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CHAPITRE VII. — MALADIES DU SYSTEME LENTICULAIRE. .'>2'.t

pansement.— Le premier soin du chirurgien doit être de préserver l'organe du .contact de l'air et de la lumière. L'appareil de pansement consiste dans des bandelettes de taffetas d'Angleterre qu'on entre-croise sur les paupières, tant à l'œil gauche qu'à l'œil droit, mode de contention et de compression légère dont les avantages ont été déjà signalés (page 18-4).

La plupart des opérateurs autorisent des essais de vision sur des corps volumineux et à un demi-jour, pour tranquilliser, a-t-on dit, le malade, et lui donner le meilleur calmant possible, c'est-à-dire la confiance et l'espoir. Nous nous sommes toujours élevé contre cette pratique, très-flatteuse, il faut en convenir pour l'amour-propre du chirurgien, mais peu conforme aux intérêts bien entendus du malade. Fréquemment, comme le fait observer M. Pamard, l'harmonie n'est point encore rétablie dans les parties constituantes de l'œil, où l'irritabilité de la rétine est telle que les malades n'aperçoivent qu'une grande clarté, et ne peuvent pas distinguer les objets ; ils croiront, dès lors, leur opération manquée, et seront indociles, inquiets; les alentours seront mécontents; jusqu'à la guérison, le malade et le médecin auront été victimes d'une manœuvre imprudente. M. Pamard signale un autre genre de sensation, qui pourrait avoir des résultats non moins funestes : la joie immodérée qu'éprouvent les opérés, surtout quand ils ont été depuis longtemps privés de la faculté visuelle. Wenzel cite l'exemple d'une femme qui, voulant voir son mari sitôt après avoir été opérée, perdit les trois quarts de l'humeur vitrée, par suite de mouvements qu'elle ne fut pas maîtresse de modérer. Une dame, opérée par M. Pamard, après sept années de cécité, aperçut soudainement le visage de sa fille qu'elle n'avait pas vue depuis son enfance. Telle fut l'émotion qu'elle éprouva qu'il en résulta du délire qui réclama l'intervention d'une médication antiphlogistique énergique.

remarques.— L'expérience m'a démontré que l'élévateur plein, et surtout la pique, facilitaient singulièrement le premier temps de l'extraction. On peut s'en passer chez les sujets dont les yeux sont très-saillants.

Avec l'élévateur, qui colle, pour ainsi dire, le voile supérieur contre l'arc osseux voisin, on démasque largement le haut du globe; on abolit tout obstacle et du côté de la paupière et du côté des doigts de Faide; le voile est solidement et uniformément assujetti. Il est parfois arrivé que le tranchant du couteau a entamé la paupière supérieure, d'où une suffusion sanguine, et à la surface de l'œil et derrière la cornée. Rien de semblable ne peut survenir, quand on se sert d'un élévateur plein.

La proposi tion qui vient d'être émise trouve sa justification dans les lignes suivantes du docteur Carton1, a Nous devons noter une difficulté du premier temps de l'opération, qui, si elle n'est pas commune, n'en est pas moins, quand elle se présente, très-embarrassante pour le chirurgien: c'est, lorsque, le couteau étant dans la cornée, le cartilage tarse de la paupière supérieure vient à se luxer. Tous les efforts de l'aide sont impuissants à le réduire, sans le laisser descendre au-dessus de la laine du couteau, y occasionner la blessure de la paupière, et par suite l'hypohéma et ses inconvénients. » '

1 Archives d'ophthalmologie, t. II], p. 180.

§30 l.lYltF. II. — MALADIES m; globe oculaire.

L'immobilité que l;l pique fournit au gloire peïïflcl d'opérey Bans Imitation comme si l'on agissait sur le cadavre. La contre-ponction, cette clef de voûte du premier temps de l'extraction, se fait à coup sùr, tandis (pie, sans la pique, elle ne s'exécute parfois que par approximation, si l'œil vient à rouler vers le grand angle. De ce glissement du couteau, glissement uniforme et à l'aliri de vacillations et de saccades, résultent un lambeau à Lords unis, et plus tard, une cicatrice régulière, presque invisible.

Je considère la pique comme l'un des instruments les plus indispensables île l'art de l'oculiste. Influencé par les idées de quelques auteurs qui lui reprochent de causer une vulnération grave, de susciter des inllammations et des douleurs, j'ai longtemps hésité à m'en servir. La pratique m'a démontré que ces craintes, œuvre d'une théorie spéculative, étaient complètement erronées. Je me demande pourquoi tant de chirurgiens s'abstiennent d'avoir recours à ce moyen si simple de maîtriser l'œil, dans le premier temps de l'extraction, tandis que des accidents si graves peuvent naître, dans ce cas, des hasards causés par la mobilité du hulbe livré à lui-môme, ou incomplètement maintenu captif par les doigts de l'opérateur.

Dans la kératotomie supérieure, la pique peut être placée dans la sclérotique, au-dessus du diamètre transversal de l'organe, vers le grand angle. Je trouve d'ordinaire plus commode de l'établir au-dessous de ce diamètre. C'est dans la cornée que Pierre Pamard implantait son trèfle ; ainsi procède encore son pelitfils1. L'œil, dit ce dernier chirurgien, est attaqué parles deux instruments à la fois, la pique tenue d'une main et le couteau de l'autre ; ils sont portés sur la cornée à deux points diamétralement opposés, le trèfle à deux millimètres de la limite scléro-kératique et le couteau à un millimètre seulement de cette limite; lorsque la pointe dukérato tome est arrivée au delà du lieu où est enfoncé le trèfle, on la fait sortir et l'on achève l'incision, en continuant à pousser l'instrument. M. Pamard fait observer que le reproche, qu'on a fait à cet ophthalmostat de donner lieu à une compression pernicieuse, n'est fondé sur aucun motif plausible. La pique, dit-il, portée au côté interne de l'œil, s'oppose à ce que cet organe, poussé par le couteau, qui l'attaque en dehors, soit entraîné vers l'angle interne ; il y a donc une action directe, de dedans en dehors, produite par la pique, et une action opposée de dehors en dedans, provenant du jeu du couteau, mais sans compression aucune. Le globe se trouvant placé entre deux puissances égales, il est soumis à cette loi de physique qui établit que, quand deux forces égales agissent en deux sens diamétralement opposés sur un corps mobile, la résultante des deux forces étant l'équilibre, le corps restera immobile.

îl sera toujours utile, avant de procéder à la ponction, que la lame du kératoLome couvre la moitié supérieure de la cornée, ainsi que nous l'avons indiqué. De cette manière, la main ne se déplacera pas, pendant le premier temps de la manœuvre; quelques mouvements qui s'opèrent dans l'articulation métaearpophalangiennc du pouce, et dans les articulations phalangiennes et métacarpe?

1 Fainard , Mémoires de chirurgie pratique contenant la cataracte, Viritis cl les fraclares du col du fémur. Paris, 1844.

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