CHAPITRE VU . — MALADIES DU SYSTEME LENTICULAIRE
Comme Jàeger, je me sers presque constamment .l'une aiguille terminée par un fer de lance (pl. II, 6g. 14). Le manche, à l'une des extrémités duquel elle est unie, supporte à l'extrémité opposée une curette de Daviel.
Le kyslitome de Lafaye, autrefois très en vogue , offre une gaîne. légèrement courbe sur le plat, et qui renferme une lance qu'un ressort contenu dans une canonnière met en mouvement, sous l'influence d'une pression exercée sur le bouton placé à l'autre bout de l'appareil; le dard, qui ne dépasse alors que de peu l'extrémité libre de la gaine, rentre dans celle-ci, dès que la pression cesse. La modification que Bancal a apportée au kyslitome de Lafaye consiste en ce que le bouton qui imprime l'impulsion à la lance occupe l'un des côtés de l'instrument.
Lckystitome de Boycr, en forme de serpette, ressemble au déchaussoir des dentistes. Rosas se servait d'une aiguille falciforme analogue à celle qui est représentée (pl. II, fig. 5), et dont le bord oenvexe est mousse.
Quelques chirurgiens, après avoir taillé le lambeau , vont diviser la cristalloïde antérieure avec la pointe du couteau à cataracte. Ce dernier nous paraît peu propre à cette destination, à cause de son volume et du danger auquel il expose de blesser les lèvres de l'orifice cornéal ainsi que l'iris.
Instruments accessoires. — Il sera utile d'être muni d'une pince droite, à branches un peu longues, destinée au soulèvement d'iïn repli cutané de la paupière supérieure, lors de la visite du lambeau, avant le pansement. Quelques manœuvres éventuelles , qui seront ultérieurement indiquées , demandent qu'on soit encore pourvu :
1° D'un couteau à lame étroite et boutonnée (couteau à anchyloblépharon de Jiingken, pl. II, fig. 13) ;
2° D'un kératotome de môme forme que celui de Beer , mais à extrémité mousse ou bouton très-plat1;
38 D'un crochet à iridodialysis (pl. III, fig. 2) ;
A° Des pinces à iridectomie droites et courbes (pl. III, fig. G et 7) ;
5° Des ciseaux de Cooper (pl. III, fig. 10). Ceux de Daviel (pl. II, fig. 41 et 12), dont les inconvénients seront signalés plus tard, ont été généralement bannis du manuel de cette opération.
manuel opératoire (œilgauche). — La manœuvre comprend trois temps. Dans le premier, on taille le lambeau de la cornée ; dans le second, on procède à l'incision de la capsule antérieure ; dans le troisième, on extrait le corps opaque.
Premier temps. — Kératotomie. Cette partie du manuel est l'acte le plus difficile de l'extraction. Une section de la cornée mal faite peut créer de grandes difficultés pour terminer l'opération et exercer sur le résultat de cette dernière une influence fâcheuse.
Le kéralotome est saisi entre les trois premiers doigts de la main droite le tranchant en haut. La pulpe de la seconde phalange du pouce est appliquée
» Destiné à remédier à un accident du premier temps de la manœuvre , ce couteau (modèle du docteur Leport) se trouve chez M. Mathieu, fabricant d'instruments de chirurgie.
524 UVHK II. — HAI.ADIUS DU GLOUK OCULA1HE.
conlrc le pan antérieur du manche, à 15 millimètres à peu près de la lame. ]ji
Flg. 19.
troisième phalange du médius fixe l'instrument sur le pan opposé, au-dessous dn point où le manche se joint à la partie métallique. Les troisième et seconde phalanges de l'index se trouvent plus bas, sur le même pan. Après avoir obliquement croisé la seconde phalange du pouce, la troisième du médius et les troisième et seconde phalanges de l'indicateur, le manche quitte le bord radial de la main, au niveau du pli existant entre la première et la seconde phalange de l'index. Le pouce doit être dans l'extension; les autres doigts seront demifléchis.
Le malade et le chirurgien étant placés suivant le mode ci-dessus indiqué, l'aide ayant fixé la paupière supérieure avec l'élévateur tenu de la main gauche, et déprimé l'inférieure avec l'index et le médius de la main droite , verticalement étendue sur la joue, l'opérateur saisit la pique de la main gauche, et l'implante dans la sclérotique, vers le grand angle , à 3 ou 4 millimètres du limbe kératique, et un peu au-dessus ou un peu au-dessous du diamètre transversal de l'œil. Pour m'assurer alors si la pique est solidement implantée et si l'organe ne conserverait pas quelque tendance à se porter en dedans , je le touche légèrement et à deux ou trois reprises, avec le plat du couteau. Dès qu'on a constaté qu'on est maître du globe, que toute condition de mobilité est abolie , on passe à la taille du lambeau. Pour cela, on dispose le kératotome devant l'organe de la manière suivante : La face postérieure de la lame répond à la moitié frontale de la cornée, distante de cette tunique de 3 ou -4 millimètres; l'autre face regarde directement en avant; le tranchant est tourné vers le sourcil; le bord mousse divise horizontalement la pupille en deux parties égales , dont la supérieure est masquée par la lame, et dont l'inférieure reste visible; lapointe fait face à l'aile gauche, du nez. L'annulaire et l'auriculaire reposent sur la joue ; le dos du pouce et le creux delà main sont dirigés en avant ; l'avant-bras, entre la supination et la pronation, se porte obliquement de bas en haut et de droite à gauche.
Puis le chirurgien imprime à ses trois premiers doigts un mouvement dont lesarti dilations métacarpo-phalangiennes sont le siège, et qui conduit la pointe eu dehors du limbe cornéal, lalame n'ayantdû dévier ni eu haut ni en bas; aussitôt après, on allonge sans hésitation les mêmes doigts, et le kératotome. (pu suit en sens opposé la route qu'il vient de parcourir, perce la cornée à un dcmimillimètre environ de sa circonférence, et vers l'extrémité externe d'une ligne