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CHAPITRE Vif. — MALADIES DU SYSTEME LENTICULAIRE. Y

une période avancée, la coloration peut aller du jaune d'ambre an brun Foncé, tirant même sur le noir; mais le maximum d'intensité reste toujours au centre. Contrairement à la forme qui vient d'être signalée, celle que caractérise nue dégénérescence graisseuse des libres du cristallin commence par la périphérie de cet organe et lin i t toujours par en envahir le centre. Les traits distinctits des opacités dites corticales se montrent au début ; puis la cataracte se constitue peu à peu sous forme de cataracte caséeuseou demi-molle. Elle peut même être plus ou moins liquide autour de la partie demeurée ferme du cristallin , et, si la liquéfaction des couches périphériques a lieu avant que la lentille ne soit opaque à un degré un peu marqué, on a la cataracte de Môrgagni, dont l'existence a été contestée à tort1.

2° cataracte capsulaire ou membraneuse.— L'opacité qui la constitue est dite cataracte capmlaire antérieure ou cataracte capsulaire postérieure, suivant qu'elle occupe l'hémisphère antérieur ou l'hémisphère postérieur de la capsule. La cristalloïde postérieure est beaucoup moins souvent affectée que la cristalloïde antérieure. La position que ce dernier feuillet occupe nous explique la fréquence des atteintes dont il peut être l'objet, dans les iritis, les ulcères de la cornée , les hypopyons, les blessures du bulbe, etc.

Les obscurcissements de la cristalloïde antérieure s'offrent sous forme de points, de plaques, de bandelettes, sans direction fixe et souvent accompagnés de svnécbie postérieure. Leur teinte est fréquemment d'un blanc crétacé ou nacre, qui contraste avec la teinte généralement terne des opacités lenticulaires 6es taches sont tantôt plates et tantôt exubérantes. Elles sont toujours superficielles et situées immédiatement derrière la pupille. Dans quelques cas même elles proéminent à travers cette ouverture (cataracte pyramidale)

S. l'on rencontre parfois dans les affections de la substance propre de la lentille quelques-uns des caractères assignés aux opacités de son enveloppe il est assez facile, néanmoins, et avec de l'habitude, de reconnaître par l'ensemble de ces derniers la cataracte capsulaire antérieure. On ne saurait en dire autant des obscurcissements delà moitié postérieure de la capsule, dont le diagnostic ^toujours incertain. Les auteurs indiquent comme traits caractéristiques des s nés opaques situées profondément et sur un plan concave, taches que l'em-

Zhtr mjiTTîl rCndplUS mais ces stries, qui présentent

loi un certain éclat, occupent le plus souvent la partie postérieure de la Jeu- Ile elle-même (cataracte corticale postérieure). On a dit aussi que la cataracte aPsu aire postérieure n'altérait que peu la vision. J'ai connu une femme ch «quelle les deux capsules postérieures me parurent offrir l'aspect d'un tissu réticulaire ; elle pouvait encore se livrer à des travaux de broderie assez mïnu-

" lètTCei Un malade ^ Hsait aVGC hclm danS ™e H"*» dont les

r étaient assez gros; quand on dilatait la pupilles la belladone, d hauteur, on distinguait les espaces transparents à travers lesquels pénétrait la

1 La iraduction du mémoire du docteur Lol.moyer extrait ,1„ 7 ,u , •„ f nelle Médian (année 1851), est consignée au t. XXXV 0 f f ^ ''T liqtu: AVI' -i0t>. des Annales d'oculià-

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lumière. Ces opacités avaient-elles pour siège la cristaJldïdG postérieure ou les couches correspondantes de la lentille? La dernière localisation me paraît infiii i mon t plus probable.

La question des cataractes capsulaires a été l'objet de controverses nombreuses depuis l'année 1 8-41 , époque à laquelle M. Malgajgne battit en brèche la théorie, incontestée jusqu'alors , sur l'essence intime des opacités dont il s'agit. Ont-elles leur source dans la capsule elle-même, ou émanent-elles de produits fournis par les tissus voisins du sac capsulaire? Nous exposerons les idées de quelques observateurs, avant de formuler notre opinion à cet égard.

M. Siebel, dont les doctrines ont subi, sous ce rapport, de larges modulations dans ces dernières années, annonce aujourd'hui ' qu'il croyait autrefois que toute opacité de la capsule était la suite de son inllammation ; les progrès de la micrographie lui ont démontré qu'il n'en était pas toujours ainsi. M. Siebel range dans une catégorie particulière des obscurcissements capsulaires, qui semblent avoir pour cause productrice, non une phlegmasie , mais une altération dans la nutrition de la crislalloïde, qui, d'après lui, se flétrit, se plisse, s'épaissit, s'atrophie, de même que, dans l'atrophie du globe, l'on voit la sclérotique s'épaissir et se plisser en s'atrophiant. » Nous prenons acte, dit-il, que nous n'effaçons pas encore définitivement la cristalloïdite du cadre nosologiquc. L'absence de vaisseaux et de nerfs n'est pas pour nous une preuve absolue de l'impossibilité de l'inflammation ; il n'est pas encore prouvé que des vaisseaux ne puissent se former, par un travail pathologique, la où ils n'existaient pas primitivement. Ce développement pathologique de vaisseaux sanguins se fait surtout par l'extension des vaisseaux normaux des parties contiguës, comme cela se voit journellement dans la kératite. »

M. Ch. Robin divise les cataractes capsulaires en deux espèces : t° cataractes capsulaires pseudo-membraneuses ; 2° cataractes capsulaires phosphatiques. Infiniment plus fréquentes que les secondes, les premières sont caractérisées anatomiquement par la production de filaments ou d'une couche pseudo-membraneuse qui dérive probablement de l'iris, s'est trouvée en communication avec ce diaphragme et cesse de lui adhérer , tandis qu'elle reste fixée à la face irienne de la cristalloïde antérieure, à son centre surtout, qui en est la partie la plus saillante. Le produit pathologique est constitué par un tissu non vasculaire, ferme, difficile à déchirer; ce tissu est habituellement incrusté par une quantité variable de granules microscopiques, généralement arrondis, composés principalement de phosphate de chaux avec un peu de carbonate de cette base. La cataracte capsulaire phosphatique consiste dans la production de granules semblables aux précédents, de même nature et implantes dans la surface indienne de la cristalloïde antérieure. L'opacité se manifeste quand ces grains sont assez volumineux et assez rapprochés les uns des autres pour contrarier la transmission de la lumière et constituer ainsi des amas que l'observateur distingue sou$ forme de taches, de points, de lignes blanchâtres.

Dans plusieurs cas de cataracte capsulaire décrits par le docteur Broca, lo-

1 Iconographie ophîftalmologique, p> 3$9.

CHABEEKE VII. — MALADIES DU SYSTÈME LENTICULAIRE. Ao'i

pacité était due, suivant lui , à des granulations très-fines, insolubles dans les acides les plus torts, et qui, malgré leur apparence crétacée et inorganique, étaient probablement de nature graisseuse1. Ces granulations étaient déposées dans Fëpaisseur même de la membrane cristalline et non sur Tune ou l'autre de ses faces. De plus, le microscope a montré que la cristalloïde était le siège d'une altération que M. Broca a rencontrée dans les cartilages articulaires, et qu'il a proposé de désigner sous le nom de fissuration. Ce désordre est caractérisé par un changement de consistance qui permet à la capsule de se laisser déchirer en bandelettes ou en lanières inégales, propriété tout à fait insolite et manifestement développée sous l'influence d'une condition pathologique.

M. ïestelin fait observer2 qu'il est aisé de prévoir théoriquement, d'après l'organisation de la capsule, que ses altérations doivent être très-peu complexes. Cette organisation est des plus simples; c'est une membrane basique analogue à une lamelle de verre. A l'œil nu, les lésions dont il s'agit ne consistent que dans l'épaississement et la perte de transparence de la membrane. L'examen au microscope révèle que ces modifications ne sont dues qu'à des dépôts qui se font sur l'une ou l'autre de ses faces, dépôts dont la nature est diverse : fibres cristallines dégénérées, fibrine, incrustations calcaires, graisse, qui tous peuvent être séparés de cette membrane, laquelle récupère alors toute sa transparence et même son épaisseur normale.

11 résulte des documents tirés de ma pratique que neuf fois sur dix, au moins, les cataractes capsidaires dérivent de matières exsudatives, de produits plastiques émanant des parties voisines de la capsule et notamment de l'iris. Les brides qui constituent les synéchies postérieures et qui accompagnent si fréquemment les opacités capsulaires, le pigment dont ces brides et ces opacités sont souvent enduites, toutes les circonstances enfin qui ont présidé à la constitution du travail morbide ne viennent-elles pas démontrer la vérité de la propos, hon qui vient d'être énoncée. Nous ne saurions admettre des obscurcisse ments engendrés par une capsulite ou une cristalloïdite, puisque l'existence de celle-ci est plus que problématique. Quant au trouble provenant, dans quelques cas, d'un défaut de nutrition de la membrane affectée, je le crois fort admissible, et c'est probablement suivant ce mécanisme que se développent un bon nombre de cataractes capsulaires secondaires.

3° cataracte CArsuio-LENTicuLAiRE.-EIle se dénote parla somme des phénomènes qui appartiennent aux opacités capsulaires et aux opacités cristallines lorsque le disque antérieur de lacapsule est affecté et qu'il n'a perdu qu'en partie sa transparence^ existe deux couches opaques; l'uneest superficielle, inégalement partagée, nacrée, crétacée, etc.; l'autre, placée derrière la précédente n'est viable qua travers les interstices qui séparent les points obscurcis de la

P. Broca, Mémoire sur la cataracte capsulaire. (Archives cl ophtalmologie, t. II ,

"Annales cï oc distique, l. XXXIV, p. 109.

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caractèhes physiologiques. — L'étude des sensations du malade et du méca-, I nisme dérangé do la vision forme un second groupe de moyens d'exploration moins certains que les signes précédents, mais qui ne doivent pas être négligés de l'observateur.

Dans le principe, quelquefois même avant qu'on ne puisse constater aucunes opacité dans l'œil, à moins d'avoir recours à rophlhalmoscope 1 et surtout ù l'éclairage oblique, le malade se plaint que sa vue se trouble et s'affaiblit. IMus lard, les objets lui semblent couverts d'une gaze ou d'une fumée blanchâtre; leurs contours les plus fins lui échappent; leurs couleurs sont émoussées. S'il ne les distingue pas, en général, aussi facilement à une vive lumière que dans une médiocre obscurité, c'est que l'ouverture pupillaire, contractée dans le premier cas, ne peut admettre qu'une petite quantité de rafons lumineux, tandis ■qu'à une lumière modérée ils franchissent en plus grand nombre la pupille dilatée et traversent la périphérie du cristallin et les portions voisines du corps vitré. Aussi le malade voit-il mieux lorsque, le dos tourné contre la fenêtre, il fixe les objets placés dans l'appartement, quand il ombrage ses yeux à l'aide de la main ou d'un garde-vue, lorsque le ciel est couvert de nuages, avant le lever du soleil ou quand le jour commence à baisser. A mesure que la cataracte approche de sa maturité, la vision devient de plus en plus confuse; une époque arrive où le malade n'est plus en état de mareber sans guide. Toutefois, quand la rétine est saine, l'opacité lenticulaire, sauf quelques exceptions fort rares, ne s'oppose pas entièrement à la perception de la lumière, et lors -même qu'elle a atteint son apogée, le malade peut distinguer le jour de la nuit et apercevoir l'ombre des corps qu'on agite à une certaine distance devant lui. Sa démarche est caractéristique. Il cherche l'ombre, fronce le sourcil, et marche la tête baissée et le long des murs; l'amaurotique, au contraire, quand il est radicalement aveugle, est avide de lumière et s'avance la tète haute, le regard iixe et hébété et les yeux grandement ouverts.

Souvent, clans la cataracte, l'usage de la belladone améliore momentanément la vision en démasquant largement la lentille. Nous avons rencontré des malades auparavant incapables de reconnaître les. formes les plus saillantes et qui pouvaient, à la faveur de ce remède, compter leurs doigts. Les charlatans ne manquent pas de soumettre à un odieux trafic le résultat que déterminent, dans cette occurrence, les agents mydriatiques.

Les caractères qui viennent d'être signalés sont ceux qu'on rencontre le plus communément dans les cataractes lenticulaires. Certaines dépositions du désordre morbide les soumettent toutefois à quelques variations. S'agil-il, par exemple, de rayons opaques qui bordent la circonférence de la lentille la v.s.on ne saurait en éprouver aucun trouble, tandis que cette fonction soufîr.ra plus ou moins, si les stries occupent le champ de la pupille. Nous avons vu que la

■ On a récemment signalé, comme phénomène initial de quelques cataractes ,1^ rition de petites fêlures semi-transparentes , Irès-superficielles , et qui converti >e le centre de la lentille. Les troubles de ce genre ne sont évidemment que des sine* co ticales dont il a été précédemment question.

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