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CHAPITRE VII. — MALADIES DU SYSTEME LENTICULAIRE

que la cristalloïde postérieure est opaque, il faut, suivant Rosas, la diviser avec l'aiguille par une incision cruciale.

accidents pendant l'opération. — Ponction vicieuse. — Si l'endroit (pic nous avons indiqué pour la ponction a été manqué, l'instrument ayant pénétré trop haut ou trop bas, trop près de la cornée ou trop loin de cette membrane, on doit procéder à une ponction nouvelle, lorsqu'on juge qu'une bonne manœuvre est Inexécutable.

Sortie de V instrument. — 11 peut arriver que la lance s'échappe de la solution de continuité, si le bulbe, après qu'on a percé les membranes, vient à se porter avec rapidité vers l'angle interne , ou si le malade, vicieusement contenu par l'aide, retire brusquement la tête en arrière. Force est . dans ce cas , de recommencer l'opération , en tâchant de faire entrer l'aiguille dans la piqûre déjà faite. «La femme d'un nommé Marinot, dit Maître-Jan, était travaillée de deux cataractes, l'une confirmée et l'autre naissante. J'opérai la première, qui était à l'œil droit, le 21 août 1698. Comme elle était presque abaissée, cette femme tourna un peu la tête du côté gauche, et cela fit sortir mon aiguille de l'œil. Embarrassé crue j'étais de cet accident, je voulus remettre l'aiguille par le même trou, mais cette femme n'eut pas assez de patience. Je résolus donc de piquer en un autre endroit, et le pressement que je fis, pour faire entrer l'aiguille, fit sortir de l'humeur aqueuse par le premier trou; cet écoulement continua pendant le reste de l'opération, et quoiqu'elle fut bientôt finie, il fut si considérable que, quand mon aiguille fut retirée, la cornée transparente me parut affaissée, et l'iris fort ridé ; je ne m'en étonnai pas, ayant vu d'autres fois des écoulements presque aussi considérables. Le 29 du même mois, je l'ai lai voir. Je trouvai le globe de l'œil aussiplein qu'il était avant l'opération, mais la cataracte était remontée presque entièrement; je l'abaissai derechef, après quoi elle demeura, et cette femme guérit sans accident, nonobstant les trois piqûres que l'œil avait souffertes. »

Su/fusion sanguine sous-conjonctivale. — Un petit épanchement de sang dans le tissu cellulaire sous-conjonctival, autour du point où l'instrument a pénétré, est un accident peu digne d'attention; ce thrombus n'empêche pas la continuation delà manœuvre, et il se dissipe avec facilité sous l'influence des fomentations froides pratiquées après l'opération, et qui pourront être additionnées de teinture d'arnica. Si la protubérance sanguine était assez considérable pour gêner l'occlusion des paupières, on pourrait diviser, avec le scarificateur ou la lancette, une portion de la conjonctive qui la limite en avant (page 330). On fera en sorte de prévenir un tel accident en évitant, comme nous l'avons recommandé , les vaisseaux les plus volumineux de la conjonctive.

Hèmorrhagie intra-oculaire .— Dans d'autres cas, assez rares d'ailleurs , une hémorrhagie a lieu dans l'intérieur du bulbe oculaire. Est-elle assez peu considérable pour ne colorer que légèrement l'humeur aqueuse, rien ne s'oppose à ce qu'on termine sur-le-champ l'opération. Mais si l'épanchement est assez abondant pour obscurcir complètement le fond de l'œil, il est plus prudent, à coup sur, de dégager l'aiguille et de ne pas ajouter de nouveaux désordres à la lésion cpi'on vient d'occasionner. On aura recours à une médication antiphlogistique

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énergique; onappliquera des topiques qui facilitenl 5 résorption du fluide; on dilatera la pupille avec une solution de sulfate d'atropine, afin d'empêcher la marge pupillaire do contracter des adhérences avec la capsule antérieure, et de prévenir, autant que possible, la formation d'une cataracte fausse-sanguine; une nouvelle tentative ne sera faite que quand les accidents phlegmasiques seront dissipés. La cornée est-elle distendue par une grande quantité de sang qui se montre rebelle à l'absorption, il devient urgent de fournir une issue à ce liquide par une incision pratiquée à travers cette membrane (page 440).

L'accident qui vient d'être signalé dérive presque constamment d'une lésion de l'iris. Il est loin de compromettre toujours le succès : le fait suivant en est la preuve.

Observation XXXII.— Le 28 juillcl 1847, un oculiste de Paris opérait d'une cataracte un garçon bouclier déjà privé d'un œil. Une aiguille courbe ayant été introduite îi travers la sclérotique , le chirurgien s'efforça de morceler la capsule antérieure; mais dans cette manœuvre le cristallin tomba dans la chambre antérieure. Après bien des tentatives , on le ramena derrière l'iris et on chercha à l'abaisser. La dépression eutelle lieu, c'est ce qu'on ignore, car les chambres étaient pleines de sang, l'écoulement de ce fluide ayant commencé presque dès le début de l'opération. En terminant, on fendit la cornée avec le couteau lancéolaire. La collection sanguine ayant disparu quelque temps après, on conslata la présence de la cataracte derrière l'ouverture pupillaire. Elle fut réclinée parkératonyxis, et la pupille devint parfaitement nette.

Embrochement et décollement de l'iris.— M peut arriver que l'aiguille traverse l'iris d'arrière en avant, ce que l'on reconnaît au tiraillement de cette cloison , sous l'influence du moindre mouvement qu'on communique à l'instrument, et au brillant de sa pointe dans la chambre antérieure. Il suffit, pour le remettre dans la bonne voie , de le faire rétrograder d'avant en arrière et de dedans dehors.

L'accident est beaucoup plus grave lorsque, l'iris ayant été accroché par l'extrémité de la lance, ou qu'on fait des efforts pour déprimer une cataracte adhérente en avant, sans avoir préalablement détruit les brides, on décolle du ligament ciliaircune portion dudiapbragme irien, d'où résulte une véritable pupille aitiflcielle. 11 faut se hâter, dans ce cas, de terminer l'opération, si lasuffusion sanguine ne dérobe pas l'instrument à vos regards, et recourir immédiatement à un traitement énergique, comme si l'on avait à combattre une iritis.

Embrochement de la lentille.— On reconnaît que la pointe de la lance a embroché le cristallin, quand elle paraît terne derrière l'ouverture pupillaire, lorsque l'instrument ne peut manœuvrer avec liberté dans la chambre postérieure et que la cataracte obéit en bloc à la progression qu'on imprime à 1 aiguille. I faut alors soumettre celle-ci à quelques mouvements de rotation sur son axe, et la dégager du sein du corps opaque, en la retirant avec précaution de dedans en dehors, sans toutefois la faire entièrement sortir de l'œil, puis la reporter dans la chambre postérieure , aussi près que possible de l'uvcc , l'un des tranchants regardant en haut et l'autre en bas.

Passage du cristallin dans la chambre antérieure.— Une mauvaise direction

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