CHAPITRE V. — MALAWKS DIÎ l'NUS. MU
Deuxième temps. L'aide, placé derrière le malade, ayant fixé de nouveau la paupière supérieure, et un autre aide ayant déprimé le voile inférieur et soulevé le lambeau de la cornée avec la curette, le chirurgien saisit celui de l'iris avec les pinces qu'il a confiées à sa main gauche, puis le résèque, près de sa hase, avec les ciseaux dont la convexité est dirigée en haut. Cela fait, il se hâte de remettre le segment cornéal en place, et d'appliquer le pansement de l'extraction .
hem utoi Ks. — Le danger de vider le globe exige qu'on apporte les plus grandes précautions dans l'exécution de cette opération. Toute compression doit être soigneusement évitée. S'il y avait urgence d'assujettir l'œil, à cause de la mobilité de ce dernier, il serait plus convenable de le faire avec des pinces (pl. VI, Bg. 1), implantées vers le grand angle, qu'avec la pique de Pamard, une compression étant plus aisément prévenue avec les premières qu'avec la seconde. Le malade sera opéré couché; il y aura même lieu, dans certains cas, de recourir au chloroforme.
Une précaution que nous trouvons assez utile, afin de tomber juste à l'endroit où doit être effectuée la contre-ponction de l'iris, consiste à placer préalablement le couteau au-devant du bulbe, et à marquer sur la lame, avec de l'encre, la limite qu'il faut atteindre, vers le bord externe de l'incision, avant d'exécuter le mouvement nécessaire pour rentrer dans la chambre antérieure. On peut se dispenser de faire soulever le lambeau par un aide ; rien n'est facile comme d'introduire derrière la cornée des pinces fines, avec lesquelles on exerce quelques tractions sur le fragment iridicn qu'on entraîne au dehors et qu'on excise (manœuvre de Rau). Dans le cas où la cataracte ne sortirait pas dt l'œil, après le premier temps de l'opération, on pourrait n'en provoquer l'expulsion avec la curette ou un crochet, qu'après la résection du fragment indien. 11 est bien entendu que la région de la cornée destinée à correspondre à la pupille artificielle devra être diaphane, considération qui peut militer, dans quelques circonstances, pour la formation d'un lambeau ayant une direction qui diffère de celle que nous avons indiquée.
§ 3.— Historique. — Procédés divers.
\\enzel le père , à qui la science ophthalmologique est redevable de tant de solides progrès, doit être considéré comme l'inventeur de la méthode qui nous occupe. C'est à tort que quelques écrivains en ont rapporté l'honneur à Guérin (de Lyon) , alléguant qu'il réséquait quelquefois la pointe des lambeaux de son incision cruciale. Il n'est nullement question de cette excision dans la description que donne Guérin de son procédé 1 ; en supposant même qu'il la pratiquât, ses droits à la priorité seraient très-contestables encore , son ouvrage n'ayant paru qu'en 1769, tandis que Wcnzel fils nous apprend que son illustre père appliquait avec succès la corectomie, dès l'année 1764, à Londres, sur un França.s qui habitait cette ville. Il fut conduit à une telle découverte par le
1 Voyez, son Trailédes maladies des yeux, p. 233 et sniv.
iv20 LIVRR 11. — maladifs pg GLOBE ocxi.aiiik.
hasard. Dans ses opérations dq cataracta par extraction, et quand surtout la Chambre antérieure était étroite, il lui était plus d'une fois arrivé de piquet l'iris, d'emporter même sans inconvénient des lambeaux de la cloison membrai neuse ; cette circonstance lui suggéra l'idée qu'on pouvait mettre l'excision à profit pour remédier à l'insuffisance des procédés par incision, seuls en vogue à celte époque. Voici comment Wcnzel fils rend compte, dans son Traité de la cataracte, de la méthode adoptée par son père : « On place le malade comme pour l'opération de la cataracte. On plonge le kératolome dans la cornée, de la même manière que dans l'extraction du cristallin. Quand la pointe de l'instrument est parvenue à une demi-ligne à peu près du centre de l'iris, on le plonge environ de la profondeur d'une demi- ligne dans cette membrane, et par un léger mouvement de la main en arrière, on le fait ressortir environ à trois quarts de ligne de l'endroit dans lequel on l'a plongé. Alors , en poursuivant l'incision de la cornée, comme je l'ai décrit dans l'opération, de la cataracte, avant que cette incision soit terminée, l'iris est coupé et présente un petit lambeau d'à peu près une ligne. Cette section de l'iris ressemble assez à celle de la cornée, et elle offre comme elle un demi-cercle. L'instrument ayant terminé la section de la cornée, on introduit des ciseaux fins dans l'ouverture de cette membrane, on coupe net le petit lambeau de l'iris , et il en résulte une pupille artificielle qui, quelquefois , se trouve assez ronde par la rétraction subite et égale de toutes les fibres incisées. »
Au lieu de diviser d'un seul coup les deux membranes, Sabaticr conseille1 de pratiquer d'abord la section de la cornée comme pour l'extraction de faire lever le lambeau avec la curette, de saisir l'iris à l'aide de pinces, puis d'en retrancher un fragment avec des ciseaux courbes sur le plat. L'auteur ajoute que Wenzel père lui a dit avoir plusieurs fois manœuvré d'après ce mode. Assalini, qui assista à quelques opérations de pupille artificielle pratiquées par Fovlenza , rapporte2 qu'il commençait par diviser les deux tiers de la cornée, comme il avait l'habitude de le faire dans l'extraction , qu'ordon, nant ensuite à un aide d'écarter le lambeau, il accrochait l'iris avec une pinceérigne, l'attirait à lui et en excisait le tiers environ avec des ciseaux droits. Cet oculiste exécutait constamment l'ablation de la lentille. Il injectait de l'eau légèrement tiède dans la cavité du bulbe, avec une petite seringue graduée, quand une certaine quantité de sang était exlravasée dans l'organe.
La modification la plus heureuse apportée au procédé de Wenzel est due à Becr. 11 fut le premier qui conseilla de faire une petite incision à la cornée, pour retrancher avec les ciseaux une portion d'iris entraînée au dehors par le crochetou les pinces, rendant ainsi l'iridcctomic applicable aux cas où des parties trèscirconscrites du miroir de l'œil auraient conservé leur transparence. L'excision de l'iris avec l'emporle-pièccdcPhysick (de Philadelphie), instrument assez ana-* logue à nos pincettes de foyer, et muni de plaques ovalaires à rebords tranchants^
• Sabaiier, Médecine opératoire, nouvelle édition, annotée par Santon et Bégin, t. I>V p. 377.
2 P. Assalini, Marche suite pupille arli/iciali. Milan, 181 1, p. 20.