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CHAPITRE VI. — MALADIE^ DES CHAMBRES OCULAIRES. î

Autorité dans la science, on ce qui a trait à l'utilité d'une telle tentative". Tandis qu'elle a pour partisans Wardrop, Jaeger, Rosas, Cimier, etc., elle est formellement rejetée par Janin, Scarpa, Jùngken, etc. On lui a reproché d'exaspérer les accidents phlegmasiques, de tendre plutôt à seconder l'extravasation d'une quantité plus considérable de la matière concrescible, d'exposer l'organe à se perdre; les lèvres de l'incision peuvent suppurer, a-t-on dit, d'où sa transformation en un ulcère susceptible de donner lieu à une hernie de l'iris, 11 est à remarquer, d'ailleurs, qu'habituellement la paracentèse agit beaucoup plus, dans cette circonstance, comme moyen de détente et de résorption, après l'écoulement de l'humeur aqueuse, qu'en produisant l'expulsion de la matière stagnante dans l'organe, expulsion que la densité et la plasticité de l'épanchement rendent presque toujours incomplète. J'ai vu des chirurgiens s'efforcer d'en provoquer la sortie à l'aide de stylets, de pinces, etc., qu'ils introduisaient dans la solution de continuité, et n'y arriver que d'une manière très-imparfaite. C'est môme pour ce motif que quelques oculistes ne s'adressent pas à la collection dans la paracentèse cornéale à laquelle ils ont ici recours, mais se contentent de placer leur ponction loin de l'amas morbide, dans le seul but de faire couler l'humeur aqueuse.

Saint- Yves procède à l'opération avec la lancette, Wenzel avec son couteau à cataracte (planche II, fig. 9), le docteur Monteath avec le scalpel à iris d'Adams (planche III, fig. 8). Notre ami, Sperino (de Turin), oculiste distingué , fend inférieurement fa cornée avec le perforateur de la conjonctive de M. Jules Guérin (Pl. VI, fig. 5), instrument dont se sert ce dernier pour la ténotomic sous-conjonctivale, et dont la lame, lancéolée et légèrement courbe sur le plat, présente deux tranchants latéraux qui se joignent à angle aigu pour former le sommet de cette spatule tranchante. Ce petit couteau est introduit dans la chambre antérieure, la lace concave en avant; l'arête longitudinale, dont ses deux faces sont munies, seconde la pénétration de l'instrument1. J'ai toujours ponctionné la cornée, dans les cas de ce genre, avec le couteau-lance coudé- 1 incision doit avoir de quatre à six millimètres. L'on exécute ensuite quelques mouvements de pression surla lèvre inférieure de la plaie avec le dos de la curette de Daviel; l'on introduit même, au besoin, celle-ci au milieu de la collection, et il est bien rare qu'on ne parvienne pas à en entraîner une bonne partie au dehors. Une seule ponction a suffi le plus souvent ; dans d'autres cas,

• Lorsque M. Sperino veut faire sortir l'humeur aqueuse plusieurs fois dans la même (journée, et même à des intervalles de vingt-quatre heures (au maximum), il ne répète

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licué rend plus propre a rompre avec délicatesse et ménagement les adhérences oui oumient ,élrc formées au fond de ^ pla.ej adh,rences -e 2Zl\ou

■ ■ ! et travers la même ouverture être cause de suppuration ou de mortification II! Plaie. Il ne reste qu'une petite cicatrice qui est complètement fcr»l n 'Près qu'on l'a retiré. Cette cicatrice est 'seulement ^Z ^ZT ^ 'T5 Pendant plusieurs jours de suite, et dans un endroit du r t X, ^ ' ^

-cm inconvénient. (Annales tocuUstiaue, t. XUV p 6 ) ^

43S i.lviiK il. — MALADIES du GLOBE OCULAIRE.

il a fallu avoir recours à plusieurs tentatives de ce genre. Jaogcr m'a dit qu'il

avait parfois réussi, à la faveur de deux ou trois ponctions, à sauver l'œil.

Observation XXI. — Mosureux.qui entra en traitementà mes consullalionscliniques le 4 2 juin 1 860, élaitalleint à l'œil gauche d'une ulcération de la cornée, accompagnéed'hypopyon, désordres survenus par suite d'une violente contusion de l'organe. Les saignées., les sinapisnics, l'onguent napolitain bclladoné, le calomel, le polygala de Virginie ayant été vainement employés durant dix jours, je me décidai, le 23 juin , à attaquer l'épanchement par la ponction. Persistant avec opiniâtreté depuis un mois, et montant jusqu'à la pupille, il était tellement épais qu'aucun déplacement ne s'effectuait dans la masse par l'inclinaison latérale delête.

Rien ne sortit immédiatement après la ponction. Ce ne fut qu'à la faveur de pressions exercées avec ménagement sur la lèvre inférieure de l'incision que la matière de la collection coula peu à peu le long de la concavité de la curette. Je parvins ainsi à eu évacuer la moitié environ. (Sangsues, cataplasmes sinapists aux jambes, fomentations réfrigérantes, calomel.)

Le 26 du même mois, Mesureux m'assura qu'une grande quantité de l'amas plastique avait encore coulé le long de l'incision durant plusieurs heures après l'opération. Je trouvai l'hypopyon infiniment moins copieux qu'il ne l'était après la tentative chirurgicale. Le malade ne souffrait pas et avait recouvré la vue. Le 30, la résolution delà collection était complète. Peu à peu les accidents se dissipèrent, et, le 17 juillet, Mesureux put reprendre ses occupations.

Galien cite un certain Jttstus , qui se flattait de guérir l'hypopyon en saisis, santpar les côtés la tête de ses malades, à laquelle il imprimait ensuite de fortes secousses. Nous mentionnerons encore, à titre de donnée historique, les injections d'eau tiède faites dans le globe par Saint-Yves, à travers une perforation corneenne. La succion, autre expédient chirurgical, jouit du singulier privilège d'être proposée deux ou trois fois par siècle et de tomber immédiatement dans un juste oubli. Conseillée, en 1703, par Jean-Baptiste Verduc1 , elle le fut, quarante années après, par Leclerc, qui recommande d'introduire dans la chambre antérieure, à travers une ouverture pratiquée à la cornée, un petit tube de verre, muni, dans son milieu, d'une boule dans laquelle il veut qu'on attire, par l'aspiration, l'amas morbide. La succion a été préconisée de nouveau, il y a quelques années , par M. Adelmann, professeur à Wurzbourg , qui a imaginé dans ce but un instrument. 11 se compose d'une petite canule, destinée à pénétrer dans la plaie kératique, d'un tube de verre qui s'adapte à la canule, et d un tuyau mince en caoutchouc vulcanisé, muni , à son extrémité libre, d une embouchure de corne qui vient se mettre en rapport avec la bouche de 1 operateur.

i On fait une petite incision avec une lancette délicate au bas .le la cornée. Si le pi* est épais et qu'il ait peine à sortir, on pourra le tirer en suçant avec un pet.t tuyau mais, afin que. le pus ne monte pas jusqu'à la bouche, le tuyau doit être un peu dW dans son milieu, en forme de pelilvase, afin que le pus s'y arrête. (J.-B. Verduc, iff™ des opérations de chirurgie,?* édition. Paris, 1703.)

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