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CHAPITRE Vit. — MALADIES DU SYSTÈME LENTICULAIRE. 48i

pas une contre-indication à l'opération , mais influe sur le choix du procédé, rend impérieuses certaines modifications dans la manœuvre, et réclame, dans quelques cas, l'association de l'opération de la cataracte à celle de la pupille artificielle.

6» La présence d'un néphélion déjà ancien et placé devant l'ouverture pupillaire ne proscrit pas l'opération, car la lumière pourra le traverser et la vuedevenir plus ou moins satisfaisante. L'opacité kératique centrale est-elle épaisse, il y aura lieu de songer à une double tentative : celle de la pupille artificielle et celle de la cataracte.

7» L'opération a les chances habituelles de succès, quand, un œil étant catâracté, son congénère est frappé d'une amaurosc survenue par une cause toute locale, lorsqu'il a subi seul, par exemple, l'impression d'une violence externe. L'amaurose uni -oculaire a-t-elle surgi par suite de conditions inhérentes à l'économie, l'homme de l'art doit observer une grande circonspection dans les espérances qu'il donne à son malade. On pose généralement en principe qu'il faut s'abstenir, quand un œil est en môme temps cataracté et amaurotique. Toutefois, j'ai entendu Sanson professer que l'existence présumée d'une amaurose ne contre-indiquait pas l'opération. Si la paralysie est complète, disait-il, on en sera quitte pour une tentative inutile, dont les suites ne sauraient entraîner aucun accident sérieux, tandis que dans les conditions contraires, le malade pourra récupérer un degré plus ou moins élevé de vision. Pressé parles sollicitations de Blanc, jeconsentis à le soumettre à l'opération, que j'avais provisoirement refusée, persuadé que la cataracte était associée à une amaurose cérébrale. Le rétablissement fut complet et Blanc finit par entrer, en qualité de compositeur, à l'imprimerie chargée de l'Union médicale, l'imprimerie Malteste.

8° Quand un sujet est porteur d'une dermatose chronique, d'ulcères invétérés aux jambes, il est prudent, avant l'opération, de ne pas en provoquer la suppression.

Cette tentative sera remise à une époque plus ou moins éloignée :

1° Quand la cataracte n'est pas mûre. Nous reviendrons sur cette proposition qui n'est pas sans importance.

2° Quand l'organe est affecté d'une inflammation aiguë. Exaspérée par la lésion traumafique, elle pourrait donner lieu à des accidents graves.

3° Les ophthalmies chroniques devront également être palliées, autant que possible. C'est ainsi qu'on s'efforcera de détruire, au préalable, les vaisseaux qui aboutissent à des suffusions kératiques. Les taies devront être depuis longtemps stationnaires.

4° Si l'œil cataracté présente un ou plusieurs plérygions, dont le sommet s'étend sur la cornée, effectuez-en d'abord l'extirpation avant d'opérer la cataracte. J'ai vu, dans un cas de ce genre, Jaeger père procéder à l'ablation de la dégénérescence conjonclivale et ne déprimer la cataracte par scléroticonyxis qu'après la cessation des phénomènes phlegmasiques.

5° 11 est important de détruire, dans les limites des ressources de l'art, les granulations dont pourrait être garnie la conjonctive palpébrale, le froissement qu'elles exercent sur le bulbe, y entretenant un mouvement inflammatoire con-

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linuel, Cette recommandation esl surtout utile à suivie, si l'on doit procéder par extraction, le miroir étant plus particulièrement intéressé Mans cette méthode, <•! la cornée étant la membrane sur laquelle les granulations uni ri„ ûuenc'Q h, pins directe el la. plus fâcheuse. Combattez de même l'entropion, le trichîfesis et toutes les lésions des annexes de l'œil qui pourraient s'opposer au

succès de la cure. .

60 Quand une cataracte est compliquée de strabisme, M. Mackenzie conseille de guérir d'abord celui-ci par la ténotomie, avant d'attaquer l'opacité lenticulaire. « J'ai quelquefois, dit-il, opéré de la cataracte un œil affecté de strabisme; mais chaque fois que je l'ai fait, même chez les entants, dans l'espoir que le retour de la vision , après la disparition de la cataracte, corrigerait le strabisme, j'ai été. trompé dans mon espoir. » La donnée qui vient d'être émise est en désaccord avec quelques observations de M. de Graefe, qui .ht avoir vu plusieurs sujets atteints de strabisme divergent, qui cessa à la suite de I opération de la cataracte. Chez deux autres malades, la convergence qui existait dans l'œil cataracté avant la tentative opératoire s'évanouit peu à peu à un degré suffisant pour abolir une diplopie gênante. Dans un cas, néanmoins, la double vue se montra si opiniâtre que M. de Graefe fut contraint de couper le droit externe.

Bien que l'association d'un strabisme à une cataracte puisse avoir, après 1 eloionement de celle-ci , quelques conséquences défavorables par suite de la desharmonie persistante des axes visuels (page 90), je crois qu'il est plus opportun de s'adresser d'abord à l'opacité cristalline, quitte à remédier plus tard, et en toute connaissance de cause , à la déviation oculaire , si le besoin s en tait sentir.

7o Lorsque l'organe cataracte est dans des conditions propices, mais que son congénère est le siège d'une pblogose de quelque importance, il est prudent de chercher à triompher de cette dernière avant d'attaquer la cataracte.

S" L'époque de l'établissement ou delà cessation du flux menstruel exige qu'on retarde l'opération, si ce travail physiologique est accompagné de violents orages. On a encore appliqué cette proposition à la grossesse. Carron du \nlards qui admet le dernier principe, établit une exception en ce qui concerne une mère qui se trouverait dans l'impossibilité absolue de faire allaiter son enfant par une autre femme. , A>a„irPc 90 L'expérience ayant démontré que les affections rhumatismales et d autre! dispositions dyscrasiques pouvaient modifier les suites de l'opération d une manière fâcheuse, la coexistence de la cataracte avec quelqu'une de ces complétions nous impose parfois l'obligation , avant d'opérer, d'améliorer , autant que possible, l'état de l'organisme par un traitement dirigé contre elles.

10" H en est de même si le malade est atteint d'une affection de quelque viscère, s'il est sujet, par exemple, à des quintes de toux ou à des vomissemen» fréquents. La toux pourrait susciter de grandes difficultés pendant la """"l faire remonter la cataracte après l'abaissement, provoquer la sortie du c F vitré après l'extraction, donner lieu, en tous cas, à des congestions sibles. Les vomissements sont susceptibles de causer des accidents ia tiques.

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