‹ Traité théorique et pratique des maladies des yeux [electronic resource]Chapitre 27 sur 501 · CHAPITRE 1. — DIAGNOSTIC · texte numérisé non relu

CHAPITRE 1. — DIAGNOSTIC

notamment dans quelques amblyopies nerveuses ou éréthistiques, on peut établir qu'il est surtout le caractère pathognomonique des cécités congénitales ou anciennement établies, cas dans lesquels les muscles oculaires ne sont plus régularisés dans leur jeu ,,ar les besoins ,1e la vision. Chez beaucoup d'amauroUques, complètement aveugles, les globes présentent un mouvement ondulatoire de droite à gauche et de gauche à droite, mouvement analogue à celui du balancier d'une pendule. Habituellement, une cataracte centrale existant aux deux yeux est également accompagnée d'une oscillation de ces organes, qui semblent se mouvoir ainsi pour offrir successivement à la lumière les portions restées saines de l'appareil lenticulaire. Les paupières et la tète elle-même sont agitées de mouvements particuliers, qui proviennent des mômes efforts instinctifs.

examen du globe. — Le volume des yeux paraît tantôt augmenté et tantôt diminué, suivant quelques conditions inhérentes à l'organe lui-même ou aux parties limitrophes.

Les dimensions du globe ont subi un agrandissement variable, dans l'ophthalmite, dans l'hydrophthalmie, dans les maladies, en un mot, où, par suite d'un étranglement interne, il y a refoulement des membranes de dedans en dehors. Dans d'autres cas, le volume de l'organe n'a point éprouvé de mutation notable, et il ne paraît grossi que parce qu'il est poussé au dehors par un phlegmon, par une infiltration séreuse, par un kyste, par une exostose établie derrière lui dans la cavité orbitaire. Telle est la disposition qui porte le nom d'exorbitisme , lequel est tantôt direct et tantôt oblique. Quelques auteurs l'appellent exophthalmos (proptosis bulbi, prolapsus bulbi), quand le bulbe, qui proémine au dehors, n'est le siège d'aucune inflammation ; le terme exophthalmie est réservé par eux aux cas où un travail phlegmasique est associé à l'extrusion de l'organe. Cette proéminence dérive parfois de l'augmentation du coussinet graisseux intraorbitaire chez les hommes d'une obésité excessive; elle peut s'établir encore quand un obstacle quelconque contrarie le cours du sang veineux dans les vaisseaux du cou, dans les angines graves, par exemple, dans l'asphyxie par strangulation. L'hypertrophie de la glande thyroïde n'engendre pas constamment l'exorbitisme, mais elle est susceptible de le faire naître, la glande tuméfiée retardant la progression du sang, par la compression des veines jugulaires; la veine ophthalmique se gonfle, sa capacité augmente, les parties molles intraorbilaires s'infiltrent et ces conditions tendent à refouler l'œil au dehors. Landré-Beauvais fait observer qu'un certain degré d'exorbitisme se produit dans l'hydrocéphalie, et même dans les accès violents d'épilepsie et d'hystérie. Quelquefois, on en trouve la cause dans un relâchement paralytique des muscles de l'œil.

La diminution de volume du globe peut tenir à une condition congénitale (microphthalmos), à une atrophie acquise, à un écoulement partiel ou total de ses humeurs (phthisie de l'œil). Dans d'autres cas, cette diminution n'est qu'apparente. Liée, dans quelques circonstances, à celle du coussinet graisseux sur lequel l'organe repose, elle peut surgir dans les affections chroniques qui jettent le malade dans le marasme et n'est alors que l'effet de l'amaigrissement général. Parfois encore, dans le ptosis unilatéral, etc., l'un des yeux paraît plus volumi-

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QjBUX que son congénère, par suite de l'ouverture inégale dos voiles palpébraux.

La consistance du globe est augmentée dans l'hydrophthalmio, dans le glaucome ; à la dureté du bulbe, qui, dans ce dernier cas, a été comparée à celle d'une bille de billard, se joint, le plus habituellement, une insensibilité absolue ou presque absolue de la cornée. Elle est diminuée dans le syncbysis, dans l'atrophie cl dans la phthisie de l'œil.

La couleur des yeux, ne conduit pas à des inductions étiologiques importantes. 11 est digne de remarque que l'iris était bleu dans les sept cas de coloboma de ce diaphragme observés par Bénédicl. Les yeux bleus et gris , a-t-on dit, sont plus enclins à la cataracte que les yeux d'une coloration foncée ; ces derniers, par contre, seraient plus prédisposés à l'amaurose. Si les troubles amaurotiques ont pour principale source les congestions cérébro-oculaires, celles-ci doivent être plus fréquentes chez les bruns, doués d'une prédominance plus considérable du système sanguin que les blonds, et cette circonstance explique, jusqu'à un certain point, la fréquence plus grande chez les premiers des affections amaurotiques.

Conjonctive oculaire ou scléroticale. — Les modifications qui surviennent dans le calibre des vaisseaux de la conjonctive , leur engorgement dans des régions plus ou moins étendues, constituent les signes objectifs d'un certain nombre de pblegmasies ophtbalmiques. Mackenzie ramène ces dispositions vasculaires à quatre principaux types. La forme réticulée est celle de la conjonctive catarrhale des auteurs; la forme zonulaire , celle de la sclérotite, de Fophthalmie rhumatismale de l'école de Beer ; la forme fasciculaire ou fasciculée, celle de la conjonctivite qui a été appelée lymphatique ou scrofuleuse. Dans la forme variqueuse enfin, qui s'associe fréquemment aux ophlhalmies internes, à l'opbthalmie arthritique de Beer, au glaucome, les vaisseaux sont volumineux, profonds et proviennent de ceux qui se distribuent aux muscles droits. Cette injection fait plus particulièrement partie des hypérémies passives de l'organe visuel , cas dans lesquels il y a plutôt gène du retour du sang vers le cœur, tandis que dans les hypérémies , dites actives , un afflux plus considérable de ce fluide s'effectue vers la tête et les yeux.

La congestion fasciculaire de la conjonctive scléroticale aboutit souvent, dans le diamètre temporo-nasal, à une élevure phlycténulaire, pustuleuse ou papuleuse, qui se loge à une petite distance du bord de la cornée et le plus habituellement touche à ce bord lui-même. Parfois, une phlyetène ou une pustule se place à cheval sur le limbe kératique ou dépasse complètement ce limbe sur le miroir. Êtes -vous incertain sur la question de savoir si celte élevure ne serait point un pinguécula se dessinant au milieu de l'injection , explorez l'œil sain ; comme le pinguécula existe d'ordinaire aux deux -lobes, une tumeur de ce genre se manifestant vers l'angle interne ou externe d'un œil, quand elle se montre vers l'angle interne ou externe de son congénère, cette considération pourra élucider le diagnostic. Prenez garde surtout, erreur plus fréquente qu'on ne saurait le penser, de confondre une pustule de la conjonctive avec une demicoque de millet collée par sa concavité à cette membrane. J'ai vu un praticien prendre pour un plérygion l'injection fasciculée dont il s'agit, et en proposer

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