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CHAPITRE VU. — MALADIES DU SYSTÈME LENTICULAIRE

cataracte congénitale n'est autre chose qu'un arrêt dans le développement du cristallin, doctrine professée par tant d'auteurs. Il est d'avis que ces cataractes ne peuvent être que la conséquence de différents états pathologiques de l'œil, durant la vie intra-utérine, et parfois d'un dérangement dans le développement de l'appareil lenticulaire par une gêne de la circulation dans l'artère centrale de la rétine et par les désordres qui s'y propagent par l'intermédiaire du feuillet postérieur de la capsule1.

traitement chirurgical. On pensait autrefois que l'enfance contre-indiquait l'opération de la cataracte, et l'on conseillait d'attendre que le malade pût concevoir le désir de la guérison, et se soumît volontairement à cette tentative et aux exigences thérapeutiques propres à en assurer le succès. la question a changé de face depuis Sauniers; la plupart des oculistes sont aujourd'hui d'accord sur la nécessité de reconstituer, au début de la vie, un sens si essentiellement nécessaire à l'éducation physique et morale. Si le nouveau-né tette bien, si ses fonctions digestives et respiratoires s'exécutent librement, M. P. Guer- • saut opère la cataracte congénitale dès les premiers huit jours de la naissance. Lawrence l'attaque à six semaines ou deux mois ; Gibson, Middlemore après 1 âge de six mois; celui de dix-huit mois à deux ou trois ans est très-favorable, d'après Saunders. Nous croyons aussi que, dès que rien ne s'oppose à l'opération, il convient d'y procéder aussitôt que possible. Si l'on différait trop Ibn"temps, on s'exposerait à voir s'exaspérer et se perpétuer plus ou moins le roulement des globes, phénomène pathognomonique de la cécité congénitale ou survenue dès le début de la vie. En supposant même que l'opération fût couronnée d'uue pleine réussite, le sujet ne se délivrerait qu'avec peine de ces mouvements désordonnés et involontaires d'où une gêne dans l'acte de diriger les yeux vers les objets extérieurs pour en recueillir une impression nette et précise. L on a encore invoqué l'inertie dans laquelle peut tomber la réline quand elle acte longtemps privée de sa stimulation normale. Dupuytrcn avant observe que les aveugles de naissance ne parvenaient qu'avec difficulté, après la guenson a assocer l'exercice du sens visuel à celui des autres sens, avait pris e parti de les priver momentanément de l'un de ces derniers, afin de les contraindre a se servir des organes dont on avait rétabli l'action. 11 faisait, dans e but, attacher dernère le dos les mains des jeunes opérés ; une fois même il se vit, en outre, obligé de boucher les oreilles d'un enfant qui ne se guidait nue par Je son et par les impressions du toucher.

manuel opératoire. Les moyens de contention du corps des jeunes sujets et ceux qui consistent à convenablement démasquer le globe pour faciliter h manœuvre sont ici d'une grande importance. Scarpa recommande d'assujettir le

™ h' Urer'apmlaire> T ™a»e> 'e fœtus, de l'artère centrale de la réline ira verse d arnere en avant le corps vitré et vient se ramifier sur le disrme L r i saccapsulaire. La plupart des ana.omistes n'en ont ^slZtJ^T ^ e ce feuillet M. Ch. Robin a démontré qu'e.les s'ét'endai £ ™*J du système cnstalliuien et pénétraient dans ^eJdXZ^r^

nouveau-né avec une large bande, qui s'étend des épaules aire pieds ; quelques oculistes usent également d'une très-longue bande, mais s'en servent pour enrouler l'enfant sur une planche étroite. Gibson employait une espèce de sac ■ ouvert aux deux bouts et muni de cordons destinés à fixer le patient. I n appareil spécial , ou céphaloslat, sorte de forceps qui immobilise la tête du nouveau-né, a été exécuté par M. Cbarrière, sur les indications de M. Siebel l.

Je me suis toujours contenté de deux grandes serviettes avec lesquelles je fais complètement emmaillotter l'enfant ; il faut les serrer fortement et les fixer avec de nombreuses épingles ; l'une d'elles comprend les membres supérieurs et la poitrine, l'autre, les jambes et le reste du corps. Cet appareil, le plus simple de tous et à la portée des familles, fournit l'immobilité la plus absolue. Quant à la tète, il suffit d'un aide intelligent pour l'assujettir contrôle petit oreiller sur lequel elle repose. Je fais coucher l'enfant sur une table courte et étroite ; l'aide se place derrière lui ; le chirurgien se tient debout devant le patient. Les paupières seront éloignées l'une de l'autre avec des crochets pleins. Il faut éviter de manœuvrer avec ces grands blépharostats dont se servent généralement les opérateurs ; comme ils embrassent la totalité des voiles palpébraux sous lesquels on les place, il en résulte que, dans les mouvements de traction en sens opposés, les deux commissures se rapprochent l'une de l'autre, et viennent masquer complètement les régions scléroticales limitrophes. Les pinces, destinées à assujettir l'organe, ne peuvent dès lors être commodément implantées vers le grand angle, et s'il s'agit d'opérer par scléroticonyxis, le point d'élection pour l'entrée de l'instrument échappe à vos regards. C'est pour ces motifs qu'il faut être muni de deux blépharostats offrant les dispositions de l'instrument représenté pl. I, fig. 3, mais pourvus d'un crochet de moitié moins large. Gibson narcotisait, au préalable, l'enfant avec une préparation opiacée; plusieurs chirurgiens usent aujourd'hui du chloroforme, dont nous ne nous servons jamais dans les circonstances de ce genre (page 186).

Le manuel auquel il faudra généralement accorder la préférence est celui de la discision de la capsule par la voie cornéale (page 570). La pupille aura dû être largement dilatée (page 155). Trois ou quatre incisions entre-croisees vers le centre pupillaire seront suffisantes, quitte à recommencer plus tard, soit par la cornée, soit par la sclérotique, lorsque l'absorption est incomplète. J'ai vu récemment, chez l'un de mes petits opérés, une disc.sion de capsule n'être suivie d'aucun travail sensible de résolution pendant trois mois, tandis que l'opération, que je réitérai ultérieurement par la sclérotique, détermina au bout d'une quinzaine de jours la disparition presque complète du corps opaque. Aune époque plus avancée de la vie, à 8 ou 9 ans, par exemple, on pourra pratiquer la kératotomic linéaire.

J'ai cru remarquer que les enfants, qu'on avait opérés de la cataracte congj nilale, ne recouvraient pas, toutes choses égales d'ailleurs, une vue aussi bonne que celle qu'obtiennent, par le secours de la chirurgie, les sujets qui ne so»

> On peut en voir le dessin dans le BulleUn do thrapeulique, t. L1X, p. ttt.

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