CHAPITRE V. — MALADIES DE t/lRlS. Bvi
sei lié à doses non mydriatiques et en onctions sur le front, dans le myosis symptomati([ne d'une amblyopie, à titre d'agent sédatif des irritations rétiniennes. La' photophobie peut rendre utile la prescription de quelques moyens destinés à tempérer l'éclat des rayons lumineux.
MYDRIASE (MYDRIASIS) .
La tnydriasë consiste dans la dilatation exagérée et permanente de la pupille. C est le phénomène qu'on obtient, quand on introduit entre les paupières une solution de sulfate d'atropine ou toute autre substance dite mydriatique.
caractères anatômiques et physiologiques. — Dans cette forme morbide qui se présente assez Souvent à l'observation, non-seulement l'orifice pupillaire est agrandi au point qu'on aperçoit parfois à peine un étroit anneau iridien, vers le limbe de la cornée, mais encore cette ouverture est immobile, à quelque alternative de lumière qu'on expose le malade. Tantôt la mydriase existe seule, tantôt elle est associée à d'autres symptômes paralytiques ou de nature variable.
Si un permis, pratiqué dans un diaphragme, un petit trou, par exemple, foré dans une carte, et à travers lequel on fait regarder l'œil affecté, améliore sur-leebamp la vue, dans la mydriase exe*mpte d'amaurose l, c'est qu'il n'admet au ein du globe quela quantité de rayons lumineux nécessaire pour l'exercice régu- :rdes perceptions visuelles. Un tel expédient ne saurait être d'aucun secours ûsla mydriase amaurotique, la lumière tombant sur une membrane plus ou moins inhabile à en ressentir l'impression.
C'est surtout dans la mydriase non invétérée qu'rine lumière trop éclatante éblouit et incommode le plus le malade, qui, dans cette condition, se trouvera toujours bien de l'usage des verres fumés (page 203). L'état de chronicité de l'affection la rend généralement plus supportable. Bien qu'elle soit d'ordinaire accompagnée d'un trouble de la vision du bulbe affecté, d'une confusion due à la masse trop grande de lumière qui se précipite vers la rétine, il s'est offert à moi des sujets qui lisaient, de cet œil, des caractères très-fins. Un horloger atteint de mydriase au globe droit, et que le docteur Woirhaye m'a fait l'honneur de m'adresser, distingue plus clairement, de ce côté, les objets éloignés que les objets rapprochés ; il les voit beaucoup plus petits qu'ils ne le sont en réalitn (micropsie). J'ai rencontré plusieurs fois celte dernière particularité que Demours d.t avo.r trouvée chez le tiers à peu près de ses malades ; niée par Mauchart, par Boyer, par plusieurs autres auteurs, elle a été mentionnée, d'après les recher-
' Beaucoup de gens se croient amaurotiques , et n'ont que des mydriases 5 plusieurs entre eux sont entretenus dans cette erreur par des médecins peu au courant des connaissances ophtalmologiques. 4
392 LlVIlli 11. MALAUIKS DU ULOHK OCULA1HK.
ches àé Débours, par Oribase, Aétius et Paul d'ÉgineJ Lé docteur Melcbior (de Copenhague) a observé que la myopie figurait quelquefois dans Le cortège des premiers symptômes de la mydriase, mais que, presque toujours La presbytie se manifestait plus lard. C'est celle dernière qui existe le plus constamment, d'où il résulte que, dans cette altération, les verres convexes, le n<> 20 ou le n<> 2i, par exemple, améliorent d'ordinaire la vue, pour la contemplation des corps petits et rapprochés, et fournissent la faculté de distinguer nettement des caractères d'impression que le malade aurait vainement tenté de lire sans leur secours. Le soulagement sera surtout notable si l'on ajoute à cette sorte de verres un trou foré dans un diaphragme.
Je n'ai constaté jusqu'à ce jour la mydriase idiopathique des auteurs qu'à seul œil l. Habituellement, son invasion a lieu d'une manière subite, d'où détérioration instantanée des perceptions visuelles. Transporte de colère, à la vue d'un huissier qui venait pour saisir ses meubles, un particulier fut soudai nement attaqué de mydriase à un œil ; le mal persista, malgré la multiplicité des moyens mis en œuvre. Le même accident arriva à un sculpteur, pendant qu'il lixait une statue dans le jardin des Tuileries. Les instillations et les frictions ëthérées ne produisaient chez lui qu'une conjonctivite, sans diminuer la dilatation pupillaire, quand, une poudre slernutatoire ayant été prescrite, la pupille se contracta après quelques éternuments et le trouble visuel disparut.
étiologie. — Des influences nombreuses et variées président à la constitution de la mydriase ; elle se développe souvent sans cause connue. Le resserrement pupillaire étant soumis à l'intégrité de l'élément de la troisième paire chargé de l'innervation de l'anneau constricteur de l'iris (page 9), il suit de là que c'est un désordre dans cet élément qui paraît être la cause anatomique la plus commune de la mydriase ; le plus souvent, en d'autres termes, elle semble symptomatique d'une souffrance de la totalité ou d'une partie seulement del'oculo-moteur. Telle est la mydriase dite paralytique ; on a désigné, par la qualification de spasmodique, celle qui serait produite par la contraction des libres radiées de l'iris, sous l'influence d'un processus morbide du grand sympathique. J'ai vu la mydriase accompagner Panesthésie du moteur oculaire externe, phénomène qu'on a expliqué par des anastomoses entre la troisième paire et la sixième. Krauss, Grain (de New-York) ont prétendu avoir suivi un filet du dernier nerf jusqu'au ganglion ophthalmique, disposition qui a été également rencontrée par le docteur Longet, d'après ce qu'il m'a dit lui-même. Cette union exceptionnelle n'est qu'apparente suivant Hyrtl (de Prague), le filet de communication n'étant autre
1 M. Gosselin a fait part à l'Académie impériale de médecine (séance du 1 S septembre 1860) de deux observations de mydriase bioculaire spontanée. Dans l'une d'elles, 1» double dilatation de la pupille coïncidait avec une paralysie du voile du palais, et avait surgi , comme cette dernière , dans la convalescence d'une angine grave , présumée couenneuse. M. Gosselin a trouvé la plus grande analogie entre les troubles physiologiques accusés par le malade et ceux qu'on a notés dans quelques observations récentes, oit il est question d'un affaiblissement de la vue à la suite d'angines couenneuses. Il se demande si, dans un bon nombre de ces cas, où l'on a cru avoir affaire à une aiuaurose incomplète, il n'y aurait pas eu plutôt une double mydriase .