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CHAPITRE VII. — MALADIES DU SïSTÈME LENTICULAIRE. ■ f

L'instrument sera tenu entre les trois premiers doigts de la main droite. L'aide ayant fixé la paupière supérieure et le chirurgien ayant déprimé l'inférieure, celui-ci donne un point d'appui à ses doux derniers doigts sur la région malaire, et présente l'aiguille à la cornée suivant une ligne oblique qui, dirigée de haut en bas et de gauche à droite, divise cette membrane en deux parties égales. L'instrument est alors disposé de telle sorte que la pointe dépasse un peu le limbe cornéal en haut et en dedans, l'un des tranchants faisant l'ace à la cornée, l'autre étant dirigé en avant, en haut et à droite.

Le chirurgien fait ensuite descendre l'extrémité de l'aiguille au-dessous de la circonférence cornéalc, par un mouvement décrit dans la dépression par kératonyxis, revient ponctionner la cornée à l'endroit indiqué pour la même opération, et conduit la pointe à la partie supérieure interne de la capsule, l'un des tranchants étant toujours tourné en avant, en haut et à droite : tel est le premier temps. Le morcellement de la membrane, qui constitue le second temps, s'effectue à la faveur de plusieurs incisions qui s'entre-croisent. Il importe peu que des sections dirigées d'après un mode soient faites avant ou après des incisions qui suivent un autre cours ; le point capital est que le tissu soit convenablement coupé et que l'opération fatigue l'organe le moins possible. Pour arriver à ce but, on pratique d'abord deux ou trois incisions de haut en bas et de bas en haut, faisant basculer le manche avec légèreté alternativement de la joue au front et du front à la joue ; puis on fait exécuter à la tige métallique un quart de rotation sur son axe, de manière que l'un des tranchants soit tourné adroite et l'autre à gauche, et l'on exécute quelques incisions transversales. Cela fait, on dégage l'instrument.

Telle est la manœuvre que nous avons adoptée, après l'avoir maintes fois mise à exécution sous la direction de Jaeger père. M. Mackenzie établit en principe que le morcellement de la cristalloïde antérieure doit plutôt dépasser les dimensions normales de la pupille que rester en deçà. 11 insiste sur ce fait fifil ne faut point ouvrir la capsule dans toute l'étendue de son diamètre, ce qui pourrait donner lieu au déplacement de la lentille, qui viendrait comprimer l'iris, ou au passage du corps opaque dans la chambre antérieure.

Conradi est l'auteur du précieux expédient opératoire dont nous venons de tracer la manœuvre. Au lieu d'effectuer les incisions assez longues qui y figurent, on a proposé de ne faire à la cristalloïde qu'une ouverture d'un à un millimètre et demi. Le manuel que nous avons indiqué ne dispose-t-il pas davantage à une résorption prompte et ne met-il pas plus efficacement à l'abri des opacités secondaires?

§ 4. — Résultats des opérations décrites dans les paragraphes précédents.

Les malades sont en état de distinguer les grands objets immédiatement après l'extraction, et surtout après l'abaissement, car l'obstacle qui était interposé entre les corps extérieurs et la rétine n'existe plus. Comme il persiste après le broiement,, la vision continue à rester abolie.

Le laps de temps qu'exige la résorption de la lentille est variable. Dans les

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cas les plus heureux, c'est en général vers le dixième ou le douzième jour, rarement plus lût, très-fréquemment plus tard, qu'on commence à constater, surtout au haut de la pupille, la présence d'espaces noirs qui dénotent que la lumière n'y est plus interceptée. Ils deviennent graduellement de plus en plus étendus; le quart, le tiers, la moitié, la plus grande partie de la prunelle se dégagent peu à peu; elle finit par être mise entièrement à découvert ; la faculté visuelle se rétablit dans la même proportion. Il arrive souvent, pendant ce travail, que le limbe pupillaire change momentanément de forme par la pression qu'exercent sur l'iris quelques débris de la cataracte. La cure doit être considérée comme fort belle quand l'obstacle a disparu au bout d'un mois ou six semaines. Je crois pouvoir établir, en thèse générale, que la réalisation de ce résultat demande deux ou trois mois et souvent un laps de temps plus long. La résorption peut être plus rapide, n'exiger par exemple que douze ou quinze jours, lorsque la cataracte est très-molle, et bien moins de temps encore quand elle est liquide. Le 5 mai 1853, après avoir ouvert la capsule antérieure gauche chez un homme âgé d'une quarantaine d'années, mon aiguille se trouva plongée dans un nuage laiteux qui dérobait à ma vue l'iris et la pupille; je dus considérer l'opération comme terminée. Ma satisfaction fut grande, le 7 du même mois, quand je constatai que tout était fini. La pupille jouissait d'un vif éclat et l'humeur aqueuse de sa limpidité normale. Dans d'autres cas, l'absorption n'a pas lieu d'une manière sensible ou s'arrête après s'être partiellement opérée. Ce travail est sujet, d'ailleurs, à des bizarreries nombreuses. Quelquefois, par exemple, l'absorption paraît à peu près nulle, durant cinq ou six semaines, quand quinze ou vingt jours après , la lentille est complètement résorbée.

Comme le broiement, la discision de la capsule est suivie, quant à l'absorption, de résultats qui varient d'après la consistance du corps étranger, l'âge, la vigueur du malade, etc. Dans les circonstances les plus favorables, on voit des flocons se décoller de la masse lenticulaire, flotter dans l'humeur aqueuse, puis disparaître, jusqu'à ce que la pupille finisse par acquérir sa lucidité normale. Lorsque la cristalloïde antérieure a été convenablement morcelée, les lèvres de la perforation de cette membrane se roulent en spirale, par suite de l'élasticité de son tissu; ils se plissent, se rétractent et vont se loger dans le voisinage du corps ciliaire, où souvent même on peut les distinguer plus tard sous forme d'une zone blanche, quand on dilate artificiellement la pupille.

Le fait suivant indique la marche de la résorption d'une cataracte demimolle, qui a été attaquée par là discision de la capsule, quand le travail procède suivant des conditions régulières.

Observation XXXIV.- Le M novembre <ISo7, je pratique celte opération a l'œil droit d'un négociant âgé de trente-trois ans environ. Aucune circonstance digne d'eire notée ne signale la manœuvre (fomentations glacées , instillations d'une solution de sulfate d'atropine, cataplasmes sinapisés aux jambes, potion calmante le so.r).

Le 12. H y a eu hier une vive chaleur à l'œil et un larmoiement abondant. Bien que le malade soit sujet à des migraines très-fortes , il n'a pas éprouvé de véritables douleurs.

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