CHAPITRE v. — MALADIES DE l/llUS. .'J
râremenl au delà de quelques jours. » Il m'est quelquefÔis arrivé de cautériser, dans la même séance, plusieurs endroits du pourtour de la cornée avec la pointe très-aiguë d'un crayon délié de pierre infernale. J'ai vuCarron du Villards frotter contre le caustique l'extrémité mouillée d'un pinceau à miniature, et la porter ensuite sur le miroir, à son union à la sclérotique.
Les stemutatoires impriment à l'œil et à toute la tête une forte secousse ; en agissant, en outre, sur les ramifications du nerf nasal, ils portent la stimulation au ganglion ophthalmique qui reçoit un filet de cette brandie nerveuse. Une poudre sternutatoire et une infusion, comme collyre , de 50 centigrammes de poivron rouge (capsicum annuum) dans 30 grammes d'eau distillée ont produit une amélioration notable chez l'une de mes malades. L'introduction du seigle ergoté par la voie olfactive a été proposée par le docteur Compérat ; Cunier , Auguste Bérard, et avant eux, Kochanowski (de Varsovie) y avaient eu recours, dans des circon stances analogues, mais à l'intérieur. Nous faisons priser à nos malades l'ergot de seigle uni au sucre candi, parfois même le seigle ergoté pur; mais quelle qu'ait été la forme employée, cette substance ne nous a fourni , contre la mydriase, que des bénéfices médiocres.
M. Hairion a entrepris d'expliquer le rôle que remplit l'ergot dans les cas de ce genre. 11 résulte de ses recherches que les effets de cette substance pharmacologique sur la pupille sont nuls ou peu marqués, chez l'homme en bonne santé comme cbez l'homme malade dont les yeux sont sains ; ils se prononcent très-manifestement, par contre, dans quelques inflammations ophthalmiques, et spécialement dans la mydriase. Le professeur de Louvain a vu, dans le dernier cas, la pupille récupérer ses dimensions physiologiques , quand la dilatation était associée à de la céphalalgie et à des symptômes de polyémie encéphalique ; dans les conjonctivites purulentes , toujours accompagnées d'une contraction plus ou moins exagérée de la pupille, à cause de la turgescence et de la sensibilité de l'œil, cette ouverture se dilatait et reprenait son étendue normale, sous l'influence du seigle ergoté, à mesure que l'inflammation et que l'éréthisme vasculaire se dissipaient. Dans l'opinion de M. Hairion, l'ergot de seigle, administré sous diverses formes , fonctionne comme hyposthénisant sur la trame vasculaire de l'iris1 et ne ramène la pupille à ses dimensions primitives que quand elle est dilatée ou resserrée par suite d'un état hypersthénique local ou plus ou moins éloigné , aucune analogie ne pouvant être invoquée entre son mode d'action et celui de la belladone sur l'ouverture pupillaire.
11 faut, dans la mydriase, recourir à l'exercice souvent répété de l'œil malade, que l'on munit d'un appareil qui y reconstitue provisoirement la normalité des fonctions visuelles. On explique les salutaires effets de cette
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1 Chez les animaux soumis à l'aclion du seigle ergoté, on observe le ralentissement lu pouls, l'amaigrissement général, l'affaiblissement du système musculaire le froid et .'engorgement des membres, des taches gangréneuses, etc. Ces symptômes ne'lémoi.nient nullement d'un effet stimulant du seigle ergoté, mais sont bien des signes d'hvDostUnl sation générale. (Hairion, Annales d'oculisliqne, t. XXXIII p il )
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8^8 1-1 VUK 11. MALADIES ni, c-lobh oculaiue.
piciliquo ]>ar l'excitation que la rétine subit, d'où la transmission de la stimulation an cerveau cl la n'Ik-.\ ion do celle-ci sur l'oculo-moleur. 1* planche V (tome 1er) de la Chirurgie des yeux de Pellier roj. régule des hésieles que cet oculiste propose pour bonifier momentanément la vision chez les mydriatiques ; elles offrent un diaphragme percé à son centre d'un orifice qui vient correspondre à la pupille dilatée; quelques-uns ont eu recours aux coquilles de noix trouées. Des appareils plus perfectionnés ont été imaginés par M. Serre (lunettes panopliques) et par M. J)onders (lunettes sténopéiques ou sténopéennes). L'un des plus simples et des plus efficaces, que jo conseille souvent, consiste dans un verre de lunettes, conlre les deux faces duquel on colle artislement un morceau de taffetas d'Angleterre, de couleur noire, et muni, vers son centre, d'une fente cruciale, qui permet de ne regarder que par un orifice exigu, quelle que soit la direction que l'œil affecte. Le verre sera convexe, si l'on a affaire à un sujet très-presbyte. Quelques oculistes le remplacent par une plaque en cuivre noirci, montée comme un verre de lunettes et pourvue de la fente qui vient d'être indiquée. Comme il importe que l'œil malade s'exerce à l'exclusion de l'autre, si l'on se sert de bésicles garnies de taffetas d'Angleterre, ou des lunettes à plaque, le verre ou la plaque, qui correspond au globe sain, ne portera pas de lacune centrale perméable à la lumière. Un verre plan ou convexe, dépoli, si ce n'est à son centre, où l'on ménage un petit orifice circulaire, pourra être recommandé au malade pour être employé bors de son domicile. Cet appareil, en effet, est moins disgracieux que ceux précédemment décrits.
Considérant que la pupille se contracte dans l'accommodation de l'œil pour les objets rapprochés, que l'exercice de l'accommodation, à de courtes distances, est çonséquemment un anlimydriatique efficace, des praticiens font boucher l'œil sain, huit ou dix fois par jour, et prescrivent au malade de fixer de l'autre œil des corps qu'on maintient très-près de cet organe. Il est digne de remarque, d'après M. de Graefe, que la pupille se rétrécit dans le mouvement qui produit un fort rapprochement des paupières, d'où le conseil que donne cet oculiste, dans les cas de mydriase , d'ouvrir et de fermer avec énergie les voiles palpébraux, manœuvre qui devra être fréquemment réitérée.
Demours annonce qu'il résulte de ses observations que, sur neuf sujets atteints de cette maladie, sept marchent vers la guérison, même sans traitement; on ne fait que l'accélérer un peu, dit-il, par l'emploi des moyens convenables, et surtout d'excitants extérieurs. Quelle que soit la valeur de celte opinion, il me paraît rationnel de diriger avec persévérance conlre la mydriase les expédients dont la valeur a été sanctionnée par l'expérience, celle maladie devant être considérée comme d'une guérison généralement fort difficile, surtout quand elle est isolée et ne se rattache à aucun principe saisissable.