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CHAPITRE VU. MALADIES D0 SYSTÈME LKNTHXLAIKK

sujets avancés on âge. Comme, souvent, on ne saurait le découvrir qu'après avoir artificiellement dilaté l'orifice pupillaire, il ne peut apporter aucun trouble sérieux dans l'accomplissement des fonctions visuelles. Tantôt, ce gérontoxon est complet (cercle sénile du cristallin), tantôt, il est incomplet (arc sénile). Les stries, d'ailleurs, qui en émanent peuvent se propager à la longue jusqu'au milieu de la lentille, le noyau qu'elles bordent restant clair ou devenant ambré ou opaque à des degrés variables. Nous avons vu (page 367) que le gérontoxon de la cornée était parfois associé au gérontoxon lenticulaire.

11 résulte de nos observations que, le plus communément, les stries se montrent originairement aux limites des couebes corticales les plus rapprochées du sac capsulaire. 11 faut, toutefois, reconnaître qu'il y a trop peu de temps que des moyens précieux d'investigation sont en notre pouvoir pour que tout soit encore décidé sur ce point qui a trait au mécanisme de l'origine intime des opacités lenticulaires. Les divergences qui régnent parmi les praticiens démontrent péremptoirement que c'est là une de ces questions sur lesquelles l'observation clinique n'a point dit son dernier mot.

Représentant à cet égard des idées du docteur Cusco, M. Dubarry pense1 que c'est du gérontoxon lenticulaire que procède tout le travail pathologique. Or , ce cercle n'occupe pas la partie la plus superficielle des couches corticales ; on peut les enlever, avant d'arriver à lui ; il semble situé à un demi-millimètre environ dans leur profondeur • il proémine plus ou moins vers l'une ou l'autre des deux faces du cristallin. Ce travail est quelquefois centrifuge et se propage spécialement sur les couches les plus superficielles de la lentille. Dans ce cas, les lamelles corticales, comme soulevées et écartées les unes des autres, isolées par des parties diaphanes encore, donnent lieu, immédiatement sous la cristalloïde, à une série de saillies, en houppes d'un blanc chatoyant. Dans d'autres circonstances, le processus morbide a une marche centripète. On distingue, émanant du cercle sénile, une série de stries très-déliées, qui lui donnent l'aspect d'un peigne fin ou d'une roue dentée sur sa partie interne. On rencontre parfois encore deux autres segments de cercles concentriques au gérontoxon principal, mais toujours très-incomplets et siégeant dans les couches corticales, à des profondeurs variables. « C'est là, dit M. Dubarry, le type des altérations séniles du cristallin. Dans les cas où la cataracte devient complète, on voit se détacher de ce cercle des stries fines, mais opaques, séparées les unes des autres par des portions encore transparentes. Ces stries se rapprochent de plus en plus du centre, et la partie nucléaire se trouve prise dans leur intérieur, comme un centre de cristallisation. »

On a dit qu'il était fort rare de rencontrer des cataractes corticales chez des sujets âgés de moins de quarante ans, opinion en contradiction formelle avec les idées d'autres oculistes. D'après M. de Gracfe, par exemple, si dans la période avancée de l'enfance, et pendant la jeunesse, se constituent les opacités cristallinienncs les plus diverses, il est permis d'établir, abstraction faite de la cataracte stratifiée, que les chirurgiens ne rencontrent généralement que

1 Dubarry, Rrchcrchcs, sur lu culamcle. Thèse hiaug. Paris, IS.'iO.

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dans cette phase do la vie, que c'est la catarac te corticale qui se présente le plus fréquemment. Le développement de l'opacité est d'ordinaire très-rapide, dans de telles conditions J aussi, exerce-t-elle une prompte iniliience sur la vision, qu'elle abolit souvent, peu de semaines après sa'première formation, bien (pie cette cataracte mette de deux mois à une année à atteindre sa maturité proprement dite. Quant à la localisation des stries, il résulte des observations de M. de Graefe qu'elles débutent plutôt dans les couches intermédiaires de la lentille que dans les couches supcrliciellcs. Elles ne commenceraient, suivant lui, dans les parties les plus voisines de la cristalloïde que chez les jeunes sujets ; chez les personnes âgées, au contraire, leur point de départ existe dans les couches corticales profondes, dans celles qui se rapprochent le plus du noyau. Suivant M. lîowman, dans la cataracte qui surgit à l'âge moyen de la vie ou durant la vieillesse, la face postérieure de la lentille est assez fréquemment la première envahie, l'opacité émanant le plus souvent de la périphérie de cet organe sous forme de stries, dont le nombre, l'épaisseur et la longueur sont sujets à varier. Si l'on imprime arliliciellement une forte dilatation à la pupille, il est assez commun de s'assurer que quelques-unes de ces stries passent ' de la face postérieure du cristallin au-dessus de la circonférence de ce dernier, pour sillonner ensuite une certaine étendue de sa face indienne. M. Bowman professe que les stries ne sont, dans ce cas, que des paquets de fibres cristallines que quelque altération de nutrition a frappées d'opacité. 11 semble, dit-il, qu'il y ait dans les libres cristallines une tendance à devenir opaques dans toute leur longueur, quand une cause morbide atteint un seul point de leur étendue ; de là la configuration linéaire de l'obscurcissement. Ce dernier débute probablement à la partie moyenne de ces fibres, près de la circonférence du cristallin. Dans une autre variété d'opacité qui apparaît chez l'adulte, on distingue, soit sur la face antérieure, soit sur la face postérieure de la lentille, des stries cpii divergent du centre vers la périphérie de l'organe.

Au début de mes études ophtalmologiques , on professait que la cataracte lenticulaire commençait presque constamment au centre de la lentille, pins se propageait par degrés vers la périphérie. C'était l'idée de Beer; elle dominait partout dans les écoles. Les données qui précèdent démontrent que la question a changé de face. Quelques observateurs, cependant, ne les admettent qu'avec des restrictions plus ou moins larges. Nous citerons parmi eux un oculiste d'un grand talent, M. Lohmeycr, professeur de chirurgie et d'ophtbalmologic à Çœtlingue. Dans sa pensée, les deux conditions capitales sous l'empire desquelles le cristallin s'obscurcit sont l'atrophie de cet organe et sa dégénérescence graisseuse. L'atrophie se révèle par une couleur jaunâtre, qui commence au centre de la lentille pour se propager ensuite vers la circonférence; elle ne semble pas nuire d'une manière sensible à l'acte des fonctions visuelles. Cet état, ou glaucome sénile, qui a donné lieu à lantd'errcurs de diagnostic, se perpétue soment pendant des années, sans modification ; tuais, le plus fréquemment, pendant que la teinte ambrée devient plus forte, la diaphanéité du noyau lenticulaire diminue (cataracte nucléaire dure), et cette opacité se propage graduellement du centre à la périphérie. Telle est la cataracte dure, la cataracte sénile. Dans

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