujet, atteint d'un pannus charnu, fut infructueusement traité, durant un mois, par M. Stœber, à l'aide des instillations du laudanum, de pommades rouges, d'un vésicatoire à la nuque, de purgatifs 2, etc. Ce chirurgien en entreprit l'extirpation (7 décembre 1854). Il s'efforça de saisir la couche charnue avec des pinces, mais elle ne se laissa point soulever ; des adhérences trop serrées Punissaient au parenchyme cornéal. L'opérateur, armé d'un kératotome, se décida alors à râcler la cornée avec quelque violence. Les antiphlogisliques triomphèrent avec rapidité des accidents inflammatoires qui survinrent les jours suivants ; l'on. conseilla ensuite des instillations ta'nniques. Peu à peu la cornée s'éclaircit, au point que, le 3 février 1855, le malade quitta l'hôpital ne présentant, dit-on, sur cette membrane, qu'un léger brouillard.

i Jungken, Die Lehrcvon Augenoperationen.'BerUn, 1829, p. &âg, 1 Gazette médicale, année 1855, p. 415.

380 LIVRÉ 11. — MALADIES 1)1! GLOBE OCUUlMÎ.

inoculation. — Employée |iout la première lois, en INI 2, par le professeur Jaeger, cette ressource thérapeutique le lui plus tard par Piringer, Stout, Dud geon, Fallut, Van Roosbroeck, Warlomont, etc. Tels sont les succès qu'on a retirés île cette médication, éijergiquement substitutive, malgré sa bizarrerie apparente, qu'elle mérite de figurer parmi les expédients curatifs les plus précieux.

L'inoculation consiste dans le transport sur la conjonctive palpébrale, à l'aide d'un pinceau, d'une certaine quantité demuco-pus puisé dans l*œi.l d'un enfant atteint d'ophlbalinie des nouveau-nés (Jaeger, Piringer), ou môme dans le canal urétral d'un sujet affecté de gonorrhée. Quand on ne peut agir de la sorte, dit le docteur Warlomont, on conserve le pus, comme on le fait du vaccin , entre deux lames de verre ; il suffit, au moment de s'en servir, de l'étendre d'un peu d'eau, mode de procéder moins certain que le transport direct de la matière fraîche, mais qui réussit cependant le plus communément; il réussit même, assure-t-on, quand le muco-pus est étendu de cent fois son volume de vébicide. Les vaisseaux conjonctivaux s'injectent ; dès le lendemain, le plus habituellement, on constate la manifestation d'une ophthalmo-blennorrhée plus ou moins intense. Si son acuité paraît menaçante pour l'organe visuel, on la combat par les moyens déjà connus du lecteur : cautérisation de la face interne des paupières avec une solution très-concentrée de nitrate d'argent , collyre contenant quinze ou vingt centigrammes de ce sel pour trente grammes d'eau, fomentationrésolutives, élimination des flots purulents à l'aide des douches, scarification du chémosis, purgatifs, etc. La phlegmasie est-elle concentrée dans de justes bornes, on la respecte. Lorsqu' enfin elle ne présente pas une allure franche, qu'elle est plutôt subaiguë qu'aiguë, on réitère l'inoculation. M. Van Roosbrocch fait observer que, chez quelques sujets, la tolérance de la conjonctive est telle, qu il faut parfois recourir à dix ou douze inoculations successives, avant de constituer une blennorrhéc curative. Ce professeur a même vu des malades à qui on inoculait trois fois par jour, durant six semaines consécutives, du pus provenant d'une blennorrhagie très-aiguë , et chez lesquels on ne produisait tout au plus qu'une légère irritation de l'œil. Or, il arrive souvent que le pannus tende à se dépouiller de sa vascularisation et à s'éclairçir, à mesure <pie les phénomènes inflammatoires se calment; les produits plastiques sont susceptibles de se résorber peu à peu ; si le tissu propre de la cornée a été épargné par les désordres, la vision peut se rétablir, au bout d'un temps qui varie : un mois et demi . deux mois, etc. Lorsque le travail de résorption procède avec trop de lenteur, il faut l'activer à l'aide de quelques moyens résolutifs, parmi lesquels on a recommande les pommades rouges , les insufflations du calomel, l'administration à l'intérieur de faibles doses d'une solution émélisée, etc.

L'application de ce procédé n'est indiquée que dans les formes les plus avancées des dégénérescences qui nous occupent (pannus charnu ou sarcomateux); il faudrait s'en abstenir , si une portion de la cornée demeurait saine. Le chirurgien sera enhardi dans son entreprise par l'état de cécité du malade ; le pire, après tout, c'est qu'il continue à rester aveugle. Quelle que Boit 1 efficacité <le l'inoculation, nous pensons qu'on ne doit point y recourir, si un gtobe est m u

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