CHAPITRE VU. — MALADIES DU SYSTÈME LENTir.UI.AIUK. Mi
celui des opérations où l'iris étail resté intact. Une.femme, donl j'avais opéré m, œil par extraction, recouvra avec rapidité une vue parfaite, bien que j'eusse largement coupé l'iris ; soumis l'année suivante à la même méthode, qui tut cette fois exécutée avec régularité, l'autre d'il se perdit par une fonte purulente.
Au demeurant, Lien que, comme le dit M. Th. Maunoir, la lésion dô Tins ne paraisse pas avoir une influence plus fâcheuse sur les résultats définitifs que la simple piqûre de la peau du grand angle, on ne saurait disconvenir que ce ne soit là une imperfection qu'il faut éviter. Je l'ai vue susciter dans la pupille une contraction très-propre à contrarier l'expulsion du corps morbide. Mais lorsque, malgré vos efforts, l'iris se présente au tranchant du kératotome, et que sa blessure est inévitable, incisez-le plutôt que d'arrêter la manœuvre, si l'opération est déjà assez avancée. Il importe peu au malade et au chirurgien que l'ouverture pupillaire soit plus ou moins déformée, si la vision se rétablit.
Quand,ila capsule étant adhérente à l'iris, on tire trop fortement sur elle, avec une érigne ou des pinces, pour l'entraîner au dehors, on peut détacher partiellement cette cloison du ligament ciliaire. Un tel accident arrive encore quelquefois, bien que rarement, au moment où le cristallin sorti de son chaton vient se presser contre la paroi postérieure du voile irien qui se bombe en avant, surtout si l'on exerce alors sur l'œil des pressions imprudentes. Lorsque la lentille se présente à l'ouverture nouvelle , il faut la dégager par là avec la curette ou les pinces, et non s'obstiner à vouloir l'extraire par la pupille naturelle, tentatives qui pourraient avoir pour effets un décollement plus considérable de l'iris et l'évacuation partielle ou totale de l'humeur vitrée. Cet accident, au reste, ne nuit pas, en général, beaucoup au succès de l'opération, quand la pupille primitive reste pourvue de ses dispositions normales, l'orifice supplémentaire se fermant ou persistant à un faible degré.
Une dame, dont les yeux étaient fort saillants, fut opérée par Wenzel le père. A peine la cornée et la cristalloïde antérieure eurent-elles été incisées que l'iris se décolla dans le quart à peu près de son pourtour, à la partie inférieure externe. Le corps opaque franchit avec facilité cette ouverture, qui livra passage à une quantité assez abondante d'humeur vitrée. L'autre globe, chose remarquable, offrit le même phénomène, et le cristallin sortit aussi par le nouvel orifice, qui occupait la portion inférieure de l'iris. Lorsque, au bout de quelques jours, on leva l'appareil, les pupilles naturelles furent trouvées oblitérées, et la malade ne voyait que par les deux pupilles artificielles. Celles-ci subsistèrent, ,et quelque temps après l'opérée pouvait lire avec le secours de lunettes à cataracte.
Hernie de l'iris. — Il arrive quelquefois que, refoulé en avant et en haut par le passage du corps opaque , l'iris vienne faire procidence entre les lèvres de la plaie. Des pressions multipliées sur l'œil et l'introduction trop prolongée de la curette , pour dégager la lentille à travers une incision insuffisante, sont trèspropres à engendrer cet accident. Maunoir fait observer d'ailleurs que les conditions étiologiques auxquelles il est lié sont généralement d'une appréciation difficile. Il y a lieu de penser, d'après lui, que sa cause la plus commune est le trop long séjour du cristallin derrière, et l'on pourrait dire dans cette membrane ellemême, pendant la marche qu'il suit avant d'avoir franchi la pupille, La pression
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qu'il excvce sur l'iris distend outre mesuee ce diaphragme, relâche son tissu, cl, pour peu que quelques eellules du corps vitré aient été rompues dans ces efforts, un comprend qu'il y ail là des conditions pins que suffisantes pour qu'une partie
de la eloisOU indienne se montre au dehors.
Lorsqu'après l'expulsion de la cataracte l'on trouve l'iris engagé entre les lèvres de la plaie, on prescrit au malade de fermer mollement Ils yeux, puis on c.vcreo sur la paupière supérieure quelques frictions douces avec la pulpe du doigt, et l'on soulève vivement ensuite ce voile, afin d'exposer la pupille à la lumière et d'en provoquer la contraction. Cette tentative est-elle insuffisante, on s'efforce d'effectuer la répulsion de la membrane avec la curette. Enfin, en cas de nouvel insuccès, l'on échancre le bourrelet iridien avec les ciseaux courbes* Cette excision affaisse la partie herniée, et l'iris ne tarde pas d'habitude à rentrer dans la cavité de l'organe.
La conduite prompte et hardie qu'a définitivement adoptée Maunoir, après trente années de pratique de l'extraction, mérite d'être notée. Lorsqu'il est certain, au moment de l'opération , que la procidence iridienne est irréductible, il plonge dans son centre la lame pointue de ses ciseaux à pupille artificielle (Pl. IU,%, 9); cheminant avec la lame boulonnée derrière la cornée, il arme jusque vers la pupille. Rapprochant alors l'une de l'autre les deux brandies de l'instrument , il coupe d'un seul trait l'isthme compris entre l'ouverture artificiellement pratiquée et la pupille elle-même. L'iris rentre immédiatement,et Foi obtient une très-vaste pupille, condition qui peut être un inconvénient, mais dont les désavantages ne sauraient être comparés à ceux de la présence de l'iris dans la plaie. Il faut s'attendre, ajoute l'auteur, à l'écoulement d'une certaine quantité d'humeur vitrée; il n'est jamais considérable, et ne s'oppose pas à la cicatrisation des lèvres de la plaie.
Sang dans la pupille. Hémorrhagie intr a-oculaire. — Les amas sanguins qui peuvent se former derrière la cornée par suite d'une blessure de l'iris, de l'anneau conjonctival péri-kératique, etc. , trouvent dans la curette de David un moyen d'expulsion fort commode. L'on s'en sert pour faire cnlre-kiiller les lèvres de la solution de continuité, pendant que le malade incline la tête sur le côté. Bien que j'aie vu souvent des collections sanguines abondantes se dissiper sous l'influence des fomentations glacées et de quelques moyens pharmaceutiques, associés au décubitus latéral, dans les premières heures surtout qui suivent l'opération, la prudence exige qu'on en débarrasse autant que possible le malade au moment de celle dernière. L'on a ainsi plus de chances de prévenir des accidents phlegmasiques et la cataracte fausse-sanguine.
Nous avons déjà dit (p. 483) que l'extraction de cataractes compliquées de symptômes glaucomateux était parfois suivie d'hémorrhagie intra-oculairc. Le docteur Whilc Coopcr engage beaucoup les praticiens à se méfier des yeux qui offrent les particularités suivantes : tension, dureté, veines variqueuses à la surface de l'organe, paresse ou immobilité de l'iris, associée dans quelques cas à une ou deux petites adhérences au disque antérieur de la capsule; ex» tenec d'éclairs et parfois de douleurs sourdes dans les régions oculaire et péffl orbitaire, le malade ayant été en proie à des atteintes dégoutte. W . WHfl