CHAPITRE VU. — MALADIES DO SYSTEME LENTICULAIRE
peu) être des lors maintenu dans une immobilité parfaite; 4° l'incision de la cornée s'effectue avec précision ; le lambeau a toujours ses dimensions normales ; on peut se passer, pour l'agrandir, de ciseaux ou d'autres instruments supplémentaires ; 5° la kératotomie supérieure se pratique avec autant de facilité que la kératotomie inférieure ou oblique, de telle sorte que ces opérations, qui ne sont guère abordables que par des hommes spéciaux,1 deviennent à la portée de tous les praticiens. Séduit par ces théories, j'ai fait fabriquer par M. Charrière un couteau de Blasius, mais je n'ai pas tardé àrenoncer à son emploi, le trouvant plus embarrassant qu'utile. Les couteaux-aiguilles, d'ailleurs, comme le couteau à doidile lame, sont destinés surtout à remédier aux difficultés que crée, dans la taille du lambeau, la fuite de l'œil vers le grand angle. Or, comme la pique de Pamard nous offre, à cet égard,, un secours suffisant, ces appareils compliqués me paraissent devoir être bannis de la pratique.
§ 3. — Kératotomie oblique.
Dans ce mode d'extraction, le couteau à cataracte pénètre, à une petite distance du limbe de la cornée, dans le quart supérieur externe de cette membrane, ressort au point diamétralement opposé, et taille un lambeau dont le bord libre représente un segment de cercle à convexité obliquement tournée en bas et en dehors. On se conforme, d'ailleurs, pour l'exécution du premier temps, comme pour le reste de la manœuvre, aux principes ci-dessus exposés.
Fig. 23.
La kératotomie oblique a été imaginée et longtemps pratiquée avec bonheur et habileté dans toutes les contrées de l'Europe parWenzel père, dont le manuel a été adopté sans aucune modification par Wenzel fils. Les bénéfices qu'ils attribuent à cette direction donnée à la section cornéale, c'est que, la pointe du couteau ne va jamais hlesscr les parties situées à l'angle interne de l'œil, ni le côté du nez, ce qu'il est quelquefois difficile d'éviter dans l'incision en travers, du petit au grand angle. En outre, d'après les mêmes oculistes, comme le lambeau est presque entièrement recouvert par la paupière supérieure, les lèvres de !a plaie, exactement rapprochées l'un de l'autre, se cicatrisent avec promptitude, et l'on a moins à craindre la procidenec de l'iris. La réunion des deux premiers temps de l'opération en un seul temps est le seul reproche grave qu'on puisse
adresse! 11 la kératotomie oblique externe, telle que l'exécutaient ces chirurgiens. Arrivés, en effet, à lu partie supérieure externe du limlie pupillaire, ils imprimaient à l'instruinenl un léger mouvement de bascule, par lequel le manche se portait en devant et la pointe conséquemment en arrière; le kératotome i était alors engagé dans la pupille, perçait la cristalloïde antérieure, passait sous elle, la perçait de nouveau à sa partie inférieure interne; puis, le manche ayant élé rapproché de la tempe, la lame revenait dans la chambre antérieure pour aller effectuer la contre-ponction, et en dernier lieu l'achèvement du lambeau. Nous ajouterons que Wcirzel fils recommande, dans le cas où l'on éprouve quelque difficulté pour terminer la section, de fournir un point d'appui au tranchant du couteau, au moyen de l'ongle de l'indicateur ou du médius, principe adopté par M. Velpeau et modifié par lui, comme il a été dit page 555. 1-e procédé de Wenzcl, dans lequel le disque capsulaire devient le siège d'une solution de continuité de forme et de direction analogues à celles de l'incision qu'on fait simultanément à la cornée, est brillant sans doute, mais entaché d'inconvénients que nous croyons avoir suffisamment développés (page 533) et qui l'ont fait généralement abandonner. Boyer, Roux et beaucoup d'autres opérateurs, qui donnent à leur lambeau l'obliquité prescrite par Wenzel, n'ouvrent la capsule, avec un instrument particulier, qu'après que la cornée a été complètement divisée.
g 4. — Kératotomie linéaire.
On a pour but, dans cette opération, d'effectuer l'extraction du cristallin par une solution de continuité qui résulte d'une simple ponction pratiquée vers la périphérie de la cornée. La condition capitale, pour que l'expulsion du corps opaque puisse avoir lieu sans tiraillements et sans efforts, c'est que la cataracte suit fluide ou laiteuse, molle ou caséeuse, ou bien encore que la lentille ait subi un morcellement ou une diminution de volume, par suite d'une opération antérieure ou d'une léson accidentelle.
appareil instrumental. — 11 se compose : 1° du couteau lancéolaire (pl. 111, ho- 1) ; 2" du crochet àiridodialyse (pl. III, lig. 2), qui peut être remplacé par celui de Guthrie(pl. II, fig. 15) ; 3" de la curette de Daviel. L'élévateur et le trèfle contribueront, dans quelques cas, à donner de la sécurité à la manœuvre.
manuel opératoire (œil gauche).— U malade est assis, comme dans les opérations précédemment décrites; un aide se tient debout derrière lui. La pupille aura dû être largement dilatée. La manœuvre comprend trois temps : 1" ponction de la cornée; 2» incision de la capsule antérieure; 3° expulsion du corps opaque.
Premier temps. Ponction de la cornée.-E]\& sera pratiquée dans celte membrane, à un demi-millimètre environ de sa conférence et vers l'extrémité externe de son diamètre horizontal. La lame glissera parallèlement a I iris et sera dégagée d'un coup sec, pour éviter autant que possible l'eifusioh de l'humeur
aqueuse. L'ouverture aura une longueur de 5 ou 0 millimètres.
Deuxième temps. Incision de la capsule antérieure. —Après avoir accorde quelques instants de repos au patient, le chirurgien s'arme du crochet, le conduit»