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CHAPITRE VII, — MALADIES DU SYSTÈME LENTICULAIRE. 48U

Los lésions oculaires qui excluent l'opération sont toutes celles qui suffisent à elles seules pour détruire la faculté visuelle , et l'ont même souvent abolie avant l'invasion de la cataracte. Nous citerons le fongus médullaire de la rétine, le glaucome, l'hydropisie de l'œil, etc. Cédant aux instances d'un malade afflige" d'une cataracte glaucomatcuse, et qui voulait absolument être opéré, un chirurgien en lit l'extraction en notre présence. Dès (pie la cornée fut ouverte, une partie considérable du corps vitré s'échappa de la plaie; le cristallin ayant été extrait, une hémorrbagie abondante survint, produite par les vaisseaux variqueux de l'intérieur du bulbe; nous trouvâmes dans le sang des lambeaux de choroïde et de rétine. Plus tard, le globe s'atropbia et on lui adapta un œil postiebe. yn fait à peu près semblable est consigné dans l'ouvrage de Wenzel1 ; l'hémorrbagie dura dix heures, puis s'arrêta sans qu'il en résultât des accidents fâcheux.

Le pronostic de l'opération est favorable toutes les fois que le sujet est sain, qu'il distingue le jour de la nuit, et que sa cataracte s'est constituée peu à peu et sans souffrances, le malade ayant d'abord aperçu les objets comme à travers un nuage qui est devenu de plus en plus épais, jusqu'à ce que la vue se soit enfin éteinte. Le pronostic est fort incertain, lorsque l'opacité a succédé à une inflammation ophtbalmique, chez un sujet atteint de quelque vice dyscrasique, la cause qui a favorisé le développement de la cataracte pouvant occasionner, après une aussi forte vulnération , des accidents capables de compromettre la réussite. Vous aurez plus particulièrement à redouter la kératite chez les scrofuleux, l'iritis chez les rhumatisants et les syphilitiques; chez tous, la suppuration et la phlhisie du globe. Les chances sont défavorables quand la cataracte a pour origine une contusion de l'œil, car les parties internes de l'organe ont pu en ressentir l'influence ; fréquemment alors, comme le fait observer Wenzel, la vision n'est pas meilleure après qu'avant l'opération. 11 en est de même quand le globe ne possède pas son volume naturel ; lorsque la teinte et la structure de l'iris sont altérées et que cette membrane a contracté des adhérences étendues avec la capsule; quand un affaiblissement notable de la vue s'est manifesté avant qu'on eût pu constater l'obscurcissement lenticulaire; lorsqu'un œd étant cataracté , son congénère est frappé de glaucome ou de toute autre affection grave. La complication de diabète est une condition déplorable; Topération ne réussit qu'exceptionnellement dans les cas de ce genre. On a dit que le succès était d'autant plus assuré que le sujet était plus jeune, que le danger de l'insuccès pouvait se mesurer sur les progrès de l'âge. Cette proposition nous paraît erronée. Nous avons vu l'extraction et l'abaissement offrir de si beaux résultats chez des individus de cinquante à soixante-dix ans, que nous pensons que les cataractes qui n'ont pour cause que l'âge avancé du malade sont, en gèlerai, celles dont on doit le mieux augurer. Développées sans secousses et sans inflammation, elles ne sont presque jamais compliquées de quelque altération importante dans les autres parties du bulbe; si les accidents phlegmasiques après l'opération, semblent plus rares alors qu'aux autres époques de la vie'

» Wenzel, Trailè de la cularacle. Paris, 1786, p. 127.

^g^ LIVRE 11. — MALADIES DU GLOBE OCULAIRE.

cette civconàtanee tient probablement au raïentissemenl qui s'est effectué dans [a nutvition de l'organe par suite des modifications survenues dans ses conditions vasculaïres. Le résultat, toutefois, est moins satisfaisant chez les sujets décrépi^ la rétine ayant perdu une grande partie .le sa sensibilité, et les lunettes n'étant pas d'un' aussi puissant secours après l'éloigneinenl de l'obstacle.

L'observation suivante démontre que la vision peut se reconstituer régulièrement par l'opération, quelle que soit l'ancienneté de la cataracte.

Observation XXXI.— Un fourbisseur, âgé de soixante-sept ans, eut le malheur de perdre l'œil droit par suite d'une lésion traumatique. Son congénère était cataracte depuis fenfance du malade. Serres (de Montpellier) se décida à l'opérer, associant a un motif d'humanité celui de connaître jusqu'à quel point un œil, qui ava.t cesse de onçtionner depuis un si long espace de temps, était susceptible de recouvrer la faculté de voir L'opération, exécutée par abaissement, fut couronnée d'une missile complète.

Serres lait observer que ce fait, unique peut-être dans son genre, répond v.ctoncusement aux assertions de quelques auteurs qui ont prétendu que, quand l'opac.te enstalline était ancienne, il y avait lieu de craindre que la réline, trop longtemps condamnée au repos , n'eût perdu sa sensibilité. « N'est-il pas curieux de voir, d.l-.l , un malade qui a été privé pendant soixante ans de la faculté de distinguer les objets, recouvrer celte même faculté dès que la lumière frappe de nouveau la rétine? Et remarquez bien que la vue dont jouit Boichot n'est pas une de ces vues faibles et incertaines qui servent à peine aux malades pour se conduire ; à l'instant où je redlge celle observation (dix-huit mois après l'opération), Boichot passe une partie de la journée a faire la lecture. »

de la maturité des cataractes. -On croyait, du temps de Maître-Jan, que la cataracte molle ou diffluente, dans les premiers degrés de sa formation devenait, en vieillissant , de plus en plus dure , et l'on recommandait d attendre, pour opérer, qu'elle acquît une densité convenable qu'on appelait sa maturité. «La cataracte, dit Saint- Yves >, est semblable à un fruit qu'on doit laisser mûrir sur l'arbre. Si on veut le cueillir avant sa maturité, il faut en casser la queue ; au lieu qu'étant mûr, il se sépare aisément de l'arbre et tombe quelque-

fois de lui-même. » . ,.. •

Si la lentille opaque devient parfois de plus en plus dure, puisqu il armel dans quelques cas exceptionnels, qu'elle obtienne la consistance du cartilage ou ce le de la pierre, il n'en est pas moins vrai de dire qu'une cataracte dure peu mollir qu'une cataracte molle peut devenir fluide, mais qu une cataraj ès-molieUfluide ne devient jamais dure en vieillissant L'opinion es a ciens oculistes reposait sur une théorie dont l'expérience a oemontre k au • leur précepte était bon toutefois, et envisagé sous un autre point de vue L encore de règle de conduite à l'homme de l'art. 1 est plus pruden de n a | quer la cataracte que lorsqu'elle est entièrement formée, «"^J depuis quelque temps stationnée et ne permet plus au ma Iule d, s - du e d'abord parce que certaines cataractes se développent -us 1 mfluence d un

i Enoyclographie médicale, t. VIII, p. 108.

s Saint-Yves, Traité des maladies des yeux, p. 227.

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