CHAPITRE V. MA1.AIUES DE l'iRIS
Jaeger et beaucoup d'autres opérateurs considèrent ici l'iridectomie comme contre-indiquée et procèdent au décollement. L'expérience nous a démontré maintes fois que le procédé par déchirure et excision de l'iris, préconisé sous le nom d]iridorhexis par M. Desmarres, par M. Coursserant et par quelques autres oculistes, peut être, dans l'espèce, couronné de réussite, et l'emporte, en général, sur les expédients dans lesquels on arrache la cloison indienne à ses attaches ciliaires. La manœuvre est à peu près la môme que celle que nous avons précédemment développée. La traction du fragment iridien saisi sera pratiquée d'une manière rapide et brusque, d'où il résulte que les liens morbides cèdent et se laissent déchirer, le petit cône membraneux pouvant dès lors être entraîné au dehors de la plaie. « La déchirure de l'iris, dit M. Coursserant *, doit être obtenue du premier coup, car à peine la teinte noire du fond de l'œil apparaît-elle à travers la nouvelle pupille due à l'intervention chirurgicale, que quelques gouttes de sang s'épanchent dans les chambres de l'œil, masquent les rapports respectifs des parties rétrocornéennes, et rendent excessivement dangereuse pour la capsule cristalline l'introduction ultérieure des instruments, dans le but d'agrandir l'ouverture indienne. »
Plus récemment, M. White Cooper a proposé d'exécuter l'iridorhexis avec la pince à canule (pl. II, fig. 17) modifiée de telle sorte que l'extrémité de la pince soit légèrement recourbée, cette extrémité tombant ainsi perpendiculairement sur l'iris dont elle arrache le repli destiné à être excisé \ La pince est engagée fermée à travers l'ouverture marginale de la cornée ; on l'ouvre aussi largement que possible, dès que son extrémité a abordé le siège ordinaire de la pupille ; on presse ensuite sur l'iris en fermant l'instrument, et l'on entraîne au dehors les fibres comprises entre les deux mors.
Fig. 12.
excision latérale intkune. Les principes énoncés ci-dessus sont nppli-
' Archives d'ophlhalmologjc, t. III, p. 239. * Annales d'ocuHsliquc, I. XXXIV.'p. 138.
418 LIVRE II. — MAI. AMES IM ■ (il.OllR OC.I'LA I KE.
cables aux cas où il s'agit d'établir une pumllc artificielle par excision vers l'angle nasal de l'util. La ponction de la cornée sera effectuée avecuncoulcau-lann; cpudé, représenté sur la figure qui précède, elle fragment iridien sera accroché avec les pinces àirideelomie courbes de Jaegcr(pl. III, fig. 7). Sauf la courbure des branches, ces pinces sont tout à fait semblables aux pince., à irideclomie droites.
Se proposc-Uon de manœuvrer sur le segment interne de l'œil gauche, on saisira le couteau et les pinces de la main gauche ; on les tiendra de la main droite, si l'on opère vers l'angle interne de l'œil droit. L'autre main sera chargée des ciseaux, à moins (pic ces derniers ne soient confiés à un aide.
g 2. — Iridectomie par double lambeau.
Le procédé que nous nous proposons de décrire est celui de Wenzel, avec quelques modifications de Jùngken1. Nous signalerons ensuite certaines particularités de manœuvre dont l'utilité nous a été démontrée par l'expérii nce. C§ mode d'opérer est applicable aux cas où il y a lieu d'ouvrir une pupille artificielle cl de délivrer en même temps l'œil d'un cristallin opaque.
appareil instrumental. — 11 se compose du kératotome de Beer (pl. II, fig. 8), d'une pince à branches déliées, d'une curette de Daviel, et des ciseaux de Gooper (pl. TU, fig. 10).
manuel opératoire. — Premier temps. Tout ayant été disposé comme pour l'opération de la cataracte, le chirurgien saisit le couteau de Beer, et le présente au bulbe, de la même manière que s'il avait à effectuer une kératotomie inférieure. Tl le fait pénétrer dans la cornée, à un demi-millimètre environ de sa circonférence et vers l'extrémité externe de son diamètre horizontal. Dès que la pointe a été enfoncée à 1 millimètre à peu près de profondeur dans la chambre antérieure, l'opérateur éloigne un peu le manche de la tempe et engage la lame dans l'iris ; il la fait cheminer dans la chambre postérieure jusqu'à 2 millimètres environ du bord interne de la cloison, pratique là, d'arrière en avant, la contre-ponction de cette membrane, procède bientôt après à celle de la cornée qu'il établit, comme la ponction, à un demi-millimètre du pourtour de cette tunique, puis il achève la section comme dans l'extraction en bas. Il en résulte deux lambeaux semi-lunaires qui se correspondent, et dont le postérieur est le plus petit. Presque constamment, le cristallin s'échappe de lui-même, sitôt après que l'incision est terminée, le couteau ayant embroché et largement ouvert le sac capsulaire accolé à l'iris. Si cette expulsion n'avait pas lieu, ori' dégagerait la lentille avec la curette de Daviel. L'œil est fermé, après le premier temps, et quelques instants de repos sont accordés au patient.
» I.e procédé plus ou moins modifié de Wenzel a été exécuté avec succès par Travers, par M. Stdèber et par d'autres chirurgiens. « Dans une opération de ce genre, dit M. Rau, je fus assisté par le docteur Pauli (de Landau), qui put s'assurer de la facilité de son exécution.» (Voir Archiv (Ur OphthaîntolOgit, t. I, 2r partie, p. 18fi.)