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2" Staphylôme total ou complet. Amputation partielle de l'œil. — Lorsqu'une pseudo-cornée staphylomateuse déborde l'ouverture intcrpalpébralc et que la protubérance cause des douleurs vives, un épiphora continuel, la fièvre, l'insomnie, etc., l'homme de l'art n'a plus à sa disposition qu'une seule ressource qui consite dans l'extirpation de la tumeur, et dans la réduction du globe au volume le plus favorable pour l'application d'un œil artificiel. L'emprisonnement ge la dégénérescence, fait une fois par Lisfranc, sous un anchylob'lépharon produit par la suture des bords palpé traux préalablement réséqués, ne mérite pas de figurer dans la thérapeutique chirurgicale du staphylôme. Ce singulier expédient, dont le moindre inconvénient est de priver le malade du bénéfice de la prothèse, ne trouvera probablement jamais d'imitateurs.
Manuel opératoire.— Le malade sera assis ou couché, s'il a été endormi avec le chloroforme. Un aide soulèvera la paupière supérieure avec le crochet plein (pl. I, lig. 3), et déprimera l'inférieure, ou bien encore les deux voiles seront écartés l'un de l'autre avec le bléphareirgon de Kelley-Snowden (pl. I ,
Le chirurgien commence par accrocher la protubérance avec une érigne (pl. I, fig. 6), qu'il implante assez profondément pour que les tissus ne puissent pas se rompre dans les mouvements de traction qu'il doit exercer ; puis il confie le crochet à sa main gauche, s'il agit sur l'œil gauche, continue à le tenir de la main droite, s'il opère au globe droit, et saisit le staphylotome (pl. VI, fig. 8), de l'autre main. Cet instrument, dont le tranchant regarde en haut, comme dans la kératotomie supérieure, doit être enfoncé à travers la cornée, et ressortir au côté opposé, à un millimètre environ du limbe de cette membrane, et au-dessous du diamètre horizontal de l'œil, de telle sorte que la première incision intéresse les deux tiers à peu près de la tunique cornéale et de l'iris qui en double la concavité. Le lambeau' ayant été taillé, par une manœuvre analogue à celle qu'on exécute dans le premier temps de l'extraction, on fait tourner le manche du couteau sur son axe, afin de ramener le tranchant en bas, et continuant à assujettir la cornée avec l'érigne, l'on en détache le tiers inférieur. Si l'opération a été bien faite, un anneau formé par une languette kératique ou pseudo-kératique d'un millimètre environ de largeur et par les débris de l'iris constituera les lèvres de la plaie. Lorsqu'il reste quelques fragments qui auraient dû. être enlevés avec la masse morbide, on les saisit avec les pinces et on les excise avec les ciseaux.
Remarques. Suites de l'opération. Procédés divers. — Dans cette opération que les oculistes sont appelés à exécuter fréquemment, doit-on, comme le veulent Celse1, Scarpa, Walther, n'enlever qu'une petite portion de la protubérance, vers son centre, ou faut-il, comme l'enseignent Demours et Sabatier, et avant eux, Lafaye et Woolhouse, retrancher non-seulement la tumeur, mais encore une zone circulaire de la sclérotique? La mesure la plus convenable consiste, à notre avis, dans l'excision de la totalité du staphylôme, sauf une languette
'Celse prescrit de ne réséquer que le sommet du staphylôme: ïnsummùparle ejus ad lenticulœ magniludinem exscindere . (Celse, livre VU, chap. vu.)
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étroite qu'on ménage à la périphérie de la section. Un bon nombre d'oculistes (Bcer, Rosas, Jiïngkeii, Lawrence, etc.) enlèvent, comme nous l'avons indiqué, presque toute la pseudo-cornée, mais ils font un lambeau inférieur, pour terminer la résection en liant. Si nous préférons avec Van Onscnoort, d'Ammou, Jaoger, couper en premier lieu la portion supérieure de la membrane, c'est qu'une telle manœuvre nous paraît prédisposée un peu moins à l'expulsion, plus ou moins abondante, de l'humeur vitrée, Ineonvénienl d'où pourrait résulter un moignon moins favorable, quant aux exigences de la prothèse, bien que celle-ci fût encore possible après l'effusion complète de cette humeur, puisqu'elle l'est même après l'extirpatSon du bulbe. Dans plusieurs de mes opérations, l'humeur aqueuse et le cristallin s'échappèrent aussitôt après la formation du lambeau supérieur, et ce n'est que quand je séparai le reste des tissus, en bas, que coula un flot plus ou moins considérable d'humeur vitrée. J'en aurais, très-probablement, perdu bien davantage, sous l'influence du spasme des muscles oculaires, si, manœuvrant par l'autre procédé, j'avais eu mon opération à achever. Plusieurs auteurs professent l'utilité de l'expulsion partielle de l'humeur Vitrée, au point de vue de l'appropriation la plus convenable du moignon pour la pose de l'œil artificiel. Nous ne saurions adhérer à cet avis, croyant qu'il faut admettre en principe que l'humeur aqueuse etle cristallin doivent quitter seuls leseinde l'organe, dans lequel le corps vitré doit rester en aussi grande abondance que possible.
Omet-on d'accrocher, au préalable, la tumeur avec une érigne, force est, après la formation du lambeau, de saisir celui-ci avec des pinces (Beer, Rosas, Weller). pour le couper avec le couteau ou avec les ciseaux (Mackenzie, Ruele, Rognetta), ceux de Cooper ou de Daviel (Beer, Rosas.). Les ciseaux ne méritent pas qu'on leur accorde ici la préférence ; ils doivent être même bannis, autant que possible, et surtout quand on opère des sujets non endormis avec le chloroforme, à cause des douleurs vives qui résultent de leur action. J'ai vu des malades, qui ne s'étaient plaints que peu durant la manœuvre avec le couteau, pousser des cris aigus au moment où les ciseaux agissaient.
Bien qu'un couteau à cataracte ordinaire suffise à la rigueur dans les cas de ce genre, bien qu'il suffise même d'un simple bistouri, que j'ai vu employer par Guthrie père à Londres, on ne saurait méconnaîtra qu'un kératotome, de > dimensions supérieures à celles des kératotomes destinés à l'extraction, ne fût d'un emploi plus commode contre les staphylômes volumineux et ne rendit l'opération plus expéditive. Le staphylotome de Beer, dont on se sert le plus généralement, est d'un tiers environ plus grand que le kératotome du même professeur et en possède la forme.
L'opération terminée, les paupières sont maintenues rapprochées l'une de l'autre avec des bandelettes de taffetas d'Angleterre entre-croisées au-devant d'elles; les fomentations d'eau froide ou glacée, le topique le plus efficace qu'on puisse employer après les lésions traumatiques de l'organe visuel, préviendront une réaction trop vive. Plusieurs auteurs professent qu'il faut que l'œil sain soit également fermé suivant le même modo, pour empêcher, autant que possible, les mouvements du bulbe blessé. Bien qu'excès de précautions ne saurait nuire, j'avoue que je n'ai jamais imposé cette contrainte à mes malades cl jamais