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CHAPITRE VII. — MALADIES DU SYSTÈME LENTICULAIRE

sur un œil seul que quanti on les étend aux deux yeux à la fois. Le malade, par exemple, qui a subi l'opération uni-latérale, peut, étant couché dans son ht, Inir l'organe opéré vers le mur, et il a ainsi plus de chances d'éviter les courants d'air si préjudiciables dans les cas de ce genre. Il a toute latitude encore de se reposer sur le côté non opéré.

2» Le même avantage s'étend aux soins médicaux. Ainsi, lorsque des accidents inflammatoires militeront pour l'emploi des sangsues, celles-ci seront concentrées toutes du côté de l'œil compromis, tandis que s'il s'agissait d'une double phlegraasie, il y aurait lieu de diviser sur deux points la déplélion sanguine.

3° Quand un malade est pris de quintes de toux, de vomissements, d'accidents spasmodiques quelconques, qui peuvent faire remonter le cristallin si l'on a procédé par abaissement, provoquer l'expul-ion dos humeurs, si l'on a procédé par extraction, ne vaut-il pas mieux avoir attaqué un œil que les avoir simultanément opérés tous les deux? Le professeur Rosas me racontait que Beer venait de quitter un général sur lequel il avait exécuté l'extraction, quand ce dernier, abandonnant son lit et détachant ses bandelettes, eut la curiosité de se regarder dans une glace. Tout à coup l'humeur vitrée s'écoula des deux côtés, et ce malheureux perdit pour la vie l'espérance de voir la lumière. Or, dans l'hypothèse d'une tentative uni-latérale, le malade, dans la seconde opération, n'aurait-il pas profité d'une première leçon si chèrement payée par la perte de son œil ?

4° En supposant enfin que l'application d'une méthode quelconque ait été suivie d'insuccès à un œil, cette circonstance ne constitue-t-elle pas un enseignement précieux qui milite pour l'emploi d'une autre méthode dans son congénère ?

Exécuter dans la même séance l'extraction d'un côté et la dépression de l'autre, comme l'ont fait quelquefois des chirurgiens recommandables, est une conduite peu conforme aux principes d'une saine pratique. Outre les dangers communs aux deux méthodes, il en est qui sont particuliers à chacune d'elles, et à la réunion desquels il me semble imprudent d'exposer le malade.

saisons. — L'habitude a spécialement consacré le printemps et l'automne pour l'exécution de l'opération de la cataracte. M. Pétrequin fait observer que les réactions inflammatoires paraissent moins vives, dans ces deux saisons, toutes choses égales d'ailleurs. M. Mackenzie allègue, par contre, que le printemps est peut-être la saison la plus désavantageuse de l'année, à cause de la prédominance à cette époque des affections inflammatoires, catarrhales et rhumatismales. Nous croyons que, sauf quelques exceptions déjà notées, il est permis d'opérer en toute saison, quand le sujet est bien portant et dans des conditions hygiéniques favorables. On évitera les chaleurs excessives et les temps orageux. Une dame, chez laquelle j'avais exécuté l'extraction à un œil, se trouvait, quatre jours après, dans l'état le plus satisfaisant, quand sous l'influence d'un violent orage, elle fut prise d'une iritis qui faillit compromettre les résultats de la cure Une cause identique donna lieu à un double phlegmon, chez une malade qu'un chirurgien très-habile avait opérée par extraction aux deux yeux; l'accident surgit cinq jours après cette dernière, au moment où l'on était en droit d'espérer une réussite complète, et cette malheureuse est aujourd'hui aveugle. On choisira de

prâférËilCG une température douce pour les individus dartreuxou rhumatisants. 11 sera prudent de différer quand il règne beaucoup de rougeoles, d'crysipèles, do dothinenteries, et surtout des épidémies ophthalmiques.

TRAITEMENT PRÉPARATOIRE. Oll était jadis (lailS l'ilSUgC (le Soumettre le malade,

pendant des semaines, et souvent des mois entiers, à un traitement préparatoire composé d'émissions sanguines, do. purgatifs, de dépuratifs, d'uni: diète plus ou moins rigoureuse. Tous les praticiens éclairés désapprouvent cette routine aveugle, et reconnaissent qu'on ne doit user de ces moyens que quand des indications positives en exigent l'emploi. Exislc-t-il, par exemple, des symptômes de syphilis, il faut chercher à les dissiper par un traitement approprié. Si un jeune sujet est tourmenté par des vers, il convient de les détruire ; on connaît l'influence qu'exerce sur l'appareil de la vision la présence de ces parasites dans le tube digestif. Des auteurs conseillent d'entourer les jambes des goutteux de cataplasme* sinapisés. Quant au vésicatoire que quelques chirurgiens font appliquer à la nuque, la veille ou deux ou trois jours avant l'opération, comme moyen préservatif et chez tous les malades indistinctement, je crois qu'il vaut beaucoup mieux s'en abstenir; il gêne le décubitus dorsal, et produit, chez les sujets irritables une excitation qu'il est prudent d'éviter. Lorsque la langue est saburrale, le cataracté prendra quelques laxatifs. Scarpa recommande d'administrer, pendant deux ou trois semaines, des préparations amères (infusion de quas.ua amara, etc.) aux personnes qui ont l'estomac faible.

Pour prévenir les accidents inflammatoires qui compromettent si souvent les opérations de la cataracte, le docteur Heylen, médecin belge, et après lui M. Tavignot ont proposé de provoquer, au préalable, la salivation avec le calomel. De ce que le mercure est salutaire contre ces phlegmasies consécutives, a;ditavee quel] queraison M. Hays (de Philadelphie), faut-il en conclure qu'il le soit au même titre comme expédient prophylactique, et garantira-t-il le patient des désastres susceptibles de succéder aune opération exécutée par un maladroit ou dans des conditions qui la contre-indiquent? Saisie de la communication de M. Heylen. la Société de médecine d'Anvers émit très-sagement l'avis qu'elle n'osait partage! l'opinion de ce praticien. Elle pensa1 : 1" qu'il était parfois difficile de provoquer la stomatite mercurielle ; 2" que celle-ci une fois produite, il était souvent peu aisé de la concentrer dans des limites convenables; 3" qu'il était permis d'avoir assez de confiance dans les moyens ordinaires pour ne pas ajouter., de gaieté de cœur, au mal qui existe déjà un autre fort désagréable.

11 est inutile de faire subir à un individu qui jouit d'une bonne santé tous les détails d'un traitement préparatoire. On le laissera livré à ses habitudes comm| par le passé, en lui recommandant, toutefois, de s'abstenir d'aliments trop sales et trop épicés, et de liqueurs fortes. Le matin du jour de l'opération, ,1 peut prendre un potage léger; ou même une tasse de café au lait, s'il a contracté depuis longtemps cette habitude. On lui prescrira un lavement émollienl peu. vider les intestins, et empêcher qu'il n'aille à la selle peu de temps après a>oir été opéré, précaution surtout utile, quand on doit exécuter l'extraction.

1 Annales d'oculislique, t. XVII, p. 116.

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