POSITION DU PATIENT ET DU CHIRURGIEN PENDANT LA MANŒUVRE, PRECAUTIONS
préalarles. — Quelques opérateurs veulent que le patient soit couché dans son lit, la tête élevée par un oreiller, et que le chirurgien se tienne debout à côté de lui. De cette manière, d'après Dupuytren, on évite presque toujours la syncope, et quand on a effectué l'abaissement, on n'est pas exposé à voir remonter le cristallin, par l'effet des mouvements et des déplacements du malade. Dubois, Panizza, le font asseoir sur une chaise haute, et l'opèrent debout. Ces positions sont toutes bonnes en définitive; le praticien choisira celle qui convient le mieux à ses goûts et à ses habitudes. Quant à nous, nous préférons, dans les cas ordinaires, celle que nous avons décrite (pag. 483) et qui a, sur la position au lit, l'avantage qu'on peut toujours placer son malade dans la direction la plus propice par rapport au jour ; elle a d'ailleurs été adoptée par Jaegcr et par la plupart des opérateurs.
Si l'on se voyait contraint d'opérer sans aide, ce qui est à la rigueur permis
492 LIVRE il. — maladies DU GLOBE oculaire.
pour les opérations à l'aiguille, niais ce qtfïm doit constamment éviter dans l'extraction, 011 ferait asseoir le patient sur ane chaise à dossier peu élevé, et placée conlrc l'embrasure d'une croisée ou dans un coin de la pièce, près d'une fenêtre. Cela lait, le chirurgien écarte lui-même les voiles palpébraux avec le pouce et l'index de la main qui n'est pas chargée de l'instrument, appliquant le premier sur la paupière inférieure et le second sur la paupière supérieure, comme le faisait l'illustre Barlh, qui opérait presque toujours sans aide. La tête ne peut ainsi se porter ni en arrière ni sur les côtés ; la main de l'opérateur lui formerait ohstaclc, si elle tentait de se porter en avant. C'est surtout quand on est privé d'un aide qu'il est avantageux d'avoir recours à un bon hlépharostat, tel que le spéculum contentif de Lusardi (pl. \, fig. 4) ou le dilatateur palpébral de Kcllcy-Snovvden (pl. 1, fig. 5).
« S'il n'y a qu'un seul œil d'incommodé, dit Maître-Jan, on applique sur l'œil sain une compresse en plusieurs doubles, que l'on contient avec une bande posée obliquement, et cela pour deux raisons : la première, pour empêcber cet œil de se remuer en regardant les assistants ou les choses voisines, ce qui obligerait l'œil malade de se remuer de même ; la seconde, pour empêcher la pupille de se resserrer, si le malade tournait l'œil du côté du grand jour, ce qui arriverait de même à la pupille de l'œil malade, parce que tous les mouvements qui se font dans un œil se font pareillement dans l'autre. » L'occlusion préalable de l'œil sain, avec une compresse et le monocle, offre encore cela d'avantageux qu'elle prévient la frayeur et l'agitation que l'approche des instruments détermine presque toujours chez le patient. Ce principe nous paraît donc d'une application utile.
Il faut avoir soin que la lumière tombe obliquement sur le globe que vous avez à opérer, en passant par-dessus le nez du malade. Si vous placiez ce dernier directement en face de la fenêtre, vous vous feriez de l'ombre et vous vous nuiriez à vous-même ; il y aurait en outre des reflets qui vous empêcheraient de bien distinguer la cataracte et d'apprécier les mutations que vous effectuez au fond de l'organe. Une croisée, située au nord, est éminemment favorable.
Sauf en ce qui a trait à quelques opérations par kératonyxis, le chirurgien doit être ambidextre et opérer l'œil gauche avec la main droite, l'œil droit avec la main gauche. La saillie du nez le gênerait beaucoup, s'il voulait attaquer un œil droit avec un instrument tenu de la main droite. Beaucoup d oculistes anglais, dans les opérations au côté droit, se placent debout derrière le malade, soulèvent eux-mêmes la paupière supérieure et manient les instruments de la main droite. Béer, Jaegcr, et tous les grands opérateurs désapprouvent une telle pratique, que nous voyons avec regret préconisée parmi nous par un chirurgien distingué M. le docteur Malgaignc. Dans des recherches spéciales entreprises sur ce sujet1 au bureau central, il trouva sur indivH dus du sexe masculin, 160 droitiers parfaits, 15 gauchers. -1 ambidextres parfaits. Les cinq autres offraient quelques particularités qu'il importe peu «le
1 Bulletin de thérapeutique, t. XIII, p. 170.