CHAPITRE VU. — MALADIES DU SYSTÈME LENTICULAIRE
est arrivée à un assez haut degré de développement, et à plus forte raison quand elle est complète. Dans certains cas, il est vrai, des cataractes, parvenues même à leur maturité, se sont dissipées spontanément sans le secours de nos instruments. Janin cite un sujet âgé de quatorze ans et chez lequel des cataractes congénitales se déchatonnèrent par suite d'une chute du haut d'un arbre; ce jeune homme recouvra la vue et embrassa la carrière ecclésiastique. Le l'ait, relaté par Boyer, d'un ancien avocat chez lequel le cristallin se détacha soudainement de lui-même, d'où résulta le rétablissement de la vision, est d'autant plus curieux que cet homme était aveugle depuis vingt-cinq ans, ayant déjà perdu un œil par suite d'une opération malheureuse, et la cataracte de l'autre œil ayant été jugée, par les chirurgiens les plus recommandables, de mauvaise nature et inopérable. M. Serre (d'Alais) a publié l'observation d'une guérison spontanée chez un homme âgé de 80 ans, sur le point d'être opéré. Tout à coup il revit la lumière et distingua quelques objets. Un mois après, M. Serre trouva l'œil gauche dans un état d'intégrité parfaite ; la pupille était noire et l'iris exécutait librement ses mouvements. Le globe droit était encore cataracté, mais la capsule flétrie offrait quelques espaces libres par lesquels les rayons lumineux pouvaient pénétrer au fond du bulbe. Dans d'autres circonstances, des blessures de l'œil par des corps piquants, tranchants ou contondants, ont amené la disparition de l'opacité lenticulaire. Loin d'affaiblir la valeur de la proposition ci-dessus énoncée sur l'incurabilité du plus grand nombre des cataractes sans une opération chirurgicale, ces faits la confirment. Lorsqu'une guérison arrive spontanément ou par une violence externe, jamais la lentille ne recouvre sa diaphanéité normale ; tantôt elle descend au fond de Porgane, comme dans les exemples de Janin et de Boyer, tantôt comme dans l'œil droit du malade de M. Serre, et ainsi que l'a pensé ce praticien, son enveloppe se brise et livre la matière cristalline à l'action dissolvante de l'humeur aqueuse et à l'absorption. Une opération par abaissement ou par discision a donc toujours eu lieu, soit par les soins de la nature, soit par des moyens traumatiques. Attendre les effets des premiers, c'est condamner le malade à une cécité presque certaine, car des guérisons de ce genre ne surviennent que Irès-exceplionnellement; force est d'avoir recours aux seconds, en les régularisant pour en atténuer les effets. C'est dans leur application méthodique que consiste l'opération de la cataracte.
TRAITEMENT CHŒURGICAL.
Article 1. — Généralités.
Éloigner du champ de la vision le corps opaque qui empêche les rayons lumineux d'aller frapper la rétine, tel est le but qu'on se propose d'atteindre dans l'opération dont nous abordons l'étude. Trois moyens généraux y conduisent j rabaissement, l'extraction et la discision ; ils constituent les trois méthode! dont cette opération se compose.
Dans l'abaissement, la cataracte est transportée de l'axe visuel dans la région inférieure de la cavité du bulbe. On la retire de l'œil, dans l'extraction, par une ouverture que l'on pratique à la face antérieure de l'organe. Dans la discij sion, on la morcelle, partiellement ou en totalité, pour l'abandonner a l'action dissolvante de l'humeur aqueuse et à l'absorption.
L'opération de la cataracte est l'une des plus brillantes de la chirurgie. On peut établir en thèse générale que quand elle est exécutée d'après un bon procédé, par des mains habiles et dans des circonstances propices, neuf malades
sur dix sont rendus à la lumière.
indications et contre-indications. - Certaines circonstances permettent l'exécution immédiate de l'opération de la cataracte; d'autres exigent quelle soit différée : quelques-unes la contre-indiquent formellement.
Une cataracte, pour être opérée, doit offrir, autant que possible, les condi-
tions suivantes ; .
1" L'opacité lenticulaire doit être la cause unique du trouble de la vision.
Le sujet doit être bien portant ;
2- Le travail inflammatoire ou congeslif, sous l'influence duquel a pu J développer la cataracte, doit être éteint. Il ne faut donc pas que cette denne|
soit trop récente; , . , ,1
3» Il est inutile que le cataracte distingue la forme et la couleur des coq, pourvu qu'il discerne la lumière d'avec les ténèbres et voie l'ombre des ; gran s objets, celle, par exemple, de la main qu'on promène a une petite distance
dTlJne pupille de forme circulaire, qui se dilate et se resserre, ^nU'intensité des ra ons lumineux, est d'un bon augure Souvenez-vous tm*fo»£ l'iris peut avoir conservé son énergie, quoique l'œil soit frapp ed — £ ; (page 45), et que l'immobilité de ce diaphragme n'indique pas une tel co* pheation d'une manière certaine, cette immobilité pouvant dépendre de la pre. sion qu'un cristallin trop volumineux exerce sur la face posténeme^ membrane, d'adhérences développées entre elle et le disque correspondant
la capsule, etc.; ., • •
5o L'existence débrides, entre la cristalloïdc antérieure et levoilc ir.cn, «