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CHAPITRE VII. — MALADIES DU SYSTÈME I.KNTKTLAIHE

ont dépassé quarante ou quarante-cinq ans, c'est-à-dire chez les sujets que nous avons à opérer le plus communément de la cataracte. Dans une pratique bien faite, c'est la méthode qui doit être le plus souvent mise en œuvre.

2° La kératotomie linéaire pure , c'est-à-dire sans les modifications de MM. de Graefe et Schuft, ne devant réussir, quant à l'exécution du manuel, que lorsque l'état de liquidité ou de mollesse de l'obstacle en rend l'expulsion facile par une petite ouverture, il suit de là qu'elle sera avantageusement pratiquée durant la jeunesse. On peut établir, en thèse générale, que, sauf les cas de cataracte traumatique, ce procédé ne devra être employé qu'avant l'âge de vingtcinq ou trente ans1. 11 importe de s'assurer préalablement, à l'éclairage oblique, des conditions de l'obstacle. Le travail de résolution est-il languissant ou arrêté, à la suite d'une, opération de cataracte par discision de la capsule, ou par broiement, on peut recourir à l'extraction linéaire pour délivrer l'organe des masses irritantes qui macèrent dans l'humeur aqueuse. Les cataractes traumatiques rentrent dans les mêmes conditions, quand ce fluide a ramolli la lentille, après la déchirure du sac capsulaire. L'excision iridienne, indiquée par MM. de Graefe et Schuft, ne sera pas oubliée, si le volume trop considérable du noyau lenticulaire s'oppose à son expulsion. Les cataractes adhérentes trouveront surtout dans la kératotomie linéaire ainsi modifiée une ressource utile au point de vue de leur extraction.

3° On invoquera, avec grandes chances de succès, la discision de la cristalloïde antérieure contre les cataractes qu'il s'agit d'opérer dès le début de la vie. Sauf les conditions qui militent pour lakératotomie linéaire, la discision capsulaire sera utilement exécutée jusqu'à l'âge de trente-cinq à quarante ans, période dans laquelle on sera secondé par l'activité de la résorption1. Si l'on soumet à cette opération un œil atteint d'une cataracte mûre , tandis que son congénère ne sera affecté que d'une cataracte commençante, la guérison pourra se constituer dans le premier de ces organes, pendant que l'opacité continuera à se compléter dans le second.

4° L'abaissement avec réclinaison sera réservé aux vieillards faibles et décrépits. L'extraction, à cette époque de l'existence, dispose à la mortification du lambeau, à cause du peu de vitalité dans la plaie de la cornée, tandis qu'après l'abaissement, ce défaut de vitalité ne peut qu'être avantageux, par suite du peu de prise qu'il donne à la production des accidents inflammatoires. M. de Graefe fait justement observer que l'extraction est souvent suivie d'une suppuration qui

i M. de Graefe fait observer que les cataractes vraiment dures sont fort rares avant vingt-cinq ou trente ans; elles sont causées, quand elles se montrent plus tôt, par une sclérose prématurée du noyau. La présence d'un noyau jaunâtre, dit-il, en est la preuve, et se reconnaît quand on explore le cristallin à la lumière oblique. Si Ton ne constate pas de rellet jaune, on peut conclure à l'absence d'un noyau dur. Passé l'âge de Irentccinq ans, la cataracte est presque toujours munie d'un noyau consistant. "

«Cette proposition n'est point absolue. J'ai opéré avec succès, par l'extraction à lambeau, des sujets de vingt-cinq ou trente ans. Tout récemment, par contre j'ai soumis à la discision de la capsule l'œil gauche d'une femme de cinquante ans ^opération a été suivie, au bout de quatre mois, de la résorption du corps opaque

n'est annoncée par aucune souffrance chez les sujets très-âgés, à artères rigides cl à peau amincie par atrophie. On constate, chez ces individus, que la peau des mains flasque et plissée entre les doigts, ne montre aucune tendance à revenir • sur elle-même.

Le traitement chirurgical applicable à quelques-unes des variétés d'opacité lenticulaire précédemment décrites demande ici quelques développements.

Il n'y a pas lieu d'opéicr les cataractes stratifiées, d'après M. de Gracie, tant qu'elles restent slationnaircs et que le sujet est à même de lire un caractère assez fin d'imprimerie, sans qu'on ait préalablement dilaté sa pupille. Le malade ne peut-il lire couramment qu'après une dilatation artificielle de l'orifice pupillaire, M. de Graefe préfère l'iridectomie à l'emploi continu du sulfate d'atropine, à cause de la diminution d'accommodation que la mydriase entraîne et de l'éblouissement presque toujours si fatigant qui lui est associé.

Nous avons vu que la cataracte centrale réclamait, dans quelques cas, l'échancrure delà pupille naturelle à l'aide de l'excision indienne. La cataracte aridesiliqueuse pourra être commodément entraînée au dehors par la voie scléroticale, comme les cataractes membraneuses secondaires. Les cristallins pierreux seront extraits. S'agit-il d'une cataracte tombée dans la chambre antérieure , pendant une tentative de réclinaison ou dans toute autre condition, il faut pratiquer sur la cornée, vers le limbe de cette membrane et avec un couteau laucéolaire, une solution de continuité proportionnée aux dimensions de l'obstacle, qu'on dégage avec des pinces déliées ou une érigne1. Dans la cataracte trabéculaire, dont l'extraction est prescrite par Beer, on doit détacher avec l'instrument tranchant les parties de la zone soudées à l'iris, avant ^enlever le corps opaque.

Ce chapitre serait incomplet, si nous passions sous silence un expédient qui a eu quelque retentissement dans ces dernières années : l'aspiration ou la succion des cataractes. « Comment arriver à un résultat passable , disais-je en 1844, dans mon Traité de chirurgie oculaire, avec le mode d'opérer dont parle Abulkasem, et qui consiste à introduire dans l'œil une aiguille creuse, à travers laquelle on doit aspirer la cataracte? » Chelius rapporte que, dans le cours du xive siècle, Galeatiusde Sancta-Sophia , l'un des commentateurs deRhazès, s'attribua la priorité de cette découverte. Mû par la pensée que le corps étranger serait difficilement aspirable, dans les conditions où il se présente le plus habituellement, Roch Mattioli, chirurgien de l'archiduc Ferdinand-Charles d'Autriche, adapta à son appareil de succion une sorte de pinceau en fils d or! ce pinceau, qui traversait la canule, était, au préalable, tourné sur son axe entre les doigts, afin de broyer la cataracte, et ce n'est qu'ensuite qu on en entreprenait la succion. Les choses en étaient là et celte tentative chirurgicale était plongée dans un juste oubli, quand, en 1847, M. Laugier chercha à la faire revivre.

■ Lorsque, dans l'opération par réclinaison, la cataracte tombe dans la chambre anéricurc, le chirurgien, d'après M. Mackenzie, doit, à l'aide de son a.guillc , maintenir le cristallin fixé dans la chambre antérieure. Cela fait, il pratique avec un kératolome une incision qui occupe un peu moins de la moitié de la circonférence de la cornée, pousse le cristallin en dehors avec l'aiguille, et l'extrait en le saisissant avec le crochet.

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