CHAPITRE VU. — MALADIES DU SYSTÈME LENTICULAIRE. b6l
travers la plaie, sa convexité en haut, le fait glisser^de dehors en dedans, jusqu'au champ de la pupille, imprime alors au manche un quart de tour sur son axe, de telle sorte que le point noir, qui correspond à la convexité de l'instrument, vienne regarder en avant, et que la pointe se dirige du côté de la membrane qu'il s'agit d'arracher par lambeaux. Pour arriver à ce but, on plonge le crochet dans la capsule, vers sou bord interne, en éloignant légèrement le manche de la tempe, puis on entraîne l'instrument horizontalement de dedans en dehors, mouvement qui doit être répété quatre ou cinq fois, afin que la crislalloïde soit lacérée sur tous les points de sa surface. On peut encore, pour rendre l'opération plus complète, faire agir le crochet dans d'autres sens. On le retire de l'œil par le milieu de la solution de continuité, la pointe en bas et un peu en arrière (page 4-23). Pendant qu'on déchire ainsi le disque antérieur du sac capsulaire, on voit souvent les couches corticales antérieures proéminer à travers l'ouverture de la cristalloïde.
Troisième temps. Extraction. — La curette, tenue de la main droite,, est appliquée horizontalement et par son dos sur la lèvre temporale de la plaie ; pendant cette manœuvre, la pulpe de la troisième phalange de l'indicateur gauche presse le globe contre le bord interne de la cornée. Simultanément comprimée entre ces deux forces opposées etrefoulée en avantpar les contractions des muscles oculaires, la substance cristalline s'échappe peu à peu de la pupille et vient sortir par la perforation de la cornée. L'effusion sera surtout rapide et complète, si la cataracte est liquide. Dès que l'évacuation est effectuée, l'ouverture pupillaire récupère son éclat et l'opération est terminée. Dans le cas, au contraire, ou quelques débris opaques persistent à séjourner dans l'organe, force est de procéder à l'introduction de la curette pour les amener au dehors. La convexité de l'instrument continuera àYegarder en arrière dans cette manœuvre supplémentaire.
Le manuel est le même dans son application à l'œil droit. Le couteau lancéolaire, le crochet et la curette sont alors confiés à la main gauche. Le pansement se pratique comme à la suite de l'iridectomie (page 414).
DES CAS DANS LESQUELS LE CRISTALLIN NE PEUT ÊTRE EXTRAIT PAR LA MANŒUVRE QUI PRÉCÈDE, DILACÉRATION DE LA CAPSULE, PHOCÉDÉ DE MM. DE GRAEFE ET SCHUFT.
Lorsque, par suite d'une appréciation erronée de la consistance du corps opaque, l'on a attacpié un cristallin trop ferme pour qu'il pût s'échapper par la petite plaie de la cornée, deux voies s'ouvrent au chirurgien : 1° abandonner la cataracte à l'absorption ; 2° la dégager avec la curette, en agrandissant au besoin l'incision kératique et en excisant l'iris.
La réalisation du premier de ces expédients rentre dans le procédé de Jaeger père, que j'ai décrit avec détails, en 1844, sous le nom de (Macération de la capsule1. Après avoir parlé de la ponction de la cornée, avec le couteau-lance, et de lalacéralion du disque antérieur du sac capsulaire, avec le crocheta décollement, je disais : «Jaeger, qui a exécuté avec succès la discision et la dilacération de la capsule chez un grand nombre de malades, propose de les substituer au broiement, qu'il considère comme dangereux, par suite dos phénomènes d'élran-
Ch. Deval, Chirurgie oculaire, p. 180.